Afrique centrale : Les systèmes financiers ne répondent pas à l’industrialisation de la sous-région

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Les experts de l’Afrique centrale du Comité intergouvernemental d’experts (CIE) de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), ont eu des échanges intenses sur les moyens de financement de l’industrialisation pour un développement durable dans la sous-région. Ce comité, qui regroupe des planificateurs nationaux, des économistes chevronnés, d’autres spécialistes et acteurs de développement, est un organe de supervision des travaux de recherches du bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la CEA.

La 34e session ordinaire s’est tenue à N’Djaména, au Tchad, le 19 septembre dernier.

Les travaux étaient présidés par Hissein Tahir Souguimi, secrétaire d’Etat à l’Economie et à la planification du Tchad, en présence d’Antonio Pedro, chef du bureau de la CEA pour l’Afrique centrale, entre autres. Les experts ont souligné que la situation des économies des pays de l’Afrique centrale est désastreuse et appelle une attention particulière et des mesures énergiques, étant donné que les Etats disposent de systèmes financiers encore peu développés et incapables de répondre aux besoins de l’industrialisation du secteur privé. Les pays manquent d’infrastructures de transport,  de financement; présentent des systèmes qui ne favorisent pas l’accès à une énergie peu coûteuse et manquent de développement technologique.
Sur la base d’une étude approfondie menée par la CEA, les participants ont appris que l’actif financier en Afrique centrale ne représente que 16,7% du PIB de la sous-région, bien en-dessous de la moyenne de l’Afrique subsaharienne, qui est à 57%. Hissein Tahir Souguimi a rappelé que «la session de N’Djaména intervient à un moment où la majorité des économies de notre sous-région suivent des programmes structurels en raison de la chute des prix des matières premières, qui a débuté en 2014, ce qui ne laisse qu’une faible marge budgétaire pour des investissements à long terme nécessaires pour des efforts d’industrialisation».
Pour les experts, la sous-région est confrontée à de faibles charges fiscales, des conditions prohibitives d’accès aux prêts, de faibles taux d’épargne nationaux, une dette publique insoutenable, des canaux de financement restrictifs, des indices de perception politique négatifs et des environnements des affaires difficiles, qui sont autant de facteurs limitant les flux de trésorerie nécessaires au financement durable de projets industriels en Afrique centrale. Ils ont toutefois mis en garde sur le fait que la mobilisation des fonds pour l’industrialisation ne consiste pas seulement à rechercher des financements. Cela nécessite des investissements aux niveaux macro et micro en vue d’améliorer les infrastructures matérielles et non matérielles pertinentes, notamment garantir la qualité des cadres juridiques et réglementaires, afin de résoudre les autres défaillances du marché et contraintes qui affectent la compétitivité des entreprises.

Philippe BANZ

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