Commémoration : L’ancien président Fulbert Youlou aurait eu 102 ans cette année

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Le 5 mai 2019, cela a fait 47 ans que l’abbé Fulbert Youlou, premier Président de la République du Congo, de 1960 à 1963, a quitté la terre des hommes. Il est décédé à Madrid, en Espagne, à l’âge de 55 ans. Il aurait eu 102 ans cette année s’il était encore en vie. La date de sa disparition a été marquée au Congo par une opération salubrité de sa concession de Madibou, son petit village à l’époque où reposent ses restes mortels, dans le 8e arrondissement de Brazzaville.

L’opération salubrité a été réalisée samedi 4 mai 2019, sous la supervision d’Alain Milandou, administrateur-maire de cet arrondissement et de la famille biologique du défunt. Elle a coïncidé avec le premier samedi du mois consacré au Congo à la salubrité. Le dimanche 5 mai, date anniversaire de sa mort, une messe d’action de grâces a été célébrée dans sa concession devant son mausolée. Elle a été concélébrée par les abbés Mesmin Prosper Massengo, vicaire judiciaire de l’archidiocèse de Brazzaville et curé de la paroisse Notre Dame de Bacongo, et Armel Gildas Ganga, vicaire de la paroisse Saint-Paul de Madibou. Quelques personnalités y ont pris part : les administrateurs-maires de Madibou, Mfilou-Ngamaba, Moungali, Talangai, Ouenzé, les anciens ministres Alain Akouala Atipault et Landry Kolélas, actuel Haut-commissaire à la réinsertion des ex-combattants ainsi que les membres de la famille et la députée de Goma Tsé-tsé, Théodorine Miakongo Kolélas. Aucun membre du Gouvernement n’a été présent.
A la messe, un rappel de sa biographie et de son œuvre grandiose au sein de l’Eglise catholique du Congo a été fait, car il a été d’abord prêtre avant de devenir homme politique, c’est-à-dire premier maire de Brazzaville et premier président de la République du Congo. Evocations et témoignages au profit de l’illustre disparu ont aussi marqué cette célébration religieuse.  
Chaque année, la commémoration de la mort du premier président n’est malheureusement pas célébrée de façon officielle et avec éclat, exception faite pour les années 1991 et 1993. En 1991, pour la première fois, le Président Denis Sassou Nguesso avait procédé au dépôt d’une gerbe de fleur sur la tombe du président Fulbert Youlou, en compagnie du premier ministre André Milongo, en 1993, le président Pascal Lissouba répétait le geste.
Elu démocratiquement au mois de novembre 1956 par le Conseil municipal, l’abbé Fulbert Youlou fut le tout premier maire de la ville de Brazzaville, commune de plein exercice de la capitale de l’Afrique Equatoriale Française (A.E.F). Il fut ministre de l’Agriculture, des Eaux et Forêts en 1957 dans le Gouvernement présidé par le Gouverneur du Moyen Congo à Pointe-Noire; Jacques Opangault en assurait la vice-présidence. Le 28 novembre 1958, il fut investi premier ministre, chef du Gouvernement par l’Assemblée Territoriale. Le 15 août 1960, à la place de la mairie centrale de Brazzaville, le ministre français de la culture, André Malraux, remettait solennellement au président de la République, l’abbé Fulbert Youlou, les instruments de souveraineté internationale du Congo.  Mais, d’août 1963, date de sa démission à la tête du pays jusqu’à la Conférence nationale souveraine de 1991, cette illustre personnalité a été couverte d’insultes par la Voix de la révolution congolaise (radio Congo), la Télévision congolaise, les journaux Dipanda, Etumba et bien d’autres.
L’abbé Fulbert Youlou fut renversé par une grève des travailleurs menée par les syndicalistes. Placé en résidence surveillée, il parvint à s’évader en mars 1965, pour se retrouver à Kinshasa, où Moïse Tshombé lui accorda l’asile politique, grâce à Bernard Kolélas, avec l’appui d’autres amis étrangers, parce que le président Fulbert Youlou était sérieusement en danger dans sa prison, à Brazzaville.  Sa sécurité étant toujours incertaine à Kinshasa, il bénéficia de l’exil politique en Espagne où il était considéré comme un héros de la lutte anticommuniste internationale. Grande figure de l’histoire politique congolaise, sa mémoire a été réhabilitée aux assises de la Conférence nationale souveraine dans un souci d’objectivité historique.  L’abbé Fulbert Youlou entretint d’excellents rapports avec le président Sékou Touré de Guinée Conakry malgré le fait qu’il fut vomi par la Métropole (France). Celui-ci fut un des rares chefs d’Etat d’Afrique à condamner avec vigueur la destitution de l’abbé Fulbert Youlou qu’il qualifia de ‘’Grand bonhomme’’.
Pour mémoire, le président Fulbert Youlou est né le 9 juin 1917 à Madibou, dans l’actuel 8e arrondissement de Brazzaville. Baptisé sous le prénom de Fulbert, il fréquenta l’école Sainte Jeanne d’Arc de la mission centrale de Brazzaville. A la fin de ses études primaires, il fut admis au petit séminaire de Brazzaville où il retrouva ses ainés, les futurs abbés Eugène Nkakou, Auguste Nkounkou et Barthélemy Boganda, le Centrafricain, premier président de la République centrafricaine. Le jeune séminariste Fulbert Youlou ira à Akano au Cameroun pour achever ses humanités gréco-latines. Après trois années de philosophie scolastique en latin au grand séminaire de Yaoundé, il rejoignit le Congo pour diriger pendant deux ans l’école des élèves moniteurs de la mission catholique de Kibouendé dans le Pool. De 1940 à 1944, il étudie la théologie au grand séminaire de Libreville au Gabon. Rappelé à Brazzaville en 1945, pour la dernière année de théologie, Il fut ordonné prêtre le 9 juin 1946 par Mgr Paul Biechy. Après son ordination sacerdotale, l’abbé Fulbert Youlou devint vicaire à la paroisse Saint François d’Assise de Brazzaville, puis à Sainte Anne de Poto-Poto.

Philippe BANZ

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