Anatole Collinet Makosso, ministre de l’Enseignement primaire : L’année scolaire se termine sans incident majeur

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L’année scolaire 2017-2018 s’achève sur les épreuves d’Education physique et sportive (E.P.S) du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) qui ont débuté le 2 juillet dernier. Le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation, Anatole Collinet Makosso se dit satisfait du calme qui a prévalu durant les neuf mois, puisqu’aucun mouvement social n’est venu modifier le calendrier scolaire. De même, aucun problème majeur n’a été relevé lors du déroulement des différents examens d’Etat. Dans l’interview qu’il nous a accordée, le ministre revient également sur la lutte contre la fraude scolaire que le Gouvernement entend mener jusqu’au bout.

 

*Monsieur le ministre, quel constat faites-vous à la fin des examens d’Etat?
**Le meilleur constat est fait par les candidats eux-mêmes, ils n’ont cessé de rappeler que le BEPC s’est déroulé dans les conditions optimales de température et de pression. J’emprunte ce constat et le partage à tout le monde. Effectivement, tel a été le constat sur toute l’étendue du territoire national.

*Voulez-vous déduire que tout a été bien et qu’il n’y a plus rien à améliorer dans l’avenir?
**Non. On ne peut pas avoir une telle prétention. On ne peut jamais dire que tout est parfait. C’est une œuvre humaine et la perfection n’est pas de ce monde. Des failles, même sans impact, peuvent être constatées.  Le plus important ce n’est pas de faire les choses sans faille, mais la capacité à corriger chaque fois qu’une imperfection est constatée. C’est ce que nous faisons d’année en année, au fur et à mesure que nous organisons les examens.

*A qui revient le mérite dans la fin harmonieuse de l’année scolaire?
**A l’ensemble des acteurs. Au dernier jour de l’année scolaire, |e bilan peut être considéré comme satisfaisant dans l’ensemble. Tant du côté des parents d’élèves qui ont financé l’année scolaire à plus de 60% en adhérant au financement participatif de l’école, que du côté du personnel enseignant et des syndicats. L’année s’est terminée sans le moindre mouvement social alors que dans la société, dans les rapports employeurs employés, les contradictions ne manquent pas. Le troisième acteur, les candidats qui ont eu un comportement exemplaire dans l’ensemble. Par le dialogue, grâce à la paix, nous avons réussi à gérer l’année scolaire sans qu’il n’y ait eu rupture de relations entre les enseignants et les élèves. Partout, les programmes scolaires ont été achevés. Ce qui est rare, convient-il de le relever.  

*Quelle est la tendance de fraude à votre troisième expérience d’organisation des examens d’Etat?
**La vente des sujets fictifs ont été identifiés. L’Etat agira avec fermeté vis-à-vis des auteurs et complices de ces manœuvres. Même si elles n’auraient aucun effet,  l‘intention suffit pour qu’une action judicaire soit engagée et des sanctions exemplaires infligées.

*Les candidats ont donc pris conscience des conséquences de la fraude?
**Au fur et à mesure que nous avançons, la lutte contre la fraude en milieu scolaire gagne davantage la conscience collective. Les enfants comprennent progressivement que  les marchands d’illusion et les chevaliers de la fraude ont tendance à leur faire font boire de l’eau de mer en faisant croire qu’ils dégustent de la limonade. Ils se rendent compte que les voies vers lesquelles ceux qui ont fait de la fraude une véritable industrie, une action de crime organisé, ne mènent nulle part. Les observateurs honnêtes auront constaté qu’on a eu moins de bébés Lilly, de téléphones, de mercenaires cette fois-ci, grâce au dispositif de sécurité que nous avons mis en place.  

*Le combat contre la fraude est-il en passe d’être gagné?
**On peut se satisfaire de ce qu’il y a eu moins de fraude cette année. Mais cela ne me fait pas baisser la garde. Nous restons vigilants. Car, quoi que nous fassions, la fraude en milieu scolaire est loin d’être vaincue, pas seulement au Congo, à travers le monde. En 1968, Dieudonné Colombe, alors directeur du Partenariat international pour l’éducation dans un rapport intitulé «L’éducation en péril», attirait l’attention sur les phénomènes qui mettaient en péril l’éducation mondiale. Il épinglait le goût de la facilité. En 2009, un rapport de l’Unesco établissait que malgré les progrès, le goût à la facilité, les pots de vin et la corruption gangrenaient encore les milieux éducatifs. Transparency International a fait le même constat en 2013. Ce qui veut dire que le combat contre la fraude est global. Nous intensifierons les moyens de lutte pour endiguer le fléau.
 
Propos recueillis par Germaine NGALA

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