Une phase de vaccination : Accentuer les réformes pour relancer l’économie

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La représentation de la Banque mondiale au Congo a présenté le rapport annuel de suivi de la situation économique du Congo, avec pour thème « Changer de cap et éviter la dérive ». La présentation de cette publication   a eu lieu à Brazzaville, mercredi 26 septembre 2018. La cérémonie a été présidée par Raymond Dirat, directeur de cabinet du ministre de l’Economie, de l’industrie et du portefeuille public, en présence de Mme Korotoumou Ouattara, représentant résident de la Banque mondiale au Congo.

 

Cette rencontre a offert l’occasion d’une discussion autour des défis auxquels fait face le Congo en raison de la crise économique. Plus d’une centaine des cadres venus essentiellement des administrations publiques s’occupant des questions économiques et des institutions partenaires techniques et financiers du Congo ont pris part à ce débat. Le rapport, dont l’exposé a été assuré par Samba Ba, économiste principal à la représentation de la Banque mondiale, propose plusieurs pistes pour aller vers la nécessaire transformation structurelle de l’économie congolaise et sortir de la tourmente des déséquilibres macroéconomiques. Huit principaux messages à retenir sont contenus dans ce rapport.  Le premier explique que la République du Congo traverse une période difficile par la persistante morosité des fondamentaux macroéconomiques, alors qu’au niveau régional et international, la situation semble plus favorable. En 2017, la croissance économique a reculé pour la deuxième année consécutive pour atteindre moins 3,1 % après moins 2,8% en 2016.
Cette contreperformance se justifie par la persistance des effets de la crise économique sur le secteur hors-pétrole qui s’est contracté de nouveau à moins de 7,9 %, contrairement au secteur pétrolier qui s’est amélioré au cours de cette année du fait de la remontée de la production nationale de 15,3 %. Le deuxième message est axé sur la faiblesse conjoncturelle du secteur hors- pétrole s’expliquant par la combinaison des facteurs socio-économiques importants qui ont provoqué la fragilisation du tissu économique. A titre d’exemple, la crise du Pool a totalement affecté le fonctionnement du Chemin de fer Congo océan (CFCO). Cette situation a négativement touché la chaîne logistique du pays en ralentissant l’activité économique, malgré l’entrée en service de la route Pointe-Noire-Dolisie-Brazzaville. Le troisième fait état des mesures de réduction des dépenses qui ont été effectives, mais les engagements de l’Etat demeurent importants, accroissant les arriérés envers le secteur privé et le surendettement.
Le quatrième décrit les perspectives. Bien que favorables, celles-ci nécessitent la poursuite des mesures de politique économique qui ont commencé à produire des effets appréciables. Le cinquième s’appuie sur la sortie de cette situation fragile. Le pays devrait s’engager résolument vers un ensemble cohérent et coordonné de réformes au cours des trois prochaines années. Le sixième fait ressortir que le Congo doit procéder à un changement de cap en s’éloignant d’un modèle économique insoutenable par des réformes sectorielles de fond et corriger ses contraintes structurelles constitue une urgence. Le septième fixe que le pays pourrait bien changer de cap en annonçant sa transformation structurelle par l’adoption de l’industrie légère.  Et enfin le dernier message pointe qu’un ensemble de risques internes et externes pèsent sur l’économie congolaise et exigent la poursuite soutenue des efforts pour, effectivement, changer de cap.
«Il serait souhaitable pour le gouvernement de continuer dans la mise en œuvre rigoureuse des réformes économiques, afin de profiter des dynamiques régionales et de soutenir la transformation structurelle tant souhaitée», a insisté Mme Korotoumou Ouattara.

Philippe BANZ

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