Evanouissements d’élèves en masse à Brazzaville : L’opinion s’émeut et s’interroge

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Trois établissements scolaires de Brazzaville ont été le théâtre de panique générale et d’une débandade suite à l’évanouissement des élèves en masse. Les autorités de l’Enseignement tentent d’expliquer ces «incidents», sans convaincre apparemment la majorité de l’opinion. L’assemblée nationale s’est saisie de l’affaire et a interpellé le Gouvernement. Cette séance a été publique et  radio-télévisée.

 

Quarante-huit heures après, ces incidents continuent davantage à défrayer la chronique. Ils suscitent des commentaires en raison de leur caractère apparemment irrationnel. En mi-journée du mercredi 24 octobre 2018, le CEG  et le lycée Nganga Edouard qui partagent la même enceinte, ont reçu la visite de la ministre de la Jeunesse et de l’éducation physique, Destinée Hermellia Doukaga. Elle y était venue à la tête d’une caravane destinée à sensibiliser les élèves aux actes inciviques à la cité ou en milieux scolaires. Pendant son allocution, un élève et un deuxième ont subitement senti des malaises et se sont écroulés. Placés en quarantaine, ils ont montré des signes de rétablissement. La cérémonie s’est poursuivie allègrement. Malheureusement, après le départ du membre du Gouvernement et son cortège, d’autres élèves sont tombés en syncope pour certains, sont entrés en transes pour d’autres de façon quasiment simultanée. Au total, on a enregistré un peu plus d’une quarantaine d’élèves évanouis!
Des ambulances des sapeurs-pompiers ont transféré les victimes au Centre hospitalier et universitaire, où elles ont été placées en observation au service des urgences. C’était le sauve-qui-peut dans le périmètre du CHU et du CEG et lycée Nganga Edouard. Les élèves ont vidé les lieux en scandant le long des avenues et rues menant à ces deux établissements des slogans hostiles aux autorités. Des parents ayant des enfants au CEG et lycée Nganga Edouard et de simples curieux, tous en émoi, certains en pleurs, ont pris d’assaut le CHU, obligeant l’unité de police de la Force publique d’intervenir parfois avec la manière forte. Les agents de police ont, un moment, utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule qui grossissait au fil des heures.
De sources hospitalières, aucun mort n’a été enregistré parmi les victimes, contrairement à la rumeur qui en annonçait un, voire deux. Tous les enfants ont pu rejoindre leurs familles respectives. Mais, deux cas graves ont été constatés: un en chirurgie et un autre en réanimation pour troubles asthmatiques.
Des responsables du ministère de l’Enseignement primaire se sont ensuite répandus en explications dans les médias, notamment dans le journal télévisé de 20h  sur Télé-Congo. Il s’agit, selon eux, d’une crise d’hystérie collective, en s’appuyant sur le diagnostic des médecins.
Malheureusement, la même scène s’est reproduite jeudi 25 octobre au lycée technique du 1er Mai. La ministre Doukaga ne s’y est pourtant pas rendue. Mais des élèves ont manifesté les mêmes symptômes que ceux du CEG et Lycée Nganga Edouard. Ils ont été transférés en  début d’après-midi au CHU-B. Où une fois de plus, une foule a fait le pied de grue jusqu’à la tombée de la pluie sur la ville en milieu d’après-midi. Une unité de police y a été également postée pour prévenir d’éventuels débordements.
Les incidents du CEG et du lycée Nganga Edouard, ainsi que ceux du lycée technique du 1er Mai suscitent diverses interprétations et commentaires dans l’opinion nationale, particulièrement à Brazzaville. Les conditions incompréhensibles, qui ont causé le malaise d’une quarantaine d’élèves, constituent un véritable point d’interrogation. Chacun s’efforce de trouver une réponse suivant ses propres convictions. Que s’est-il réellement passé au CEG Nganga Edouard? Pourquoi cela est-il arrivé? Comment cela a-t-il été possible? La colère et la déception des parents des victimes et d’autres citoyens ont généré un sentiment anti-gouvernement qui se focalise particulièrement sur la ministre de la Jeunesse.

Jean ZENGABIO

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