ACCORD CONGO-FMI : «Le plus dur va maintenant commencer», affirme Clément Mouamba

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Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international a annoncé à son siège à Washington, jeudi 11 juillet 2019, avoir conclu un accord avec le Congo, ouvrant la voie à un programme d’aide financière sur les trois prochaines années. Le Fmi va prêter environ 450 millions de dollars américains, soit un peu plus de 224 milliards de francs Cfa.  Les négociations entre le FMI et le Congo ont débuté en 2017.

 

Plusieurs fois ajourné, le dossier du Congo est passé cette fois-ci. Le FMI va aider le pays à rétablir sa stabilité macroéconomique et à réaliser une croissance plus élevée et plus inclusive. Les discussions engagées en mars 2017 furent suspendues après la découverte par le FMI de l’ampleur de la dette du pays. L’institution avait imposé au Gouvernement une politique de rigueur budgétaire et une renégociation de sa dette avec ses principaux créanciers, notamment la Chine et les traders, préalable à tout programme d’aide.
Le 29 avril 2019, les autorités chinoises et congolaises avaient conclu à Pékin un accord sur le rééchelonnement de 3,15 milliards de dollars de la dette congolaise. La restructuration de la dette extérieure estimée à 5784 milliards de francs Cfa, soit plus de 120 % du PIB, était également parmi les préalables imposés.
Des efforts ont été fournis par le Congo qui a ramené cette dette à environ 84%.  Cela lui a permis d’ouvrir la voie de la reprise des négociations avec le FMI. L’accord avec la Chine a représenté une étape décisive vers le rétablissement de la viabilité de la dette congolaise.
Pour arriver à la décision du Conseil d’administration du FMI, le Congo a parcouru un chemin jonché d’embûches et d’exigences. A travers cet accord, le pays se verra aussi ouvrir les caisses de la France qui s’était dite prête à l’aider à hauteur de 135 millions d’euros, dont le premier décaissement était suspendu à cet accord avec le FMI.
L’institution monétaire va débloquer immédiatement au profit du pays près de 45 millions de dollars pour appuyer les réformes engagées par le Gouvernement. Le FMI s’est engagé pour une période de trois ans, à hauteur de 450 millions de dollars américains. Tous les six mois, le FMI va examiner si le Congo respecte bien les conditions qu’il a acceptées avant de débourser de nouvelles tranches de son prêt. Ces conditions sont, entre autres, la poursuite de la réduction budgétaire, la transparence des dépenses publiques, l’élargissement de l’assiette fiscale et la lutte contre la corruption.
A retenir que le programme du FMI devrait inciter les créanciers privés du Congo à restructurer leurs créances. Cela donnera de l’oxygène au pays. Réagissant à cet accord, Clément Mouamba pense que le plus dur va maintenant commencer. Pour Brice Makosso, coordonnateur de l’ONG :«Publiez ce que vous payez», les sommes décaissées doivent aller en priorité aux Congolais qui en ont le plus besoin dans un pays où l’on a coupé de beaucoup les budgets de fonctionnement ces dernières années dans les programmes sociaux. «Nous pensons que le FMI devrait avoir des priorités dans le budget que nous allons élaborer durant les années de ce programme, en ce sens que la santé et l’éducation et les dépenses concernant les couches vulnérables, comme les pensions de retraite, la santé maternelle et infantile devraient être les priorités pour le Gouvernement; que ces dépenses devraient faire l’objet de divulgation. Les Congolais souffrent en portant le poids de cette situation liée essentiellement à la mauvaise gestion des ressources. Il est temps que le FMI et le Gouvernement investissent dans les dépenses à caractère social pour soulager les difficultés des populations», a-t-il déclaré.  Nous y reviendrons dans notre prochaine édition.

Philippe BANZ

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