Fédération congolaise des droits de l’homme (FECODHO) : «La tragédie de CHACONA est l’expression d’une grave et intolérable violation des droits de l’homme»

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Le secrétariat permanent de la Fédération congolaise des droits de l’homme (FECODHO) s’est réuni le 25 juillet 2018, sous la direction de Céphas Germain Ewangui, son coordonnateur national. Pour examiner et analyser les questions liées aux droits de l’homme et des libertés fondamentaux dans le pays, notamment les droits civils et politiques, d’une part, et les droits économiques et sociaux, d’autre part.

La FECODHO a dénoncé les faits ayant entraîné la mort de 13 jeunes au commissariat de police de CHACONA, à Mpila, le 23 juillet 2018. Les responsables de cette fédération ont rejeté et déploré la réaction du porte-parole du Gouvernement qui semblait, selon eux, sur les ondes de la Radio France Internationale (RFI), «minimiser et occulter ces faits d’une gravité avérée».

Dans une déclaration rendue publique à cet effet, les membres de la FECODHO ont exprimé leurs vives préoccupations et rappelé l’impérieuse nécessité pour l’Etat de garantir à toute formation politique sans exception le droit d’exister, de s’exprimer et d’organiser les manifestations et autres activités, dans le respect de la règlementation en vigueur.
Pour eux, la tragédie de CHACONA est l’expression d’une grave et intolérable violation des droits de l’homme, notamment le droit sacré à la vie. Afin d’édifier l’opinion nationale sur cette terrifiante affaire qui a endeuillé les familles, la FECODHO exige la mise en place d’une commission d’enquête crédible associant les organisations de promotion et de défense des droits de l’homme.
Selon elle, toutes les actions de la Force publique doivent être conformes aux exigences du respect de la dignité inhérente à la personne humaine telles que le recommandent les normes nationales et internationales en la matière. «Le respect des droits de l’homme figure au nombre des domaines relevant légitimement du droit international qui s’impose à tous les Etats, et que la raison première d’être des Gouvernements est de garantir leur pleine et entière jouissance», ont fait remarquer les responsables de cette fédération œuvrant dans les droits de l’homme.
Par ailleurs, la FECODHO s’est dite également préoccupée par la situation des droits économiques en République du Congo, tout en marquant son adhésion au discours du chef de l’Etat du 30 décembre 2017 devant le Parlement réuni congrès, ainsi qu’aux délibérations du conseil des ministres, du vendredi 20 juillet 2018, se recoupant sur la nécessité de conjuguer tous les efforts pour combattre la mal-gouvernance par la lutte contre la corruption, la concussion, la fraude, les détournements des deniers publics.
Dans l’entre-temps, elle s’étonne de la passivité des institutions sensées accélérer cette lutte, à l’invite pourtant du chef de l’Etat, alors que la réalité aux yeux de la société civile paraît déconcertante (aucune enquête parlementaire, bien qu’exigée par le président de l’Assemblée nationale, les timides et sélectives arrestations) face à une situation aussi grave au regard des conséquences qui en découlent.
Face à la dérive, la FECODHO pense que tous ceux qui ont détourné et détournent les fonds publics, destinés à permettre à l’Etat de créer et d’entretenir les services publics au bénéfice de tous, sont des criminels. «Ils méritent le châtiment  à la hauteur de leurs crimes économiques», a-t-elle fait comprendre.
Aussi, consciente de la passivité et la morosité des institutions, elle estime que c’est au président de la République de tirer les conséquences indispensables pour l’intérêt bien compris de la République.

C. A. Y-NG

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