3e Chambre correctionnelle du TGI : Paulin Makaya affronte son deuxième procès

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Leader de l’UPC (Unis pour le Congo), Paulin Makaya, condamné en 2015 à 2 ans d’emprisonnement ferme et une amende de 2,5 millions de francs Cfa, fait face à une nouvelle accusation, alors qu’il a déjà purgé sa peine à la date du 1er décembre 2017. L’opposant congolais doit de nouveau comparaitre devant les juges. Il est, en effet, accusé de «délit d’évasion de détenus» à la maison d’arrêt centrale. L’affaire était renvoyée devant la Cour correctionnelle de Brazzaville.

 

Pour son avocat, Yvon-Eric Ibouanga, les éléments de droit montre que son client n’a jamais commis ce délit de complicité d’évasion de détenus.  En effet, suite à l’évasion de plus de deux cents détenus à la maison d’arrêt centrale de Brazzaville, le 29 décembre 2016, le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Brazzaville avait présenté à la presse, jeudi 6 janvier 2017, un échantillon de sept présumés instigateurs de cette évasion. Parmi eux, Paulin Makaya, leader du parti d’opposition UPC (Unis pour le Congo), condamné le 25 juillet 2015 par la première chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Brazzaville à 2 ans de prison ferme. Il avait donc été inculpé dans cette seconde affaire d’évasion pour «atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, assassinats, complicité d’évasion, détention illégale d’armes et munitions de guerre». Griefs qui ont été abandonnés pour se requalifier en «délit d’évasion».
Son procès devant la troisième chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Brazzaville devait s’ouvrir ce jeudi 7 juin 2018. Pour son fils Russel Rolph Fox, il s’agit d’un procès politique, dépourvu de tout fondement juridique. «Cette accusation est simplement un tissu de mensonges pour le maintenir encore en détention. Nous savons que depuis le 1er décembre 2017 monsieur Paulin Makaya a purgé sa peine. Mais comment quelqu’un dont sa sentence arrive pratiquement à la fin peut-il encore se mêler ou bien être complice d’une évasion quelconque ?», s’’est-il interrogé.
Pour lui, la détention de son père devient arbitraire. «Il faut qu’on le libère. Voilà pourquoi nous demandons au président de la Cour de [faire preuve de] courage et annuler ce procès qualifié de politique, dépourvu de tout fondement juridique, et surtout être un exemple pour des générations futures que nous sommes. Il faut qu’on le libère ! Parce qu’il n’y a plus de procès ! Tout est politique là-dedans», a-t-il argué.
A signaler que le Congo a été très critiqué sur la scène internationale pour ces affaires d’arrestation et de détention ferme de personnalités politiques. «Ce ne sont pas des prisonniers politiques. La plupart d’entre eux ont pris part à l’élection présidentielle. Ils ont battu campagne et n’ont pas été élus, ça c’est une autre histoire. Mais, ils sont des prisonniers de droit commun, parce qu’ils ont été rendus responsables d’actes extrêmement graves», a répliqué le Président Denis Sassou-Nguesso au journaliste Marc Perelman qui lui demandait, dans une récente interview sur la chaîne de télévision France 24, s’il ne s’agissait pas de «prisonniers politiques».
Les verdicts rendus au cours de ces procès paraissent beaucoup plus aux yeux de l’opinion comme une sanction politique destinée à faire disparaître définitivement de la scène des opposants qui auraient pu donner du fil à retordre au pouvoir

KAUD

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