Journée de la concorde nationale : Kinkala a abrité l’événement sous le signe du «Vivre ensemble»

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Outre les activités sportives et culturelles liées à cette commémoration, cet événement a été surtout marqué par la conférence-débat sur le thème : «Vivre-ensemble: enjeux et perspectives», animée par Marius Mouambenga, la modération était assurée par l’ancien ministre Martin Oyali, membre dudit comité. «Avant tout, je reconnais que le sujet est complexe et surtout délicat et que malgré tout, je souhaite un débat le plus franc et constructif possible», a dit le médiateur. «Vivre-ensemble», se dit d’une cohabitation harmonieuse entre individus ou entre communautés.

Mieux, «bien-vivre ensemble» équivaut à l’état d’harmonie atteint par les habitants vivant dans un environnement de diversité sociale et culturelle, lorsque ceux-ci développent avec succès une culture de paix entre eux, sur fond de respect et d’appréciation mutuels. Qu’ils acceptent la pluralité des opinions et qu’ils refusent de s’ignorer ou de se, nuire. Marius Mouambenga a rappelé: «Une fois de plus, vivre-ensemble n’est possible que dans un pays ou l’Etat est fort et ou la justice joue bien son rôle». Pour le conférencier, le cas particulier du département du Pool a encouragé à organiser les festivités du 10 Juin 2018 à Kinkala, pour des raisons évidentes
«En effet, depuis la proclamation des résultats du dernier scrutin présidentiel il n’a plus été possible de bien vivre-ensemble dans le département du Pool, à cause de la crise sécuritaire et humanitaire qui y a prévalu presque deux ans durant de 2016 à fin 2018» a-t-il rappelé. Et de poursuivre qu’effet, les populations qui cohabitaient sans jamais se poser la question de savoir ce qu’il adviendrait de leur «vivre-ensemble» et dont les enfants fréquentaient sans inquiétude les mêmes établissements scolaires tout comme les mêmes édifices publics, ont dû s’éparpiller à la recherche chacun d’un espace vital meilleur et apaisé. «Fort heureusement, depuis l’appel lancé par les sages du département du Pool au président de la république, un accord a été signé entre le gouvernement et le pasteur Ntumi. Le comité de suivi soutient pleinement cet accord et se réjouit de constater que la paix revient ainsi progressivement dans le département du Pool», a-t-il dit.
Le commissaire général a relevé cependant qu’une seule question demeurait cependant, à leur connaissance, celle qui concerne la mise en œuvre du DDR dont l’importance pour l’achèvement du processus de paix est importante. Au cours de cette conférence-débat, le représentant du pasteur Ntumi, Philippe Bily Ane, a délivré le message de Ntumi relatif à cette journée: «Loin de me prêter le droit d’inventaire social et sociétal, je peux me permettre tout simplement de constater que les efforts en vue de diligenter le processus de réconciliation ont vite été mis en dérision avec les malentendus et les furies d’humeur aux germes fratricides» puisant dans l’hymne national, la phrase pleine de lyrisme: «oublions ce qui nous divise… ».
«En cette journée commémorative, je salue les organisateurs de ces assises et tous ceux qui y prennent part, ce, grâce à la paix retrouvée dans le département du Pool, et dont les jalons ont été posés depuis la signature de l’accord de cessez-le feu et de cessation des hostilités, le 23 décembre 2017, dans cette localité historique de Kinkala qui abrite la présente cérémonie».
«Sans l’ombre d’aucun doute, le processus de paix est en marche, et je ne cesserai de le dire, la guerre fait désormais partie du passé. Le Pool devient incontestablement fréquentable. La réouverture des voies de communication, le démantèlement des obstacles informels et, tant d’autres fruits perceptibles dans le cadre de la circulation des personnes et des biens sont une parfaite illustration».
Il rappelle cependant qu’en effet, comme tout le monde le sait, les familles entières se trouvent encore dans les conditions pénibles d’un sinistre très avancé loin de leurs localités d’origine, les citoyens sont privés des droits et libertés, plusieurs traumatisés cycliques devenu chroniques attendent toujours d’être assistés, des communautés entières sont en quête de relèvement d’urgence. Au demeurant, la paix n’est pas seulement l’absence de guerre, mais, l’ensemble des solutions idoines aux questions du respect des libertés, de la pauvreté, du chômage, de scolarisation ou d’alphabétisation… «Dans cette perspective, profitant de votre tribune, j’interpelle la conscience collective sur la nécessité de promouvoir le dialogue, le respect de la personne humaine, la paix, le vivre-ensemble, comme, naguère, les vertus de justesse et de justice sociale auprès de nos ancêtres», proclame Ntumi.
Il estime que les valeurs de paix, de cohésion, de justice sociale sont si délicates qu’elles appellent de nombreux ouvriers engagés à la tâche. Rappelons que pendant l’échange et répondant à une préoccupation d’un participant au sujet du non démantèlement des bouchons érigés par les ex-combattants dans certaines localités du Pool, alors ceux de la Force publique ont été levés. Philippe Bily Ane a indiqué que c’est un processus qui était en marche, là  où il y a encore des bouchons, c’est que nous ne sommes pas encore passés pour la sensibilisation. «Là où nous sommes déjà passés les bouchons n’existent pratiquement plus». Il faut également souligner que plusieurs intervenants étaient plus intéressés au cas du Pool qu’au thème de la conférence-débat.

Pascal AZAD DOKO

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