Après l’ouverture du tronçon routier Kinkala-Mindouli-Kindamba : «Celui qui posera les actes répréhensifs tombera sous le coup de la loi», avertit le préfet Georges Kilebé

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Fermé depuis plus d’un an et demi du fait de l’insécurité consécutive aux affrontements entre les ex-combattants ninjas-nsiloulous de Ntumi et les forces gouvernementales, l’axe routier Kinkala-Mindouli-Kindamba a été rouvert à la circulation des véhicules privés le 21 mars 2018. Un premier convoi de 12 camions est parti du marché Commission, à Makélékélé, à Brazzaville, dans une liesse et une ferveur totales, marquant l’adhésion de la population qui n’a eu pour mot que «Yiwiri», qui veut en français (la guerre), c’est fini.


Tout le long de ce tronçon de 150 km, la délégation de la Commission ad hoc mixte paritaire a reçu des clameurs et un accueil chaleureux de la part des populations euphoriques, dans les localités où elle est passée. Un soulagement pour ces populations qui, en contre-partie, ont reçu de la délégation des produits de première nécessité comme des allumettes, de la farine, de l’huile et autres denrées.
Conduite par Philippe Biby Ane, vice-président de la Commission ad hoc mixte paritaire et représentant personnel du pasteur Ntumi, qu’accompagnaient le préfet du département du Pool, Georges Kilebé, ainsi que le colonel Pierre Mongo, cette mission fait partie des premières activités de terrain lancées le 20 mars dernier à Kinkala par Séraphin Ondelé, président de la Commission ad hoc mixte paritaire.
Le convoi est arrivé sans heurts à Kindamba. Tout au long du parcours, les membres de la commission ad hoc et le préfet du Pool se sont livrés à un exercice de pédagogie pour convaincre certains ex-combattants ninjas-nsiloulous. Heureusement, la raison a fini par prendre le dessus sur les émotions et la passion. Car, il a fallu expliquer le bien-fondé des accords de cessez-le-feu et de cessation des hostilités du 23 décembre 2017 à travers cette opération de sensibilisation, afin de susciter leur adhésion.
Dans cette mission, la Commission ad hoc a procédé au démantèlement de toutes les barrières érigées le long de la route, d’un côté par les ninjas -nsiloulous, et de l’autre par la Force publique.
Surpris dans un bouchon à Yangui, un village situé non loin de Missafou, Djo, un ninjas-nsiloulou a expliqué : «Je suis devenu ninja lorsqu’un jour, les militaires ont bastonné mon père, avant de brûler ma maison».  Il a, tout de même, souhaité que la paix revienne définitivement afin, dit-il, de retrouver sa femme et ses deux enfants qu’il n’a plus revus depuis près de deux ans.
Un autre ninja rencontré non loin de la forêt de Bangou a été ramené à la raison par le colonel Pierre Mongo. «Après avoir bombardé nos maisons avec les hélicoptères, vous venez maintenant nous parler de la paix. Si vous voulez qu’elle soit effective, commencez par libérer nos amis qui sont en prison, sinon nous garderons nos positions», a-t-il déclaré.
Deux meetings ont été organisés à Mindouli et Kindamba, au cours desquels le préfet du département Georges Kilebé a tenu un langage de fermeté auprès des ninjas-nsiloulous. Pour lui, plus personne n’a «le droit» de porter et de circuler avec des armes. «Le port  d’arme est réservé aux agents de la Force publique, parce qu’ils sont agents de l’Etat», a-t-il martelé. Avant de lancer une sévère mise en garde: «A compter de ce jour, celui qui posera des actes répréhensifs tombera sous le coup de la loi, et sera sanctionné conformément aux lois de la République !».

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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