Sortie de crise au Congo : Mathias Dzon insiste: un dialogue vrai et inclusif, sinon rien!

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L’Alliance pour la république et la démocratie (ARD), une plateforme politique de l’opposition, a tenu samedi 13 avril 2019 à Brazzaville, sa 13e coordination nationale sur le thème: «La crise congolaise actuelle : modalités et qualité de gestion de sortie». C’était sous la direction de Mathias Dzon, président de l’Union patriotique pour le renouveau national (UPRN). En présence des présidents des partis membres de la plate-forme, à savoir: Henri Boukoulou (MVC); Blaise Ngampio (DNERD); Armel Nguila (PSRD); Raymond Serge Mviri (RDR).

L’ARD réclame un «vrai dialogue politique national inclusif, rassemblant sans exclusive toutes les forces vives du Congo».
Les militants étaient mobilisés en grand nombre à cette session où chaque parti membre était représenté par sa direction nationale et 10 cadres.
Tenant compte des enjeux de l’heure, le thème central de la 13e coordination nationale a été subdivisé en 7 sous-thèmes pour lesquels les participants ont eu droit à des communications de qualité.
Ces sous-thèmes ont suscité des débats ouverts au cours desquels les participants se sont exprimés librement. Ils ont indiqué que la mauvaise gouvernance et la corruption étaient les causes principales de la crise. «En effet, de 2003 à 2014, le Congo a engrangé d’énormes revenus financiers générés par le pétrole. Pendant cette période faste, le budget de l’Etat oscillait entre 3 et 4 mille milliards de FCFA. Dans la même période l’Etat a réalisé des excédents budgétaires de près de 14 mille milliards F.CFA». Avec cette cagnotte, le gouvernement aurait pu jeter les bases d’une économie nationale forte et diversifiée, créatrice de richesse et d’emplois décents. Paradoxalement, le Gouvernement s’est lourdement endetté, hypothéquant l’avenir des générations futures. La croissance économique n’a pas eu d’effet d’entrainement sur les autres secteurs de l’économie nationale et l’embellie financière n’a produit aucun impact positif sur le vécu quotidien des Congolais, ont-ils dénoncé.
L’enrichissement de l’Etat, selon eux, n’a pas profité aux populations dont 90% croupissent aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté. Pour les participants, les tenants du pouvoir ont détourné à leur profit personnel les fruits de la croissance. Au moyen des détournements des deniers publics, des commissions occultes sur les marchés publics, des pots de vin, des surfacturations, de l’appropriation personnelle des biens publics et du placement de l’argent de l’Etat dans des comptes privés dans les pays étrangers et dans les paradis fiscaux.
«Du fait de cette situation d’ensemble, notre pays est aujourd’hui totalement effondré, le Gouvernement est inerte. Il attend tout de la signature d’un hypothétique programme avec le FMI et ne propose aucune mesure de sortie de crise. Les nombreux conseils des ministres étant consacrés essentiellement à l’examen de projets de lois et décrets relatifs à la création de nouveaux centres de dépenses inutiles et de nominations partisanes».
Tenant compte de ce qui précède, l’opposition et la communauté internationale demandent «avec insistance» la tenue d’un dialogue politique national inclusif, afin que toutes les forces vives du Congo recherchent ensemble des solutions aux défis majeurs auxquels le pays est confrontés. «Le président de la République s’oppose farouchement à ce dialogue salvateur et propose au contraire un monologue dans le cadre du Conseil national du dialogue, une institution totalement acquise au pouvoir, car elle ne rassemble que des représentants des partis de la mouvance présidentielle et de l’opposition choisie».
Pour l’opposition, «face à l’extrême gravité de la situation financière, économique, sociale, politique, sécuritaire, électorale et environnementale actuelle du Congo, les participants se sont convaincus que le dialogue politique national inclusif constitue dans le contexte national actuel, l’unique et bonne solution de sortie de crise. Par voie de conséquence, ils rejettent catégoriquement le monologue que l’on prépare actuellement dans le cadre du conseil national du dialogue. A ce sujet, les participants rappellent que les monologues de la même farine, organisés par le pouvoir à Brazzaville en 2009, à Ewo en 2011, à Dolisie en 2013, à Sibiti en 2015 et à Ouesso en 2017, n’ont jamais apporté le moindre remède aux maux qui minent gravement notre pays. Loin s’en faut».
La conclusion des travaux s’est faite avec une allusion claire à l’actualité du moment:  «Les participants saluent chaleureusement la mobilisation populaire exceptionnelle, la détermination et le courage titanesques des peuples algériens et soudanais et soutiennent fermement leur juste lutte pour une alternance démocratique et pacifique dans leurs pays. Puisse leur exemple héroïque, inspirer les autres peuples africains, en général, le peuple Congolais, en particulier!».

Pascal AZAD DOKO