2e session ordinaire dite administrative du Conseil départemental de la Cuvette-Ouest : l’application des textes avant tout

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Convoquée par décision du 7 avril 2019, la 2e session ordinaire dite administrative du Conseil départemental de la Cuvette-Ouest s’est ouverte mercredi 8 mai 2019 à Ewo, sous les auspices de Richard Eyeni, président du Conseil départemental, et en présence d’Edouard Denis Okouya, préfet, et de Simplice Nkanza, maire de la ville d’Ewo. Cette 2e session sera clôturée le 17 mai 2019.

 

Ouvrant la session, Richard Eyeni a rendu hommage à ses collègues Dieudonné Apissi, élu dans la circonscription électorale de Kéllé, décédé le 14 avril 2019, et au sénateur Sébastien Séba, élu en août 2017, décédé récemment.
Le président du Conseil départemental de la Cuvette-Ouest a exprimé son admiration à M Edouard Denis Okouya, préfet, pour l’attention qu’il porte à la vie de la collectivité locale. Fort des conclusions et recommandations de la conférence des préfets élargie aux présidents des conseils départementaux et municipaux, tenue à Ouesso en février dernier, le préfet s’entretiendra avec les conseillers pour leur présenter l’état des lieux actuel du département qu’il dirige d’une part, et d’autre part pour les édifier sur les grands axes de la conférence de Ouesso.
Richard Eyeni a reconnu de nombreuses difficultés dûes à la crise financière du pays. Aucun secteur de la vie n’est épargné. «Nous savons aussi que l’excellence de la gouvernance pourrait atténuer certains escarpements abrupts. C’est ainsi que notre préfet vient d’organiser, il y a quelque soixante-douze heures, un séminaire remarquable sur les finances locales. Tous les services pourvoyeurs des recettes locales de notre collectivité, tous les sous-préfets et administrateurs-maires étaient là, étonnés et heureux de constater que le conseil départemental était leur instrument de développement. Tous ont pris l’engagement de s’impliquer dans l’action de la collectivité locale pour hisser notre département vers le bien-être», a-t-il dit.
Par ailleurs le président du Conseil départemental a mis l’accent sur la bataille des textes; ceux-ci continuent à s’enchevêtrer pour empêcher l’exécution des décisions nouvelles. Pourquoi les lois de la République, s’est-il interrogé, sont-elles chaque fois transgressées par ceux qui sont chargés de les appliquer, soit par complaisance, soit par la soif du profit personnel?».
«A Ouesso, on nous a dit qu’à partir de 2019, les collectivités locales vont connaître un léger mieux. Les taxes, les patentes et impôts locaux seront versés directement aux Conseils, dans les trésors départementaux. Mais à quoi assistons-nous? Les anciennes pratiques continuent à avoir droit de cité! Voici, par exemple, de petits chèques de rien du tout, sur la patente, destinés au Conseil départemental de la Cuvette-Ouest, mais payables au Trésor général, alors que nous avons le même Trésor ici à Ewo!», a-t-il martelé.
Il a poursuivi: «Vous avez appris que l’enseignement primaire, la santé de base et l’entretien des pistes agricoles sont les trois domaines qui relèvent désormais de la compétence des collectivités locales. Mais administrativement, rien n’est encore entrepris sur le plan pratique. Pour ne prendre que le cas de l’enseignement, les enseignants  savent que la rentrée des classes ne se prépare pas en octobre, mais dès la fin de chaque année scolaire. Or jusqu’à ce jour, nous ne ressentons aucun empressement à transférer ces responsabilités aux collectivités locales. Si on ne le fait pas dès maintenant, l’année scolaire 2019-2020 échappera encore aux collectivités locales!».
Richard Eyeni a déploré que les sociétés forestières et minières dans le département pillent les richesses et détruisent sans vergogne les forêts et les terres, sans respect des populations riveraines: «Avec l’autorisation de notre Etat, nous allons désormais veiller rigoureusement à l’exécution des cahiers des charges qu’elles ont signés ou vont signer à nouveau avec nous. Déjà, la Société Christelle a fait un premier pas, encore insuffisant certes. Mais nous allons y veiller. Déjà la route Ewo-Talas-Etoumbi a été ouverte. D’autres bretelles sont à entretenir. Un pont forestier est jeté sur le Kouyou, à Mbama, afin de préserver le pont métallique réalisé par le Gouvernement. Un premier lot de médicaments a été mis à la disposition du Conseil départemental qui a approvisionné les districts sanitaires de santé. Six-cents tables-bancs offerts par la même société ont été refusés par nous, parce que ne répondant pas aux normes. Elle a promis de les refaire».
Le Conseil départemental enregistre de manière récurrente les doléances des populations: insuffisance du personnel enseignant et de santé; le district de Mbomo coupé du reste du département faute de bac ou d’un pont; projet de raccordement d’Imboulou à la ville d’Ewo abandonné sine die; approvisionnement des villes en eau potable, route Ewo-Okoyo totalement rendue impraticable, etc.  
La tenue de la présente session,  espère Richard Eyeni, va relancer l’activité traditionnelle de la collectivité locale pour effacer l’«image hideuse d’un département éteint».

Aybienevie
N’KOUKA-KOUDISSA (Envoyée spéciale à Ewo)

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