Parlement : Pourquoi autant d’absentéisme chez les députés et sénateurs?

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La question ne cesse de susciter l’inquiétude. La situation économique et financière que traverse le pays y serait de beaucoup. Comme d’autres administrations congolaises, le Parlement est lui aussi confronté à des difficultés de trésorerie. Les émoluments et les frais de descentes parlementaires ne sont plus payés régulièrement. Pour manifester leur mécontentement, ils ont choisi l’option la plus simple, celle de boycotter les sessions. Une manière pour eux d’attirer l’attention des membres des bureaux des deux chambres du Parlement pour qu’une attention soit accordée à leur situation qui entrave la bonne marche de l’institution.


Les parlementaires supportent mal cet état des choses. Pour eux, il est inadmissible de vivre ce qu’ils subissent aujourd’hui alors que l’opinion les considère comme des privilégiés «Comment pourrions-nous nous déplacer. Nos émoluments ne sont pas payés. Tous les parlementaires ne vivent pas à Brazzaville, s’il faut venir, nous devons payer des billets, mais avec quel argent? S’il faut même payer les billets, il faut se loger, nous devons donc payer les hôtels pour ceux qui n’ont pas de logement dans la ville-capitale. Il nous faut nous déplacer et nous nourrir, tout ça avec quoi?», s’est indigné un parlementaire qui a requis d’être cité dans l’anonymat.
Les frais des descentes parlementaires permettent aux députés et sénateurs d’aller rendre compte des travaux de leurs deux chambres auprès de leurs mandants. Cette situation qui coupe les parlementaires de leurs mandants est lourde de conséquences : «Les populations pensent que nous étions juste allés solliciter leurs suffrages pour les abandonner après», a regretté un autre parlementaire surpris dans les couloirs de l’hémicycle.
«Nous avons eu à attirer l’attention du Premier ministre sur cette question, afin de plaider notre cause auprès du président de la République. C’est ce qui explique la voix atone des députés que l’on entend à peine», avait reconnu Isidore Mvouba, dans son discours prononcé le 2 juin dernier à l’ouverture de la 3e session ordinaire de l’Assemblée nationale.
Pour lui, l’attitude des députés les honorait, mais rien ne bouge. Même les attachés parlementaires et les agents du Parlement comptent des mois d’impayés. Ce faisant, certains projets de loi connaissant des retards dans leur adoption. Et pour cause: les parlementaires mettent parfois leur véto, en exigeant leurs primes de sessions qui ne sont pas payées non plus.
Mais dans cet univers, le parlementaire reste tout de même un Congolais à part en ces temps difficiles: il bénéficie d’une assurance maladie que ses électeurs attendent en vain. Ils bénéficient des évacuations sanitaires à l’étranger. En cas de décès, leurs obsèques sont prises en charge par leurs chambres respectives jusqu’au lieu de l’inhumation, y compris les frais de déplacement des enfants du défunt s’ils résident à l’étranger. Un véhicule est octroyé à chaque parlementaire: comment ne pas susciter des jalousies?
Pour cette législature, les parlementaires ne sont pas encore dotés de véhicules, certes mais il n’en sera pas toujours ainsi. La crise finira par passer. Budgétivores, les deux chambres du Parlement ont presque à elles seules près de 30 milliards de budget annuel. Trop élevé on ces temps de crise ! Les  émoluments des parlementaires n’ont pas connu les coups de ciseaux comme pour les membres du Gouvernement qui connaissent aussi des retards de salaires. Pire le député et le sénateur ne paient pas d’impôt.

KAUD


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