Négociation FMI-Congo : L’adoption du projet de programme conclu avec le Gouvernement assujettie à la bonne gouvernance

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Cet accord est assorti d’un projet de programme visant à promouvoir une croissance soutenue et inclusive, en rétablissant la viabilité budgétaire et en améliorant la gouvernance. Ce programme vise également à contribuer aux efforts régionaux de renforcement de la stabilité extérieure. Le chef de la délégation, à la fin de la mission, après analyse du niveau de l’économie congolaise, a déclaré: «L’économie congolaise souffre des effets des bas prix du pétrole, une dette insoutenable et des défis importants liés à la gouvernance.

Une récession prolongée de l’économie non pétrolière affecte négativement les populations vulnérables. Malgré un ajustement budgétaire prononcé depuis 2015, les déséquilibres macroéconomiques demeurent importants et la dette est insoutenable. Le niveau élevé de la dette et l’accumulation d’arriérés qui en a résulté nuisent à la confiance des investisseurs et à la stabilité du système financier, ainsi qu’aux services sociaux. Les faiblesses dans la gouvernance et la lutte contre la corruption ont exacerbé les lacunes dans la mise en œuvre des lois et règlements et les vulnérabilités économiques». Toutefois, des solutions ont été proposées pour sortir le Congo de son marasme économique. «Les autorités devront entreprendre des réformes audacieuses et immédiates dans le domaine de la gouvernance pour traduire en action la rupture d’avec les politiques et pratiques du passé proclamée par le Gouvernement», a souligné Abdoul Aziz Wane.
La mission du FMI s’est félicitée par ailleurs de l’intention du Gouvernement de publier une étude sur la gouvernance pour guider les futures réformes dans la gouvernance, la transparence et la gestion des finances publiques. Elle a encouragé les autorités quant à leur intention de créer un organe indépendant de lutte contre la corruption avec tous les pouvoirs d’investigation et un système de déclaration du patrimoine pour les hauts responsables, tout comme de renforcer le contrôle des grands projets d’infrastructures et des entreprises publiques, notamment celles du secteur pétrolier. La mission a pris bonne note des décisions des autorités de rendre pleinement compte au Parlement et à la population de la gestion des ressources naturelles et des grands travaux, au cours des dernières années. Mais, une forte participation de la société civile sera cruciale pour le succès des réformes liées à la gouvernance, selon la mission qui a salué, au demeurant, les efforts des autorités pour améliorer la transparence du secteur pétrolier en vue d’accroître, de manière significative, la part de l’Etat dans les ressources naturelles de la nation. Pour ce faire, la première étape sera de développer la capacité de l’Etat à se réconcilier systématiquement toutes ses transactions relatives aux ressources naturelles. La mission a félicité l’intention du Gouvernement de donner à toutes les entreprises exploitant les ressources naturelles un délai pour déclarer tous les droits dont elles pourraient se prévaloir sur la part du Gouvernement dans ces ressources.
Les autorités vont continuer toutefois à travailler dans les prochaines semaines sur la mise en œuvre de leur stratégie exhaustive pour restaurer la viabilité de la dette et assurer le financement total du programme. Une fois cela fait conformément aux exigences du FMI, un arrangement financier pour soutenir le programme économique du Congo sera proposé à l’examen du conseil d’administration de cette institution financière internationale.
Le Gouvernement s’est exprimé, à son tour, dans un communiqué de presse rendu public. Il a rassuré que les discussions ouvertes avec le FMI au début de 2017 devraient aboutir rapidement à l’adoption d’un programme triennal 2018-2021. Ce qui permettra de reconstituer des réserves de change de la République du Congo, afin de contribuer avec les autres membres de la CEMAC à la stabilisation de l’ensemble de la sous-région.
Pour Christine Lagarde, directrice générale du FMI, son institution financière aura des exigences de bonne gouvernance, afin de garantir une bonne utilisation des finances publiques et la réalisation des objectifs du programme avec le Congo.
A noter que la délégation du FMI a séjourné au Congo du 3 au 18 avril 2018. Elle a été reçue par le président de la République, avant de quitter la capitale congolaise.

Philippe BANZ

 

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