Devoir de mémoire : Il y a trois ans mourrait Jean Le Gall, fondateur de La Semaine Africaine

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Rappelé à Dieu le 13 mars 2015 à l’âge de 95 ans, Jean Le Gall, fondateur de La Semaine de l’AEF repose depuis le 16 du même mois à Langonnet, dans sa France natale. Prêtre missionnaire spiritain devenu journaliste par devoir, il a légué au Congo un média catholique qui reste une référence et un patrimoine. Trois ans après, le Père Le Gall respire encore dans les colonnes de son journal. Que dire de ce journal qui en septembre prochain totalisera 66 ans?

 

Le mardi 8 juin 2010, après 58 ans de parution régulière, La Semaine Africaine a atteint son numéro 3000. Dans sa livraison de ce mardi-là, le journal avait fait de l’événement sa une. Dans la photo d’illustration à la une, on pouvait contempler avec admiration l’équipe de journalistes qui avec zèle et professionnalisme animent au quotidien ce bihebdomadaire, qui au fil des ans, a résisté contre vents et marées, même au pire des circonstances.
Fondé le jeudi 4 septembre 1952, La Semaine Africaine a sans relâche informé, interpellé quand c’était nécessaire et communiqué parce que c’est un devoir que le journal s’est assigné avec dignité depuis ses origines. Avec ardeur, le journal, continue à faire son bonhomme de chemin dans un paysage médiatique concurrentiel, mais surtout dans un environnement pas toujours propice à l’épanouissement d’une presse libre et indépendante.
Dans la région naguère connue comme l’Afrique équatoriale française (AEF), des hommes et des femmes peuvent se sentir encore fiers de voir cet outil on ne peut plus précieux poursuivre sa mission d’informer en toute neutralité, mais également de rapprocher en temps utile des cultures et courants de pensées parfois antagonistes.--
Bimensuel à sa création, La Semaine Africaine s’affirme dans un pays connu pour son histoire tumultueuse et mouvementée, jalonnée de faits et contours aux aspects multiformes. Devenu par la suite hebdomadaire paraissant tous les jeudis, le journal prend laborieusement son envol fin 2005, en s’octroyant son statut actuel de bihebdomadaire, paraissant chaque semaine mardi et vendredi. Innovation pour la périodicité du journal que même les évêques du Congo, ses propriétaires en retraite annuelle au foyer de charité de Liambou (Pointe-Noire), avaient saluée. Une telle longévité n’est pas toujours acquise une fois pour toutes pour un journal paraissant en Afrique francophone.
La graine semée par Jean Le Gall, en voulant fonder un journal d’information et d’action sociale pour l’Afrique centrale, a germé considérablement et s’est plutôt élargie en journal d’information générale ouvert à toutes les couches ou élites comme c’est le cas aujourd’hui. «Un arbre a pris racine», titrait le journal dans sa une de l’année du centenaire en 1983, en parlant de l’Eglise du Congo enrichie de deux évêques cette année-là: Mgr Anatole Milandou et Mgr Hervé Itoua. La Semaine Africaine est devenue un arbre qui a pris racine au cœur de la société congolaise, dans une nation qu’elle accompagne depuis bientôt 66 ans vers sa construction dans la durée.
Dans son édition N°3001 du mardi 15 juin 2010, on retrouvait l’interview d’Angélique Bandza, secrétaire-comptable d’heureuse mémoire, restée pendant longtemps l’unique femme au milieu de nombreux hommes composant l’équipe du journal. Son propos repris en guise de titre fut évocateur: «Je regarde l’avenir de notre journal avec optimisme».

Aristide Ghislain NGOUMA

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