Alliance pour la République et de la démocratie (ARD) : L’avenir du Congo passe aussi par la prise en compte des mises en garde de l’opposition

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La coordination nationale de l’Alliance pour la République et de la démocratie (ARD) s’est réunie en session ordinaire, la 12ème du genre, sous les auspices de son président Mathias Dzon, le samedi 12 mai 2018. Placée sous le thème: «Responsabilités et devoirs de la classe politique congolaise dans le chaos actuel», cette rencontre était pour les organisateurs de passer au vitriol la gestion du pays.

«Si le Congo était une entreprise, il aurait déjà déposé le bilan et mis la clé sous le paillasson. L’Etat est en banqueroute. Il n’honore plus, ni les échéances de paiement de la dette extérieure et de la dette intérieure, ni les charges courantes. Cette situation catastrophique engendre des drames dans les foyers», ont-ils fait savoir dans leur déclaration.

Depuis plusieurs années, regrettent-ils, «l’opposition congolaise n’a eu de cesse de tirer la sonnette d’alarme et de proclamer urbi et orbi que notre pays traversait une crise multidimensionnelle grave. Faisant la politique de l’autruche, le pouvoir a toujours clamé de façon péremptoire qu’il n’y a pas de crise au Congo et que notre pays se portait bien et même très bien. Malheureusement, les faits sont têtus. Aujourd’hui, il est établi de façon irréfutable que le pays traverse une crise économique, financière, sociale, politique et sécuritaire gravissime. Il est dans un état comateux», ont-ils fait remarquer.
Selon eux, «la grave crise congolaise menace de pousser à l’effondrement l’ensemble de la zone CEMAC, si des réformes nécessaires ne sont pas entreprises par les autorités congolaises pour redresser les comptes et les équilibres indispensables, après un audit sérieux de la gouvernance et de la corruption. C’est la condition qui permettra la conclusion d’un accord avec le FMI, préalable à une éventuelle aide de la France de 135 millions d’euros ».
La coordination nationale de l’ARD se tient à un moment où la situation générale du pays est «cadavérique» : «le Gouvernement ne fait absolument rien et place tous ses espoirs dans la signature d’un hypothétique accord avec le FMI. Malheureusement pour lui, cet accord providentiel a été renvoyé aux calendes grecques, jusqu’à ce que les autorités congolaises consentent à satisfaire aux exigences du FMI en matière des audits sur la gouvernance et la corruption. Dans ce contexte extrêmement difficile, alors que l’Etat est en cessation de paiement et que chaque jour des milliers de Congolaises et de Congolais meurent pour cause d’extrême pauvreté, le Gouvernement, au lieu de s’atteler à promouvoir des mesures sérieuses de redressement, pour sortir le pays de la crise multidimensionnelle qui le plombe, a aggravé la situation, en créant au cours du conseil des ministres du mercredi 2 mai 2018, trois nouvelles institutions: Conseil national du dialogue, Conseil consultatif des sages et notabilités traditionnelles, Conseil consultatif de la société civile et des ONG, institutions qui sont de nouvelles sources de dépenses faramineuses, sans toutefois dire comment il entendait financer ces nouvelles dépenses exorbitantes et inutiles, quand on sait qu’aujourd’hui, l’Etat congolais est en banqueroute. C’est tout simplement effarant, voire irresponsable», ont-ils fait constater.
Ils ont estimé que la mise en œuvre d’un conseil national du dialogue vise un seul et même objectif: «contourner le vrai dialogue politique national inclusif que le peuple congolais et la communauté internationale exigent instamment, pour lui substituer un simulacre de dialogue du type de ceux que le pouvoir a organisés à Ewo en 2011, à Dolisie en 2013, à Sibiti en 2015 et à Ouesso en 2016, parodies de dialogues qui ont montré leur limite et qui n’ont jamais réglé un seul des maux qui minent aujourd’hui le Congo. Loin s’en faut».
Et de s’attaquer au président qui, selon eux, n’entreprend rien pour contraindre les dignitaires du pouvoir qui ont planqué l’argent public dans des comptes privés à l’extérieur, à rapatrier au Congo, l’argent public détourné. «Pourtant tous ces responsables indélicats sont bien connus de lui. Ils sont 60 qui, selon les Panama Papers ont des comptes privés à Panama. En Chine, 4 dignitaires du pouvoir congolais totalisent à eux seuls, près de 6 mille milliards de F cfa dans leurs comptes privés. Des sources dignes de foi signalent l’existence d’autres comptes privés où l’argent public congolais a été logé, au Brésil, à Singapour, à l’Ile-Maurice, au Koweit, aux Emirats Arabes Unis, en Espagne, en Côte-d’Ivoire, en Guinée-Conakry, au Niger, en RDC, en Angola, au Maroc… ces fonds atteignent un montant de 9 milliards 147 millions de dollars, soit, 5 488 milliards 200 millions de F.Cfa. etc».
Afin de sortir le pays de la crise «gravissime» qu’il traverse, l’ARD pense que «le PCT, la mouvance présidentielle et le Gouvernement, principaux responsables du chaos actuel, doivent faire leur autocritique, demander pardon au peuple Congolais, reconnaitre publiquement que le dialogue politique national inclusif est la seule bonne solution de sortie, comme l’ont souligné très justement, après nous, les Evêques du Congo, réunis à Brazzaville en session extraordinaire du 08 au 09 mai 2018. En second lieu, le Gouvernement, en tant que pouvoir qui gouverne l’Etat, a l’impérieux devoir de prendre dès maintenant des mesures de réduction drastique du train de vie de l’Etat, et ce, sans attendre la signature d’un accord avec le FMI».
Pour l’aider dans cette tâche, la 12e coordination nationale de l’ARD a renouvelé les mesures de redressement formulées lors de la 11e coordination nationale de l’ARD, tenue à Brazzaville le 11 novembre 2017. Il s’agit, entre autres, de la suspension momentanée des nombreux centres de dépenses faramineuses que sont: le Sénat, l’Assemblée nationale, la Cour constitutionnelle, le Conseil économique et social, le Conseil supérieur de la liberté de communication, la Commission nationale des droits de l’homme, le médiateur de la République; la mise en place d’un parlement de transition à une seule chambre et composé de façon paritaire de représentants de la mouvance présidentielle et de l’opposition plurielle; la réduction du nombre des ministres et la suppression des postes de ministres d’Etat etc…
D’autres mesures préconisées sont, par exemple, que les ministres qui aujourd’hui sont rémunérés à hauteur de 15 millions de F.Cfa par mois, devraient plutôt être payés à 7 millions et ceci par virements bancaires. La suppression des salaires fonctionnels payés indûment aux responsables des organes dirigeants du PCT; la suppression et l’interdiction absolue des paiements par anticipation et des dépenses non prévues au budget, pour éradiquer les coulages financiers et les tripatouillages, surtout au niveau des menues-recettes, entre autres.
Avant de clore les travaux, les participants à cette session ont dénoncé la «condamnation scandaleuse » à une peine de 20 ans de réclusion criminelle du général Jean Marie Michel Mokoko, alors que, selon eux, «le dossier d’accusation est totalement vide» : «son crime, est d’avoir été candidat à la farce électorale du 20 mars 2016 et de n’en avoir pas reconnu les résultats frauduleux», ont-ils conclu.

KAUD

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