Opposition congolaise : Pascal Tsaty-Mabiala dresse un bilan sombre de la gestion du pays

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Le chef de file de l’opposition politique congolaise, Pascal Tsaty Mabiala, a animé une conférence de presse il y a une semaine, au siège brazzavillois de son parti, l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), à Diata. A la veille de la commémoration du 58e anniversaire de l’indépendance du Congo célébrée le 15 août, son appréciation s’est voulue critique. Il a dressé un bilan sombre de la gestion du pays au triple plan économique, socio-économique et des droits de l’homme.

 

Après avoir jeté un regard sur l’environnement international proche dont l’évolution peut directement impacter, selon lui, le propre devenir du Congo, Pascal Tsaty-Mabiala a salué la sagesse du président Joseph Kabila qui s’est abstenu de briguer un troisième mandat que la Constitution lui interdisait, «préservant ainsi son pays d’une crise inutile».
De même que celle du président Alassane Ouattara qui a décidé de tourner une page sombre de l’histoire de la Côte d’Ivoire, en amnistiant 800 personnes condamnées à la suite de la crise pré et post-électorale. La situation de la sous-région centrale est, selon lui, «marquée par l’effondrement économique et financier sans précédent des pays producteurs de matières premières qui n’ont pas su diversifier leur économie au temps où les cours de ces matières étaient au plus haut, plongeant ainsi leurs peuples dans une pauvreté accrue».
Au plan national, le chef de l’opposition politique congolaise pense que le 58e anniversaire de l’indépendance s’est célébré dans une angoisse généralisée, comme jamais ressentie auparavant par les Congolais, du fait de la «dégradation des conditions de sécurité, des violations répétées des libertés et des droits fondamentaux, y compris le plus sacré d’entre eux, le droit à la vie, et du fait de la mal gouvernance».
Pour Pascal Tsaty-Mabiala, certes, la chute des cours du pétrole a négativement impacté les ressources budgétaires qui reposent essentiellement sur le pétrole, «mais le Congo avait les moyens d’amortir le choc, eu égard aux énormes excédents budgétaires engrangés depuis l’année 2003. A ce jour, nous n’avons toujours pas reçu de réponse probante du Gouvernement sur ce que sont devenus ces excédents budgétaires censés alimenter un fonds pour les générations futures. A la vérité, nous découvrons aujourd’hui, avec l’expertise internationale, que l’une des principales raisons de la crise financière que traverse le Congo est la corruption qui, dans notre pays, a atteint le niveau d’un cancer en métastase.»
Etayant son propos, l’orateur s’est appesanti sur la déclaration des partis de la majorité présidentielle qui demandaient, sans conviction, le rapatriement des fonds détournés et placés dans des paradis fiscaux par certains de ses cadres.
«Nous pensons que le Gouvernement doit prendre le taureau par les cornes», a-t-il indiqué, en demandant la dissolution de la Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude dont «l’indépendance nous paraît sujette à caution, pour la remplacer par une brigade financière opérationnelle à créer au sein de la police judiciaire, munie de pleins pouvoirs pour enquêter sur toute personne, quelle qu’elle soit, sur qui pèseraient des soupçons».
Et d’ajouter: «Nous ne pouvons pas comprendre qu’un Gouvernement ait du mal à prendre une telle mesure, vu que de nombreux ministres passés ou présents seraient dans le collimateur. Lorsque des gouvernants sont cités dans des affaires de malversation financière par la Commission de lutte contre la corruption et qu’ils n’ont pas le courage de se mettre à la disposition de la Justice, il revient au Président de la République, premier magistrat du pays, de les démettre immédiatement de leurs fonctions. Ceci pour mettre un terme à l’impunité et pour donner du crédit à son propre discours sur la lutte contre les antivaleurs.»
S’agissant des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), Pascal Tsaty-Mabiala a rappelé à l’opinion nationale que l’examen du dossier du Congo est, à ce jour, à son sixième report «sans qu’on sache pourquoi». Il a exhorté le Gouvernement à engager, sans tarder, des réformes audacieuses. Car «cette crise économique ne saurait occulter les autres problèmes, conséquences des soubresauts politiques que le pays a connus ces trois dernières années et pour lesquels des réponses fortes sont attendues.
Raison pour laquelle, il a, au nom de l’opposition politique congolaise, demandé au Président de la République, à la faveur du 58e anniversaire de notre indépendance, de gracier tous les acteurs politiques détenus en prison. «Le Congo, après des années de déchirement, en a tant besoin», a-t-il affirmé.
Sur la crise du Pool, tout en constatant les avancées significatives enregistrées sur le terrain, il a exhorté les parties signataires de l’accord du 23 décembre d’accorder leurs violons pour mieux aborder les dernières phases du processus de mise en œuvre dudit accord, notamment le ramassage des armes dont l’opération a été lancée à Kinkala, sans la présence des représentants de Ntumi.
A ce sujet, il a exigé que soit prise en compte la question de l’indemnisation des victimes de la crise du Pool qui ont perdu le fruit du travail de toute une vie.
Pascal Tsaty-Mabiala est une fois de plus revenu sur le drame survenu au commissariat de police de CHACONA. Il a condamné le Gouvernement qui, selon lui, a tenté, de manière éhontée, d’étouffer la vérité. «Nous persistons à demander la démission du ministre de la Communication et la relève du procureur de la République pour gros mensonge d’Etat», a-t-il réitéré.

KAUD

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