Lancement de l’opération de ramassage des armes dans le Pool : Ntumi proteste contre son exclusion

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Le président de la Commission ad hoc mixte paritaire de l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités signé le 23 décembre 2017, Séraphin Ondelé, directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, a lancé, avec faste, le 7 août 2018, à Kinkala, chef-lieu du département du Pool, l’opération de ramassage des armes et munitions de guerre détenues par les ex-combattants ninjas-Nsiloulous.

Cette cérémonie s’est déroulée sans la présence des représentants du Pasteur Ntumi qui, du reste, a publié une déclaration dans laquelle il dénonce le caractère unilatéral de la partie gouvernementale au sein de la Commission ad hoc. «Je suis l’ambassadeur auprès de ces ex-combattants pour assurer la facilitation du ramassage des armes. Cela ne peut être possible que lorsque ma sortie officielle déjà en préparation va se réaliser, afin qu’à cette occasion la sensibilisation atteigne la conscience collective concernée», a-t-il fait comprendre.

Quinze centres sont retenus pour la collecte des armes et munitions de guerre détenues par les ex-combattants. «Les armes de guerre ont causé beaucoup de tort aux Congolais. Il est temps de s’en débarrasser et de tourner définitivement le dos à la guerre», a déclaré Séraphin Ondelé, tout en lançant un appel à toute personne détenant une arme ou des munitions de guerre de se rapprocher de la Commission ad hoc mixte paritaire. «Les armes collectées doivent être incinérées», a-t-il promis.  
Mais on annonce aussi la sortie imminente de forêt du Pasteur Ntumi, après la levée du mandat d’arrêt émis contre lui en 2016 par le procureur de la République. Il a, par ailleurs, justifié l’absence des représentants de ce dernier dans la salle, lors du lancement officiel de cette opération.  
Selon lui, rien ne peut se faire dans le cadre de cette opération sans son implication. «Devraient suivre cette opération, ma réinsertion professionnelle et tant d’autres questions. Nous constatons non sans amertume que certaines démarches de nature consensuelle conformément à l’accord, se font de façon unilatérale. C’est le cas de la visite de sites de collecte d‘armes effectuées très récemment. Nous sommes dans une démarche préparatoire de ma sortie officielle, mes résidences privées occupées jusque-là n’étant pas encore libérées, un dysfonctionnement vient mettre à mal le caractère mixte paritaire de l’accord lorsque le Gouvernement a lancé seul le ramassage des armes. Cela n’est pas sans conséquence dont je décline ma responsabilité», a-t-il averti.
Ntumi a estimé que cette opération doit se faire avec un minimum de confiance et de sérénité. «Après deux années de martyre et d’errance des populations, la vocation première qui semble être celle des hommes politiques, c’est de créer les conditions de relèvement pour ces populations innocentes et meurtries à travers une assistance à la réinstallation dans leurs localités d’origine, la reconstruction des routes et des maisons détruites, tout un plan d’urgence de relance économique et de développement», a-t-il dit. Il a réaffirmé que la paix est la seule issue possible.
Interrogé, Philippe Ané, représentant du pasteur Ntumi, pense que l’attitude de la partie gouvernementale n’est pas sans conséquence sur le terrain. «Cela risque de faire douter les jeunes qui pensent que la commission n’est pas mixte et paritaire. On doit se faire confiance et cheminer ensemble. Nous étions convenus avec la partie gouvernementale que la sortie officielle du pasteur Ntumi devait lui permettre de lancer l’opération, conformément au communiqué final ayant sanctionné les travaux de la CAMP. Il avait été décidé que le Révérend pasteur Ntumi est l’ambassadeur auprès des ex-combattants. C’est à lui que revient ce privilège de donner le massage aux jeunes afin qu’ils s’arriment à la dynamique de l’opération de ramassage des armes», a-t-il expliqué.

KAUD 

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