Tragédie du poste de Police de CHACONA, à Mpila : Devant les députés, le Gouvernement n’a pas convaincu !

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L’Assemblée nationale a interpellé le Gouvernement, le 27 juillet dernier, sur la question d’actualité la plus récurrente, notamment la tragédie survenue au poste de Police de Chacona, à Mpila, occasionnant la mort de 13 jeunes arrêtés pour certains arbitrairement. Ce drame a mis sur la sellette le ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphirin Mboulou, lors de cette séance présidée par Isidore Mvouba, président de la chambre basse du Parlement. Le Gouvernement était conduit par le vice-premier ministre, Firmin Ayessa.

 

L’auteur de l’interpellation, le député Blaise Ombeto (PCT), a voulu en savoir davantage. Il a regretté que le Gouvernement n’ait pas pu communiquer sur le sujet, alors qu’il a des canaux d’information publique. «Nous avons été informés de ce drame par la voie des ondes. Que le Gouvernement nous dise ce qui s’est réellement passé, le nombre de morts enregistrés, ainsi que les mesures prises», a-t-il demandé.
Prenant la parole, le ministre Mboulou a commencé par adresser les condoléances aux familles éplorées, suite à cette tragédie. Pour lui, chaque personne qui meurt est un drame pour la famille. Il a décrit le contexte dans lequel s’est déroulé ce drame.  «Depuis quelques années, nous assistons à une explosion d’une forme de violence urbaine, surtout juvénile, exprimée à travers un phénomène criminel appelé «Bébés noirs, composés d’écuries dont les plus terribles sont dénommées Américains et Arabes. Elles ont des rivalités en leur sein. Il y a des zones entières, notamment Kahunga, Nkombo, Domaine et Texaco la Tsiemé où ces bandes sont actives par des violences et des agressions», a dit le ministre de l’Intérieur.
Circonscrivant le drame, Raymond Zéphirin Mboulou a indiqué que tout est parti en date du 9 juin 2018 quand l’une de ces bandes a tué M. Obongo Julien, à 19 heures, au quartier Nkombo. «Pour répondre aux plaintes des parents et des populations agressées, de façon récurrente, la direction départementale de la Police de Brazzaville a entrepris durant une semaine, un travail d’identification. C’est ainsi que le 21 juillet, la police a lancé une opération d’interpellation de ces délinquants dans les zones précitées. A cet effet, 97 agents de police ont été engagés sur le commandement du chef de service départemental de la sécurité publique, secondé par le commissaire central de la Tsiémé, pour rattraper ces délinquants. Cette opération a donné lieu à l’interpellation d’une vingtaine d’individus reconnus comme membres de ces groupes violents dont 16 ont été placés en garde à vue au commissariat de Mpila-Chacona où 13 d’entre eux ont trouvé la mort dans la nuit du 22 au 23 juillet 2018», a regretté le ministre de l’Intérieur dont la version des faits est venue comme contredire les déclarations du procureur de la République et du ministre de la Communication sur le sujet.  
Informé, «J’ai saisi l’Inspection générale de la Police nationale, afin qu’une enquête administrative soit ouverte pour faire toute la lumière sur les dysfonctionnements qui ont causé cette tragique situation. J’ai instruit les services pour que les mesures conservatoires soient prises au niveau de ce commissariat. Le procureur de la République, informé, s’est transporté immédiatement sur les lieux aux fins de constatation. Il sied de signaler que tous les délinquants interpellés avaient été mis en cause par leurs chefs de bandes. Ce sont ces derniers qui étaient rendus coupables du meurtre de M Obongo Julien, le 9 juin 2018», a laissé entendre Raymond Zéphirin Mboulou.
En attendant les conclusions de ces deux enquêtes menées simultanément par l’Inspection générale de la Police et le procureur de la République, «je ne peux pas vous dire plus», a fait comprendre le ministre aux députés.
Néanmoins, il a fait constater que ce drame a, non seulement révélé un grave dysfonctionnement dans le système de surveillance des personnes gardées à vue, mais aussi et surtout, «il pose un vrai problème structurel au double plan de la nomenclature des personnes et des locaux. Immédiatement mon cabinet et certains cadres de la police ont été instruits pour faire une réflexion dont les résultats sont attendus afin de redéfinir une nouvelle politique de sécurité qui intégrerait tous ces aspects, y compris la construction des locaux qui puissent répondre aux normes de détention de personnes pour les gardes à vue», a indiqué le ministre qui a fait part de la volonté du Gouvernement à continuer de lutter contre tous les groupes de délinquants et criminels qui mettent à mal la sécurité et la tranquillité des citoyens dans le pays.
Reprenant la parole, Blaise Ombeto a suggéré au bureau de l’Assemblée nationale d’organiser une enquête parlementaire, afin que toute la lumière soit faite sur cette tragédie qui n’a pas laissé les Congolais indifférents. Car, ce ne sont pas les premiers cas de décès enregistrés dans les postes de police.

L’UPADS exige
la démission du
ministre
de la communication
et le remplacement
du procureur de
la République

Pour l’UPADS, cette séance des questions d’actualité n’a pas permis au peuple congolais d’en savoir plus sur les circonstances de cette tragédie, en raison, selon elle, des déclarations contradictoires du Gouvernement et, avant elles, celles du procureur de la République qui «frisent la banalité des faits et l’indifférence vis-à-vis des parents éplorés».
Réuni le 28 juillet 2018, à son siège à Diata, dans le troisième arrondissement de Brazzaville, le parti de Pascal Lissouba a publié une déclaration dans laquelle elle rappelle que la Constitution du 25 octobre 2015 interdit tout acte de torture, tout traitement cruel, inhumain, ou dégradant. «Tous les citoyens congolais sont égaux devant la loi et ont droit à la protection de l’Etat», a-t-il rappelé.
Ce faisant, elle a condamné ces actes de «barbarie qui demeurent une mauvaise pratique, et l’absence avérée de professionnalisme des services qui opèrent délibérément et en toute impunité à Brazzaville, à Pointe-Noire et dans bien d’autres localités de notre pays».
Au regard de cette «folie meurtrière qui s’apparente à un terrorisme d’Etat», l’UPADS a demandé la prise de mesures sévères à l’encontre des auteurs de cette tragédie, «entendu que les sanctions administratives proposées par le Gouvernement ne peuvent suffire à réparer le préjudice subi par les parents désormais privés de leurs enfants»; la mise en place d’une commission d’enquête indépendante composée des parlementaires et des représentants de la société civile et des hauts fonctionnaires de l’Etat; la démission du ministre de la communication et le remplacement du procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Brazzaville pour déclarations légères et mensongères.

KAUD

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