Journée mondiale de la liberté de la presse : Encore des efforts pour rendre professionnelle la presse au Congo

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Au Congo, la 25e édition de la Journée de la liberté de la presse a été célébrée en différée le 4 mai 2018. A Brazzaville, la célébration s’est faite sous la forme d’un débat qui a réuni des acteurs politiques et de nombreux professionnels de media, hommes et femmes, d’organes aussi divers que les radios et télévisions d’Etat et privés, tout comme des journaux de la presse publique et privée.

 

Véritable moment de réflexions et d’échanges sur les questions liées à la professionnalisation, la déontologie et l’éthique du métier, cette rencontre a été précédée d’un message du Gouvernement rendu public par le ministre de la Communication et des médias le 3 mai, date de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse. C’est Thierry Lezin Moungala, ministre de la Communication, Mme Ana Elisa de Santana Afonso, représentante de l’Unesco au Congo et Philippe Mvouo, président du Conseil supérieur de la liberté de communication (C.S.L.C.) qui ont coprésidé les échanges ayant découlé du principal thème retenu à l’occasion: «Médias, justice et Etat de droit: les contrepoids du pouvoir».
La journée mondiale de la liberté de la presse est une occasion qui permet de rappeler les principes fondamentaux de la liberté de la presse; d’évaluer la liberté de la presse à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leur profession et à ceux croupissant encore dans des prisons, comme Ghys Fortuné Dombé Bemba du journal Talassa en République du Congo.
Quatre communications développées par quatre conférenciers ont constitué le menu du débat et des échanges. Les quatre thèmes retenus, pleins et intenses, enrichis d’expériences combinées ont porté sur: «Pourquoi les médias sont-ils un contrepoids du pouvoir?», «Justice et médias dans un Etat de droit», «Réglementation et autoréglementation de la liberté d’expression en ligne au Congo» et «Problématique de la gouvernance des médias au Congo». Leur développement a permis aux participants d’engager des échanges pour mieux apprécier les performances de la presse congolaise et d’esquisser des solutions susceptibles de la placer comme quatrième pouvoir, pour qu’elle joue bien et pleinement son rôle dans la société.
Après analyse approfondie, les professionnels des médias ont salué les efforts déployés ces dernières années par le Gouvernement congolais en matière de liberté de la presse et du pluralisme de médias. Des faiblesses qu’il faille absolument corrigées ont toutefois été relevées et, beaucoup d’efforts restent à fournir pour rendre vraiment professionnelle la presse congolaise, tout comme en ce qui concerne la gouvernance de l’Internet, l’alphabétisation aux médias et à l’informatique ainsi que la protection et la sécurité des journalistes. Embrayant sur les assises de la presse, les participants ont souligné l’urgence de procéder rapidement à l’actualisation et à l’analyse des données sur la situation de la presse au Congo, puisque les derniers états généraux de cette presse remontent à plus de deux décennies. Ils ont souligné par ailleurs l’impératif de prendre en compte les mutations technologiques, l’évolution politique dans le monde et en matière des droits humains, les enjeux de sécurité, l’essor de l’économie du savoir et du numérique, la dynamique de la presse en ligne, ainsi que la gouvernance de l’Internet et des réseaux sociaux.
La représentante de l’Unesco au Congo, Mme Ana Elisa de Santana Afonso, a rassuré les participants et les organisateurs de la bonne foi du Système des Nations-Unies d’accompagner le Congo dans le domaine de la gouvernance. «Le Système des Nations-Unies, en général, et l’Unesco, en particulier, a-t-elle fait savoir, demeurent disposer à accompagner le Gouvernement congolais dans ses efforts pour améliorer la gouvernance, notamment: contribuer à la professionnalisation du métier de journaliste et de professionnels de la communication et de l’information; renforcer des capacités pour une presse plurielle, libre et indépendante, fondée sur l’éthique, les normes professionnelles et les principes d’autorégulation du journalisme; développer des médias communautaires tout en soulignant la participation des jeunes et des femmes à ces médias».
Mme Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco, dans son message relatif à la célébration de cette Journée, souligne entre autres que «l’idéal d’Etat de droit demande des citoyens bien informés, une transparence des décisions politiques, une publicité des échanges concernant les sujets d’intérêt commun, une pluralité de points de vue qui favorise la formation des opinions et disqualifie les vérités officielles et les dogmatismes. C’est maintenant à la presse et aux médias en général, sous toutes leurs formes et à travers leurs différents supports, que revient ce pouvoir de formation et d’information.»
Pour Philippe Mvouo, «la presse d’aujourd’hui, devenue le quatrième pouvoir se doit de contrebalancer les autres pouvoirs classiques. C’est le poids qui doit servir à équilibrer une force, un autre poids. La presse a donc un rôle de ‘’chien de garde’’ face à l’action du Gouvernement et aux agissements des grandes institutions au sein de la société.» Il a annoncé en outre que les assises de la presse se tiendront en octobre 2018.
Le ministre de la Communication, commentant à l’occasion le message du Gouvernement rendu public le 3 mai, a déclaré que la position du Gouvernement consiste à indiquer que sur le plan institutionnel et de la gouvernance du secteur de la presse, le Congo s’est conformé depuis l’avènement de la démocratie, et surtout avec l’adoption des lois promulguées courant 2001 par le président de la République, qui gouvernent notre secteur selon les règles établies, confortent et protègent la liberté de la presse, de l’information et de la communication dans notre pays.

Philippe BANZ &
Pascal BIOZI-KIMINOU

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