Message à la Nation : «L’expression démocratique se déploie en toute liberté au Congo»

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Conformément à la Constitution, le chef de l’Etat a prononcé le samedi 28 décembre 2018, le traditionnel message sur l’état de la nation, devant le Parlement réuni en congrès, au cours d’une séance plénière présidée par Isidore Mvouba, président du Parlement réuni en congrès. En présence de Pierre Ngolo, président du Sénat, Clément Mouamba, premier ministre, les membres du Gouvernement, les parlementaires, les ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques, les corps constitués nationaux, etc.

 

D’entrée de jeu, le président de la République a commencé par s’incliner devant la mémoire de tous ceux qui nous ont quittés en 2018. A l’endroit des familles endeuillées, il a formulé l’expression de toute sa compassion.  
Ensuite, il s’est réjoui de la mise en place de toutes les institutions constitutionnelles. «Le dispositif institutionnel prévu par la Constitution a été intégralement installé…Désormais, à tous les échelons de l’Etat, chaque acteur est exposé à la rigueur de la loi. Alors, il n’y a plus de place pour les jérémiades. Il n’y a de la place que pour l’action, partout et à tous les niveaux», a déclaré le chef de l’Etat.
Conscient du fait que l’expression démocratique se déploie en toute liberté au Congo, il a rappelé que nul n’y est inquiété et ne le sera pour ses opinions: «Que de sacrifices consentis pour maintenir le cap d’un Congo uni et indivisible dans la paix!».
Parlant du Pool, il a fait constater que l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités, signé le 23 décembre 2017 à Kinkala, s’exécute sans entrave: «Le retour de la confiance a rendu possible le ramassage de plus de 8.000 armes, munitions et explosifs, naguère détenus par les miliciens. L’autorité de l’Etat se rétablit, y compris dans les anciennes zones de conflit, avec la réinstallation de l’administration et des représentants des pouvoirs publics. Les populations ont regagné leurs villages grâce à la normalisation de la vie dans le département. La libre circulation des personnes et des biens est effective, surtout avec la reprise du trafic ferroviaire. Après la réparation, à coup de milliards de francs CFA, des viaducs détruits, l’arrivée du train en gare est le résultat de la paix. Que tous les acteurs de l’accord du 23 décembre 2017 trouvent ici l’expression de ma reconnaissance pour leur détermination au service de la paix».
Face aux contrôles récemment menés dans les administrations et les sociétés forestières, le chef de l’Etat a mesuré l’impatience du peuple qui attend que des têtes tombent. «Je comprends l’inquiétude du peuple devant l’exigence de transparence et d’objectivité. Je rassure qu’il n’y aura ni boucliers de protection pour les uns, ni rampes  de sanction pour les autres. Face aux délits économiques, quels qu’ils soient, il n’y aura ni menus fretins, ni gros poissons. Tout passera dans la nasse du droit et de la justice. Seule prévaudra la loi. Qu’il plaise aussi de rappeler qu’il s’agit d’un processus souvent contradictoire, capable de déboucher sur des privations de liberté ou des dessaisissements divers. L’agenda judiciaire s’exercera en toute indépendance. Les services habilités sont à pied d’œuvre. L’instruction des dossiers suit son cours», a-t-il fait savoir.
S’agissant du FMI, le chef de l’Etat a laissé entendre que les négociations évoluent en toute transparence. «Un mémorandum de politique économique et financière 2018-2021 a été adressé.  Le budget de l’État pour 2019 a été élaboré sous le regard attentif de cette institution. L’étude diagnostique sur la gouvernance et la corruption a été réalisée», a-t-il indiqué, tout en annonçant la reprise prochaine de la société aérienne ECAIR.
«Tout comme se poursuit le traitement définitif des érosions à Ngamakosso. A l’évidence, la lutte contre les glissements de terrain nécessite une riposte attenante à la stabilisation des sols. La refondation du système de sécurité sociale est en quête d’un nouveau souffle. Les organismes de gestion des nouveaux régimes attendent leur mise en place. Les caisses de sécurité sociale doivent être soutenues. Je demande au Gouvernement de faire preuve d’ingéniosité pour un début d’apurement de la dette de l’Etat inhérente aux cotisations sociales», a recommandé le chef de l’Etat.
Dans ce registre, «il nous faut également rendre opérationnel à partir de 2019, même par paliers successifs, le régime de l’assurance maladie. Le système de santé en tirera profit et consolidera ses acquis qui se sont traduits en 2018», a-t-il estimé.
Pour le président de la République, le crédo directeur, pour la nouvelle année, reste le travail, dans l’éthique et la discipline. «Source de richesse, il demeure la pierre angulaire de notre sortie de crise. Les conseils de discipline doivent statuer sur les attitudes réfractaires au travail. Les contrôles inopinés doivent devenir systématiques dans la Fonction publique, pour éradiquer les fraudes, les tricheries et les autres cas de malveillances. A titre d’illustration, le recensement physique des agents civils de l’Etat révèle que: 4.525 agents civils de l’Etat non identifiés figurent dans le fichier de la solde et perçoivent indûment le salaire; 11.587 agents, sortis de leurs corps d’origine, continuent de bénéficier illicitement des primes et indemnités spécifiques liées à ces secteurs; 3.154 agents perçoivent toujours des indemnités liées à des fonctions qu’ils n’exercent plus; 1.430 agents exercent cumulativement un autre emploi dans le secteur privé. De telles pratiques, qui se complètent par tant d’autres bien connues, grèvent lourdement les finances publiques et appellent des sanctions rigoureuses.  La législation et la réglementation en vigueur doivent s’appliquer avec fermeté, contre toutes ces dérives. Des directives ont été données au Gouvernement pour la prise des mesures appropriées, à l’effet de traiter, sans atermoiement, les irrégularités constatées», a-t-il indiqué.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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