Vie politique nationale : Joseph Kignoumbi-Kia-M’boungou très remonté

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Inaugurée il y a de cela deux mois, la série annuelle de communications publiques de Joseph Kignoumbi-Kia-Mboungou, président du parti La Chaîne, s’est poursuivie samedi 22 septembre dernier à Brazzaville, par l’organisation d’une conférence de presse, qu’il a présidée et au cours de laquelle il a tiré à boulets rouges sur le pouvoir en place et sur l’opposition. Après avoir reprécisé pourquoi son parti n’était pas signataire du mémorandum du 23 juin de l’opposition politique congolaise, Kignoumbi-Kia-Mboungou a martelé ses points de désaccord.


Deux points essentiels ont ponctué sa communication. Le premier a porté sur les derniers développements de l’actualité nationale à travers le message à la Nation du Chef de l’Etat la veille de la célébration du 58e anniversaire de l’indépendance du Congo, l’incapacité du Gouvernement à mettre en œuvre les mesures radicales pour sortir de la crise actuelle, la connivence affichée de l’opposition notamment des partis signataires du mémorandum et celle plus ou moins cachée de l’opposition dite radicale avec la majorité présidentielle, la lutte contre les antivaleurs et l’affaire du ministre des Hydrocarbures, la réclamation de la tenue du dialogue politique inclusif à des fins non élucidées. Le second point aborde la stratégie  de pérennisation de pouvoir du Président de la République».
S’agissant du premier point, le leader de La Chaîne, par ailleurs 2e secrétaire de l’Assemblée Nationale, a déclaré que le discours à la Nation du chef de l’Etat n’avait rien de concret pour satisfaire les attentes des Congolais. D’ailleurs, il s’interroge sur les félicitations adressées à l’Armée. «Peut-être faut-il comprendre par-là un encouragement au bras armé du pouvoir, prêt à exécuter les ordres pour la conservation du pouvoir comme ce fut le cas lors de la contestation du projet de modification de la Constitution en  2015 et dernièrement, le spectacle odieux du poste de police de CHACONA dont nous n’avons toujours pas les conclusions de l’enquête et la suite à donner à celle-ci», a-t-il souligné.  
Pour Kignoumbi-Kia-Mboungou, le Gouvernement est incapable de mettre en œuvre les mesures radicales de sortie de crise. Le Premier ministre a présenté les programmes d’action du Gouvernement devant l’Assemblée Nationale le 3 juin et le 16 novembre 2017. Dans ces programmes, il décrivait une situation socio-économique et financière préoccupante. Et il estimait que si le pays ne prenait pas le courage de s’ajuster par lui-même, il le serait par la volonté des autres. Aujourd’hui, le Fonds monétaire international l’y contraint. D’où, «le Premier ministre a fait preuve de son incapacité à être politiquement courageux pour imposer au pays des réformes salvatrices contre la corruption presque institutionnalisée, qui gangrène la haute administration congolaise», a-t-il martelé. Et d’ajouter que le Plan national de développement (PND) 2018-2022 est un véritable écran de fumée bon pour amuser la galerie par son caractère «bricolé et irréaliste». En effet, le financement de ce plan nécessite 15.510 milliards de F. CFA qui ne peuvent, malheureusement, pas être mobilisés ni par le Congo, ni encore moins par la communauté financière internationale, au regard du contexte de crise économique et financière nationale actuelle. Et surtout, à cause «du peu de crédibilité de nos dirigeants aux yeux de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux qui ne souhaiteraient pas prendre le risque de nous accompagner dans cette vaste et aventureuse entreprise», a-t-il fait savoir.
Et toujours pour Kignoumbi-Kia-M’boungou, l’opposition conduite par Pascal Tsaty Mabiala a affiché sa connivence avec la majorité présidentielle, en votant le PND 2018-2022. Comment se fait-il que celui qui se dit opposant déclare clairement: «L’opposition entend accompagner le Gouvernement, elle vote donc la loi sur le PND», sachant qu’il l’a combattue?
Enfin, le président de La Chaîne avertit sur «une stratégie de pérennisation au pouvoir», qui «s’exécute à travers la gestion clanique du pays, le système de détournement des recettes publiques savamment orchestré par les membres du clan et l’apparition d’un citoyen philanthrope dont la générosité est presque plus que débordante», a-t-il conclu, sans nommer le philanthrope en cause.

Marcellin MOUZITA
MOUKOUAMOU           

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