Catastrophe de Mpila : Les sinistrés attendent toujours

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Des vies brisées par les explosions meurtrières de la poudrière de l’ex-camp militaire de Mpila, à Brazzaville, le 4 mars 2012. Six ans après, des familles entières sont toujours dans la précarité, en dépit des mesures urgentes prises par le Gouvernement (allocations d’urgence, relogement de quelques familles à Kintelé, reconstruction des maisons dans certains quartiers, etc). Dans l’entre temps, le deuil persiste auprès des parents de 250 victimes de ce drame qui plongea les Congolais dans un effroi paralysant.

Au jour anniversaire de ce drame, le Gouvernement, par l’entremise du ministre Antoine Nicéphore Thomas Fylla Saint-Eudes, a déposé une gerbe de fleurs devant la stèle érigée en mémoire des victimes, au centre-ville de Brazzaville.
Tristesse, désarroi et pleurs étaient visibles sur les visages de tous ceux qui étaient présents. «La République n’oublie pas ses morts, nous voulons faire remarquer de manière collective, que le drame du 4 mars reste présent dans la mémoire. Voilà pourquoi au nom du Gouvernement, je viens déposer une couronne de fleurs, pour dire que nous sommes avec nos morts, les déplacés et tous ceux qui ont subi de dégâts matériels et physiques», a dit le ministre Antoine Nicéphore Thomas Fylla Saint-Eudes.
Pour le maire de Talangaï, Frédéric Privat Ndéké, six ans après, le sentiment reste le même. «C’est un regret d’avoir perdu autant d’âmes à cause de ce drame. Chaque année, nous venons sur ce site à côté des parents des victimes pour leur dire que la République n’oublie pas ses enfants». Il a indiqué que plusieurs mesures ont été prises après le 4 mars 2012, à savoir l’octroi d’une indemnité d’urgence, les logements de certains sinistrés volontaires au site de Kintélé et la construction des hangars pour les résidents. «Ces trois mesures accompagnaient la possibilité que ces sinistrés aient un abri. Concernant la construction de leurs maisons, le président de la République venait de prendre un décret instituant une commission nationale dirigée par le ministre d’Etat Nsilou et tout ceci coordonné par le premier ministre Clément Mouamba. A partir de ce nouvel élan, les choses vont aller vite. Nous avons eu un premier contact avec ces différences associations pour étayer les différents problèmes qui restent non résolues jusqu’à ce jour», a-t-il annoncé.
 Visiblement abattu, le président de l’Association des blessés et invalides du 4 mars 2012, Brunel Elenga, pense que la tragédie de Mpila a laissé derrière elle plusieurs dégâts tant matériels qu’humains. «Nous sommes les rescapés de ce malheureux évènement, nous sommes venus nous recueillir pour avoir une pensée pieuse aux victimes de cette catastrophe», a-t-il déclaré.
A noter qu’une messe en mémoire des victimes du 4 mars a été célébrée par Mgr Victor Abagna Mossa, évêque d’Owando, à la Paroisse Notre-Dame de Fatima.
Mais malgré les commémorations, les sinistrés attendent toujours la concrétisation des engagements pris par le président de la République lors de son adresse sur l’Etat de la nation, le 13 août 2013, devant le parlement réuni en congrès, à savoir: la tenue d’un dialogue citoyen avec les propriétaires des parcelles, prélude à toute opération de reconstruction dans les zones du sinistre; le relogement des propriétaires des maisons détruites dans les logements sociaux de Mpila, en attendant qu’ils regagnent leurs habitations après la reconstruction; le dédommagement des opérateurs économiques ayant perdu leurs biens à usage commercial.
A rappeler que les explosions des casernes de Mpila avaient fait environ 250 morts, près de 2500 blessés, des dégâts matériels importants et environ 17.000 sans-abris qui n’ont toujours pas été relogés. Ils se plaignent et appellent l’Etat à prendre ses responsabilités même s’il a relogé quelques centaines d’autres sinistrés dans la banlieue nord de Brazzaville.

Aybienevie
N’KOUKA-KOUDISSA

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