Crise économique et financière : La majorité présidentielle s’en va-t-en guerre contre ses propres pilleurs

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La situation financière et économique préoccupante que traverse le pays, consécutive à la mauvaise gestion et les détournements des deniers publics, ne laissent pas indifférent le PCT, parti au pouvoir. Avec ses alliés de la majorité présidentielle, ils ont tenu une réunion le 4 avril 2018 sous l’autorité de Pierre Ngolo, président par intérim de cette plateforme politique.

Ces partis et associations ont demandé que soient traduites devant les juridictions compétentes toutes les «personnes, sans distinction aucune, quel que soit son rang ou sa sensibilité politique, coupable d’avoir commis les faits répréhensibles dans l’exercice de ses  responsabilités à n’importe quel échelon de la hiérarchie sociale, économique et administrative dans la gestion de la chose publique».
Incroyable : dans la pratique, les partis de la majorité présidentielle, en général, et le PCT, en particulier, en veulent concrètement à leurs propres cadres. Il a fallu que le Congo connaisse cette crise sévère pour que la majorité présidentielle aux affaires depuis 1997 se réveille aux dures réalités de la saine gestion. Et prendre le taureau par les cornes en se rendant compte qu’il y avait un véritable problème de gouvernance et de malversations financières. Maintes fois dénoncés par l’opposition, mais sans suite, la gabegie et la mauvaise gestion ont gonflé une situation de gouffre économique pour le Congo.
Déjà, conscient de la gravité des choses, le chef de l’Etat avait, dans son discours sur l’Etat de la nation, devant le Parlement réuni en congrès le 31 décembre 2017, réitéré ses orientations sur la rupture. En même temps, il instruisait le Gouvernement sur l’urgence des actions à mener en vue du redressement de l’économie nationale, la préservation de la paix et de l’unité nationale et la lutte contre les antivaleurs.
Faisant siennes les directives du chef de l’Etat, les partis et associations de la majorité présidentielle ont décidé de soutenir la ligne de tolérance zéro contre la corruption, les détournements et autres passe-droits économiques. Pour la majorité présidentielle, il appartient aux institutions habilitées à réprimer la corruption, la concussion, la fraude, le trafic d’influence, le vol, le laxisme et tout autre comportement blâmable, et aux politiques de prendre leurs responsabilités.
Selon eux, la rupture annoncée par le chef de l’Etat ne doit pas rester un simple slogan, mais un mot d’ordre pour l’amélioration de la gouvernance en privilégiant le droit. D’où l’appel lancé à leurs militants et sympathisants de rester vigilants. Ils ont, par ailleurs, invité le Gouvernement à mettre en œuvre les instructions du chef de l’Etat.
Tout en saluant la bonne exécution de l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités signé le 23 décembre 2017 à Kinkala, les partis et associations de la majorité présidentielle ont, pour cela, félicité le retour progressif de la paix, de la circulation des personnes et des biens dans le département du Pool. Dans cette perspective, ils ont demandé à tous les citoyens d’œuvrer pour une paix durable et définitive.
En cette période, selon eux, propice aux manipulations de toutes sortes, les Congolais sont appelés à la vigilance. Autre surprise de taille : les partis de la majorité présidentielle apportent leur soutien aux démarches entreprises par le Gouvernement auprès du Fonds monétaire international (FMI), en vue de trouver des voies et moyens permettant de sortir de la crise économique et financière actuelle. La recréation est-elle enfin terminée? On peut au moins supputer que la Maison d’arrêt devra agrandir ses cellules, si tous ceux, réels ou soupçonnés, devaient aller répondre à la barre pour enrichissement illicite. Attendons de voir!

Cyr Armel
YABBAT-NGO


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