Département du Niari : Entrée en production du gisement de fer de Mayoko

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Après avoir racheté les actifs de la société sud-africaine Exxaro qui s’était désengagée du projet pour diverses raisons, le Groupe Sapro, à travers sa filiale Sapro Mayoko SA, vient de mettre  en production le minerai de fer de Mayoko. Le premier train minéralier chargé à Mayoko à environ 450 km de Pointe-Noire est arrivé à Pointe-Noire, où sa réception officielle le 25 mai 2018 a donné lieu à une cérémonie solennelle. 

 

Pour la circonstance, les ministres Pierre Oba, en charge des Mines, Fidèle Dimou, des Transports, et Pierre Mabiala, du Domaine foncier, ont fait le déplacement de Pointe-Noire. Ils ont assisté à l’arrivée de ce train, composé de 20 wagons, soit une rame d’à peine 300 mètres, mais dont l’importance politique est avérée, eu égard à la volonté du Gouvernement de diversifier l’économique congolaise.
27 ans après le départ de la Compagnie minière de l’Ogooué (COMILOG), le Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) a renoué avec les trains minéraliers avec la mise en production du minerai de fer de Mayoko par le Groupe Sapro de M. Paul Obambi.
Dans sa stratégie, le PDG de Sapro Mayoko SA a annoncé une production prudente à hauteur de 3 millions de tonnes par an dans la première phase de la première année, pour passer à 5 millions de tonnes par an lors de la deuxième phase en année 2, et ensuite 10 millions de tonnes par an à la troisième phase de la troisième à la cinquième année.  Cela avec les infrastructures actuelles du CFCO  et du Port autonome de Pointe-Noire (PAPN). «C’est le maximum que nous pouvons transporter sur ce chemin de fer», a précisé Paul Obambi.
En effet, les infrastructures sont vétustes. De nombreux efforts sont sollicités pour optimiser le niveau de qualité qui permettra d’améliorer la fluidité des circulations afin de favoriser une montée progressive  en puissance du trafic, a reconnu le Directeur général du CFCO. Ce qui explique, certainement, le faible tonnage transporté lors de ce premier essai.
De même, au Port autonome de Pointe-Noire, il y a nécessité de créer un terminal vraquier avec un quai dédié tel que préconisé dans la phase d’urgence du plan directeur de développement du PAPN, a dit le DG du Port, M. Séraphin Balhat. En attendant, certaines infrastructures sont mises à la disposition de Sapro Mayoko SA. Il s’agit notamment du poste 8 au quai môle 1 de longueur 200 mètres offrant des profondeurs de 10 mètres, pour la réception des navires minéraliers de 50.000 tonnes. Un terre-plein d’1 hectare environ pour la réception et le stockage temporaire de 50.000 tonnes de fer en provenance de Mayoko. Un terre-plein d’approche de 3.000 mètres carrés pouvant recevoir 15.000 tonnes de fer en instance de chargement.
Par ailleurs, Sapro Mayoko SA  devra aussi régler la question de l’approvisionnement en électricité. Si, actuellement, elle utilise une centrale thermique ou groupe électrogène, on croit savoir que la société a en projet de se connecter à un réseau électrique du Gabon proche de ses installations.
Dans le même élan, Sapro Mayoko SA projette une quatrième phase. Elle consiste en la construction d’un chemin de fer devant relier Pointe-Noire à l’extrême nord du pays (Ouesso), avec une phase essentielle directe PNR-Mayoko. Ce nouveau chemin de fer dont le financement est en train d’être bouclé pourrait être réalisé entre 2019 et 2023. Il permettra de passer de 10 à 150 millions de tonnes de fer par an. Le Congo sera alors un des leaders de la production du fer, avec un impact ou une influence sur le cours des prix.
A noter que le projet Sapro Mayoko SA devrait créer 3000 emplois directs et 2000 emplois indirects, selon M. Paul Obambi.

Jean BANZOUZI
MALONGA

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