Droits de l’homme : Des Rwandais refusent de rentrer chez eux

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Le président de l’Association pour les droits de l’homme et l’univers carcéral (ADHUC), Loamba-Moké, a présenté samedi 9 mars 2019 à Brazzaville son rapport sur la situation des 8463 réfugiés rwandais non exemptés après la clause de cessation du statut de réfugié en République du Congo. L’ADHUC estime que le Gouvernement doit organiser une réunion de haut niveau avec tous les partenaires nationaux et internationaux afin de trouver une solution à cette situation.

 

Car ils sont 8463 réfugiés rwandais en République du Congo qui ne sont plus reconnus par le HCR. réfugiés n’ont plus de statut juridique mais refusent catégoriquement de rentrer dans leur pays. Loamba-Moké explique que cette situation a poussé l’ADHUC à se rapprocher des concernés et faire un état de lieux général. D’où l’importance de cette enquête dont les résultats peuvent orienter les décideurs à prendre des solutions durables. «Cette enquête a été réalisée dans huit localités de la République du Congo, notamment Brazzaville, Kintélé, Ngo, Léfini, Inoni-Plateaux, Mpoumako et Oyo. Elle s’est focalisée sur deux axes principaux: la situation des réfugiés rwandais à l’arrivée en République du Congo et la situation des réfugiés Rwandais après la clause de cessation de statut de réfugié. L’objectif fondamental de l’enquête est de connaitre la situation actuelle des réfugiés rwandais non-exemptés en République du Congo, après la clause de cessation de statut de réfugiés rwandais», a-t-il expliqué.
Le président de l’ADHUC a indiqué qu’un total de 335 personnes a participé à cette enquête. Loamba-Moké a rappelé que plus de 63,5% des hommes et de 61,6% des femmes n’adhèrent pas à la clause de cessation de statut de réfugié rwandais au Congo. «18,6% des hommes et des femmes ne sont pas tout à fait d’accord de cette décision parce que, selon eux, «le retour au Rwanda ne peut pas être à l’ordre du jour, par manque d’une réconciliation nationale entre les TUTSI, les HUTU et les BATWAS. 51,4% des répondants hommes et femmes acceptent de quitter le Congo et 48,6% des répondants hommes et femmes acceptent l’intégration locale mais sans passeport rwandais. 51,4% des répondants ont choisi dans l’ensemble les pays suivants: Canada, France, Etats-Unis d’Amérique, Norvège, Australie, Danemark, Pays-Bas».
Loamba-Moké estime que les effets socio-humanitaires et sécuritaires de la clause de cessation du statut de réfugié rwandais sont importants dans tous les domaines de la vie quotidienne des réfugiés. «L’enquête démontre aujourd’hui la non-assistance aux réfugiés même les plus vulnérables, tels que les femmes enceintes, ceux qui ont des maladies chroniques, les orphelins, les veuves, les personnes de troisième âge et la non-scolarisation des enfants réfugiés».
Pour lui, cette clause de cessation a provoqué la rupture juridique et socio-professionnelle du lieu que les réfugiés ont tissé dans le pays d’accueil. «Sur le plan juridique et administratif, après cette clause de cessation, les réfugiés rwandais non-exemptés ne peuvent plus circuler librement par manque de documents. Sur le plan éducatif, l’arrêt brutal de l’assistance liée à la scolarisation des enfants réfugiés Rwandais par le HCR a entrainé l’alphabétisme et la délinquance juvénile. Ici, la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations-Unies et la Charte africaine des droits et du Bien-être de l’enfant sont violés», a dénoncé Loamba-Moké.
L’ADHUC pense que le Gouvernement doit appliquer l’article 2 alinéas 4 de la Convention de l’OUA qui dispose: «Lorsqu’un Etat membre éprouve des difficultés à continuer d’accorder le droit d’asile aux réfugiés, cet Etat membre pourra lancer un appel aux autres Etats membres, tant directement que par l’intermédiaire de l’OUA; et les autres Etats membres, dans un esprit de solidarité africaine et de coopération internationale prendront les mesures appropriées pour alléger le fardeau dudit Etat membre accordant le droit d’asile».
Il a demandé au Parlement, de diligenter une enquête parlementaire sur la situation de ces 8463 Rwandais devenus «migrants clandestins» au Congo et trouve des solutions durables.

Pascal
AZAD DOKO