Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) : De la fronde sous les trois palmiers

Note utilisateur:  / 2
MauvaisTrès bien 

Dans une lettre parvenue récemment à notre rédaction, des membres du Conseil national de  l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) dénoncent une «mauvaise gouvernance et une gestion opaque» du parti par le premier secrétaire général Pascal Tsaty-Mabiala. Ils en appellent à la convocation d’un congrès ordinaire.

 

Le parti de Pascal Lissouba est-il au bord d’une crise ? Oui, si l’on s’en tient au climat délétère qui prévaut ces derniers temps au sein de cette formation qui a été au pouvoir de 1992 à 1997.  En témoigne une lettre signée d’un nombre important de membres de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Mossendjo et Sibiti.
Un document de sept pages qui s’ouvre sur un bref aperçu historique de la vie de la Nation et du parti, de la chute de Pascal Lissouba en 1997 aux élections de l’année dernière en passant par les congrès, le référendum constitutionnel de 2015 et la présidentielle anticipée de 2015 remportée par Denis Sassou-Nguesso, malgré les accusations de fraudes et autres dysfonctionnements des observateurs.
Un document de sept pages dans lequel la cinquantaine de signataires se montrent très critiques à l’endroit du premier secrétaire général de l’UPADS (Union panafricaine pour la démocratie sociale). Tant les fautes qui sont reprochées à Pascal Tsaty-Mabiala semblent aussi bien graves que nombreuses.
Détournement de fonds, dissimulation de pièces….
D’abord sur le plan administratif. Mauvaise gestion des ressources humaines, rétention ou dissimulation des pièces administratives authentiques (factures, contrats de bail, etc.), prise des décisions sans consulter les instances du parti,… À en croire les auteurs de ce texte épistolaire, l’administration de l’UPADS sous Tsaty-Mabiala est des plus déplorables.
Et les exemples sont légion. «La surfacturation aux fins de détournement du prix à l’achat des véhicules de second choix acquis pour le parti à Dubaï  avec refus de produire les différentes factures à la Commission nationale de contrôle et d’évaluation; la fermeture du siège du parti à Pointe-Noire pour cause de non-paiement de loyer pendant plusieurs mois et non-versement de salaire au vigile qui a emporté tous les meubles. Pendant que vous êtes en train de bâtir un château à Dolisie, les travaux de construction du siège de Dolisie sont à l’arrêt», peut-on lire dans le texte.
Or, le courroux de ces «upadésiens» semble beaucoup plus d’ordre politique. «La déliquescence du parti en matière électorale dans ses fiefs historiques. Surtout dans les pays de Mayoko où le parti n’a obtenu qu’un député sur un potentiel de quatre et un seul conseiller sur un potentiel de seize. Conséquence, cette zone où est né le président Lissouba n’est plus ce sanctuaire de notre parti habituellement imprenable», poursuit la lettre.
En outre, «aucun sénateur dans le Niari et dans la Lékoumou. Somme toute, le parti n’a obtenu globalement que deux sièges négociés sur un potentiel de 18 dans ses fiefs. Vous avez récemment amoindri les chances du parti aux élections sénatoriales dans le Niari pour vous débarrasser des candidats qui vous étaient gênants et dont vous avez juré la perte».
Tout est clairement dit : si l’UPADS a cessé d’être cette machine électorale qu’elle était dans les années 90, c’est en grande partie à cause «des arrangements» de Tsaty-Mabiala avec le pouvoir en place. Du coup, on assiste à «la chute dramatique de l’image du parti en tant que force conséquente et crédible de l’opposition au plan national et international», martèle le texte.
Un congrès ordinaire «sans exclusive» à tout prix
Autres reproches : la décision «contre l’avis du Conseil national» de quitter le Front pour le respect de l’ordre constitutionnel et de l’alternance démocratique (FROCAD), la reconnaissance par Tsaty-Mabiala de la victoire de Sassou-Nguesso à la présidentielle de 2016. «Votre déclaration du 7 avril 2016 avait pris de court et bouleversé tous les militants du parti aussi bien (sic) les observateurs attentifs de la vie politique de notre pays», explique la déclaration.  Du coup, l’UPADS «ne se comporte plus comme un parti d’opposition devant la situation chaotique du pays ».
Que de fautes énumérées dans le document ! Un véritable réquisitoire qui met à nue la gestion «calamiteuse» et «suicidaire» de l’UPADS par Pascal Tsaty-Mabiala. Il faudra donc organiser un congrès «ordinaire sans exclusive pour dire Non à la liquidation de notre parti et au saut dans l’inconnu vers lequel vous le précipitez».
Décidément, ce n’est pas le pouvoir qui fait martel en tête à Pascal Tsaty-Mabiala. Plutôt ses propres camarades qui tiennent à défendre «avec fermeté»  les intérêts de leur parti. Reste à savoir quelle réponse le chef légal (d’après la Constitution de 2015) de l’opposition congolaise apportera à ces critiques et doléances !
 
Julienne NIONGO

Informations supplémentaires