Après le refus de La Chaîne de signer le mémorandum : Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou dit sa part de vérité

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Président de La Chaîne, le député Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou par ailleurs deuxième secrétaire de l’Assemblée nationale, a animé le samedi 30 juin 2018 à son siège, au Plateau de 15 ans à Brazzaville, une conférence de presse. La Chaîne est un parti qui se situe à l’opposition. Devant la presse et des invités, il a expliqué pourquoi sa formation politique n’avait pas signé le mémorandum de l’opposition politique congolaise du 23 juin 2018, alors qu’il avait pris une part active aux réunions préparatoires de la sortie officielle de cette plateforme.

 

Comment peut-on donc vouloir l’alternance et conclure des arrangements avec ceux dont la politique est décriée? On ne peut pas vouloir d’une chose et de son contraire», a dit le président de La Chaîne. La conférence de presse de Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou, avait l’allure d’une rentrée politique de son parti, dont les activités publiques remontent à la période de l’élection présidentielle de mars 2016. «J’ai ici sous la main deux documents majeurs qui régulent le fonctionnement du groupe des partis politiques de l’opposition signataires, à savoir: le mémorandum et le règlement intérieur. Quelques points posent problème et ont fait rétracter la Chaîne. Le premier point de désaccord est contenu dans le mémorandum. Il s’agit du sixième point intitulé: Travailler pour la conclusion d’un pacte républicain», a indiqué le conférencier.
«En dépit de leurs observations qui étaient approuvées par les partis signataires, il nous a été servi de nouveau le même plat dans le mémorandum. Dans notre contribution écrite, nous disions qu’il n’y a pas meilleur pacte républicain que notre Constitution, qui engage la majorité, l’opposition et le peuple congolais tout entier» a-t-il expliqué. Pour lui, le mémorandum signé par les onze partis de l’opposition politique congolaise parle d’un pacte qui n’engage et ne se limite qu’aux deux blocs politiques que sont la majorité et l’opposition, excluant du coup les autres acteurs de la vie nationale et même, le très concerné souverain primaire qu’est le peuple congolais. «Le danger, c’est que les deux blocs politiques peuvent être amenés à faire de petits arrangements sur le dos du peuple» a-t-il alerté.
M. Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou a évoqué la liste des autres points de désaccord : «L’article 12 ouvre le conseil des partis politiques de l’opposition aux personnalités qui sont désignées par le chef de l’opposition. Or, la loi sur le statut de l’opposition n’en fait pas mention. Elle parle des partis et des groupes de partis. Nous assistons là à un début de dérapage voulu dans la lecture de la loi», a argué le conférencier. Et d’ajouter: «L’article 16 stipule que l’ordre du jour des réunions extraordinaires est de la seule compétence du chef de l’opposition et est communiqué séance tenante. Ce qui est tout simplement un véritable diktat, n’ayons peur des mots. L’article 19, quant à lui, dispose que les partis politiques de l’opposition gardent leur autonomie de fonctionnement. Toutefois, ils sont tenus, dans leur prise de position publique, au respect des engagements contenus dans le mémorandum et le présent règlement intérieur. Cet article condamne à y rester quand bien même vous n’êtes plus d’accord». Enfin, l’article 20 dispose: «En cas de négociation politique ayant trait au mémorandum, les membres du conseil des partis de l’opposition désignés consensuellement peuvent accompagner le chef de l’opposition. «Peuvent» n’a pas de caractère obligatoire, le mot qui aurait convenu lorsqu’il s’agit d’engager toute l’opposition c’est «doivent». Vous comprenez donc que, si ces préoccupations ne sont pas prises en compte, nous nous abstenons de nous engager dans un accord qui va se retourner contre le peuple et nous-mêmes», a martelé, péremptoire, le président de La Chaîne.
Le conférencier s’est souvenu et a expliqué à la presse que ce sont les acteurs politiques de l’opposition qui avaient lancé le débat sur le changement de la Constitution de 2002. «Ils disaient qu’elle était taillée sur mesure. Ce débat qui nous avait finalement échappé avait fait l’objet d’une récupération pour aboutir à l’actuelle Constitution. Rappelez-vous aussi que c’est toujours l’opposition qui lance l’idée d’une rencontre avec le chef de l’Etat dans son mémorandum de mars 2015. Lorsque le chef de l’Etat convoque les consultations nationales, la même opposition se désiste. Vous le savez: nous qui étions allés, avions été pris pour traitres. Aujourd’hui encore, l’opposition signataire tient à conclure un pacte avec la majorité, mais pour quel intérêt?».
Néanmoins, «La Chaîne ne désapprouve pas la démarche entreprise par le groupe des partis politiques de l’opposition signataires qui ont résolu de travailler ensemble pour parvenir, un jour, à une alternance politique démocratique», a signifié Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou. Il a condamné l’idée de signer un pacte majorité-opposition qui doit aboutir, selon lui à un Gouvernement d’Union nationale «qui ne se justifie pas. N’en déplaise à tous ceux qui ont l’interprétation et la condamnation trop faciles, et même trop hâtives», a-t-il  conclu.

(Dans notre prochaine édition, les considérations de Christophe Moukouéké).

Pascal AZAD DOKO

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