JOURNÉE DE LA CONCORDE ET DE LA RÉCONCILIATION NATIONALES : Paix et développement au cœur des festivités à Oyo

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Les festivités officielles relatives à la Journée de la concorde et de la réconciliation nationales ont eu lieu à Oyo, dans le département de la Cuvette, sous le patronage de Marius Mouambenga, commissaire général chargé de la permanence du Comité de suivi de la Convention pour la paix et la réconciliation du Congo.

Le préfet de la Cuvette, Jean-Pierre Heyko-Lekoba; le président du Conseil départemental, François Joseph Olanzobo; le sous-préfet d’Oyo, Roger Louzaya-Maningui; le maire de la commune d’Oyo, Gaston Yoka; les représentants des partis politiques de la majorité comme de l’opposition et du centre, ainsi que ceux de la société civile y étaient présents.

Et  cela en souvenir de la fin de la conférence nationale, le 10 juin 1991 à Brazzaville.
Les Congolais se souviennent encore de la date du 10 juin, un jour mémorable cristallisé en 1991 par un cérémonial riche en symboles et significations: le lavement des mains et le planting de la forêt de l’unité nationale par toutes les Forces vives présentes à ces assises.
Pour ce 28e anniversaire, un grand engouement de la population a été constaté. Parmi les activités organisées figuraient la causerie-débat sur le thème: «Réconciliation nationale et marche vers le développement: le cas d’Oyo».
Marius Mouambenga a justifié le choix de la ville d’Oyo pour abriter ces festivités. «Dans notre pays, on peut noter que tous les départements touchés par les différents conflits n’ont pas connu le moindre développement voici bientôt deux décennies et ce, malgré les efforts considérables déployés par le Gouvernement dans le cadre de la municipalisation accélérée. Par contre, la commune d’Oyo a connu depuis une trentaine d’années, la paix, la concorde et le bien-vivre ensemble des filles et fils de la commune. C’est certainement ce climat de paix qui a encouragé certains investisseurs privés et l’Etat à oser investir dans la commune. Le cas d’Oyo nous a paru donc intéressant à examiner pour éventuellement tirer des leçons susceptibles de profiter à d’autres localités de notre pays», a-t-il indiqué.
Il a loué les mérites de la commune d’Oyo pour sa marche vers le développement. «Oyo remplit, selon nous, les conditions pour un développement harmonieux et efficace», a relevé Marius Mouambenga.

Quelles leçons tirer?


Après avoir visité la majeure partie des infrastructures économiques de la commune d’Oyo, les participants se sont posés quelques questions: peut-on faire pareil dans une autre localité et à quelles conditions? Quel rôle les acteurs politiques dont le pouvoir d’achat est quelque-fois bien meilleur que celui du citoyen pourraient-ils jouer dans un schéma comme celui en cours à Oyo ? Quelle place accorder au monde rural dans un tel processus?
Le sous-préfet d’Oyo qui a présenté le sous-thème: «Historique de la ville d’Oyo au sujet de son développement», a rappelé que la généalogie des peuplements d’Oyo remonte aux XVème et XVIe siècles lorsque les Ngala se sont implantés sur l’immense espace actuel du Congo septentrional. «A sa création le 1er janvier 1963 jusqu’en 1982, Oyo fut un Poste de contrôle administratif (PCA). Ce qui se passe aujourd’hui à Oyo a été révélé par un natif d’Oyo en 1940, en la personne de Marcel Okoyo, le visionnaire. Selon le témoignage de Jean-Marie Ewengue, actuel secrétaire permanent du Conseil consultatif des sages et des notabilités traditionnelles: «Et vous, habitants d’Oyo, je vous prédis que Oyo, mon village natal, deviendra plus tard semblable à une ville de France «Oyo Asia Oya Poro», répétait-il en Mbochi, avec les grandes avenues éclairées la nuit, de grandes maisons peintes en blanc, vous connaitrez l’arrivée des étrangers et vous habiterez avec eux, Oyo deviendra comme Kinshasa, comme une ville de France, Oyo Poro».
Le sous-thème «développement rural, urbain et périurbain», a été  développé par un expert de la FAO qui a expliqué comment son institution apporte son appui à un projet, dans le cadre du renforcement des capacités des organisations paysannes du Congo.
Ces exposés ont suscité de la part des participants un grand intérêt. Parmi les questions soulevées figurent le fait de savoir comment asseoir la transparence aux élections pour garantir l’unité nationale et la paix; à une année et demie de la présidentielle 2021? Quelles sont les dispositions déjà prises, pour éviter des contestations qui amèneraient à des conflits sanglants? Quel est l’impact de la présence des banques à Oyo sur le quotidien de la population? Pourquoi n’y a-t-il  pas d’éléphants blancs à Oyo?

Pascal AZAD DOKO