Environnement : Comment et qui va financer le Fonds bleu ?

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Cette réunion intervient une année et demie après le lancement de l’initiative du Fonds bleu pour le bassin du Congo. C’était à l’occasion de la COP22 à Marrakech, au Maroc. Le mémorandum d’entente portant création de ce fonds a été signé par une douzaine de pays en mars 2017, à Oyo, département de la Cuvette, en République du Congo. Il revenait, dès lors, aux pays signataires de mobiliser des ressources humaines et financières pour la mise en œuvre des politiques et stratégies adaptées. Une équation difficile qui tarde à se concrétiser.

Malgré la mobilisation, les financements ne suivent toujours pas. Le sommet de Brazzaville se proposait donc de faire le plaidoyer et de tirer la sonnette d’arme.
Pour le roi du Maroc, le plus important aujourd’hui est sans doute d’associer le nécessaire développement du continent à un éveil des consciences écologiques. «Notre réunion sonne comme une urgence pour tous.  Elle est capitale pour notre continent, elle l’est également pour l’humanité toute entière, car elle est l’expression d’une prise de conscience climatique collective, des effets dévastateurs du réchauffement climatique pour la planète. Nous avons une responsabilité collective, la préservation de la biodiversité africaine. L’appauvrissement de ce patrimoine qui nous est commun, engendre de lourdes conséquences sur la vie quotidienne des populations, et nuit au développement socio-économique des communautés qui en dépendent. Au centre de cette préoccupation, se trouve le bassin du Congo», a-t-il dit.
La mise en œuvre du Fonds bleu doit s’accompagner de la mobilisation de tous les acteurs économiques et de la société civile, pour que s’engage des actions concrètes d’atténuation et d’adaptation, et que soit garantie l’émergence d’un mode résilient de développement, a-t-il estimé. Au-delà des conséquences induites par les changements climatiques, les pénuries alimentaires et les baisses des réserves en eau risquent d’entraîner d’importantes migrations de population, de fragiliser les Etats et de favoriser la précarité. «Comment admettre en effet, que, dans un continent qui dispose de plus de 5000 milliards de mètres cubes d’eau dans ses nappes phréatiques, 320 millions d’Africaines et d’Africains n’ont pas accès à l’eau potable?», s’est interrogé Sa Majesté le roi Mohamed VI.
Pour le président Denis Sassou-Nguesso, le monde n’a jamais été aussi vulnérable que face aux changements climatiques. «Une part importante  de l’avenir  du globe, en terme d’évolution climatique et  de  préservation de l’environnement, se joue  ici, au cœur de l’Afrique. Au centre de cette dynamique salutaire, notre continent se distingue par des initiatives courageuses empreintes de générosité et de détermination», a-t-il affirmé. L’humanité est appelée, selon le chef de l’Etat congolais, à se «convaincre des exigences objectives, engendrées par les renoncements utiles et nécessaires, qui sont attendus des pays du bassin du Congo pour faire bénéficier, au monde, les avantages d’un univers à l’abri des dérèglements climatiques».
En outre, «elle devra prendre conscience et accéder aux réparations à consentir et aux compensations à acquitter, au nom des intérêts des peuples et des Etats du bassin du Congo, naturellement appelés à une  démarche de partage, pour la survie de notre planète», a-t-il ajouté. Malgré l’envergure et la complexité des défis, le chef de l’Etat congolais a annoncé qu’en sa qualité de président de la commission Climat du bassin du Congo, et du Fonds bleu pour le bassin du Congo, il ne ménagera aucun effort dans l’«application par notre zone de l’accord de Paris sur le climat. Le moment est venu de rendre effectif le fonctionnement de la commission climat du bassin du Congo et du fonds bleu pour le bassin du Congo», a-t-il lancé.
Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont adopté les documents préparés par le segment ministériel qui s’est tenu du 27 au 28 avril, à l’hôtel de la Concorde à Kintelé. Au terme de leurs travaux, quelques chefs d’Etat ont procédé à la signature du protocole instituant la commission Climat du bassin du Congo. Contre toute attente, la RDC n’a pas paraphé le document, ainsi que Sao Tomé et Principe. Et aucun communiqué final n’a sanctionné les travaux.

Cyr Armel
YABBAT-NGO