Presse : Reporters sans Frontières s’inquiète de l’état de santé de Ghys Fortuné Dombe Bemba

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Organisation non gouvernementale internationale ayant pour objectif la défense de la liberté de la presse et la protection des sources des journalistes, Reporters sans frontières (RSF) se dit très préoccupée par l’état de santé du directeur de publication Ghys Fortuné Dombé Bemba, «détenu arbitrairement depuis plus d’un an». Aussi appelle-t-elle les autorités congolaises à le «libérer dans les plus brefs délais et les tient responsables de sa santé».

 

Cela fait plus d’un an que l’état de santé du directeur de publication de l’hebdomadaire indépendant Talassa, Ghys Fortuné Dombé Bemba, ne cesse de se détériorer dans une des cellules de la Maison d’arrêt de Brazzaville, en République du Congo. D’après des informations recueillies par RSF, le journaliste se trouvait dans un état critique jusqu’à ce qu’il soit admis en soins intensifs à la clinique COGEMO de Brazzaville le 22 janvier dernier. Bien que son état de santé ne se soit pas réellement amélioré, Ghys Fortuné Dombé Bemba a été reconduit de force en prison le 16 février dernier, en l’absence de son avocat et de son médecin», constate Reporters sans frontières. Et de poursuivre: «Le journaliste est maintenu en détention arbitraire, depuis le 11 janvier 2017, pour avoir publié une déclaration de l’ancien chef rebelle, Frédéric Bintsamou, lui-même accusé de commettre des exactions dans le département du Pool, dans le sud-est du Congo, depuis avril 2016. Officiellement, le journaliste est accusé “d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat en relation avec un ancien chef rebelle”, mais n’a toujours pas comparu devant un tribunal. Prolonger la détention arbitraire de Ghys Fortuné Dombé Bemba, alors qu’il est dans un état de santé critique est une punition cruelle, indigne et illégale, dénonce Reporters sans frontières. Nous craignons pour sa vie. Ghys Fortuné Dombé  Bemba doit, au plus vite, être de nouveau hospitalisé et réintégrer une unité de soins intensifs. Continuer de le priver de soin reviendrait de facto à le condamner, nous tenons les autorités congolaises responsables de son sort».
Selon Antoine Bernard, le président de RSF, Ghys Fortuné Dombe Bemba «souffre de maladies cardio-vasculaire, neurologique, il a des problèmes de circulation sanguine, des problèmes à l’œil qui exigent un traitement médical urgent. Sa détention en l’état, s’il était prolongée dans ces conditions, équivaudrait à une condamnation à mort».
«Reporters sans frontières lance aujourd’hui un appel au Président Sassou-Nguesso. Monsieur le président, procédez au transfert immédiat de Ghys Fortuné Bemba en soins intensifs, à la clinique d’où il a été extrait. Le maintenir aujourd’hui à la prison de Brazzaville, dans ces conditions, c’est le condamner à mort, voire l’exécuter. Chaque jour compte. Je le répète, son état de santé est absolument épouvantable et alarmant», soutient-il.
Plusieurs organisations congolaises de défense des droits de l’homme avaient déjà signalé, début novembre 2017, les maladies graves dont souffrait Ghys Fortuné Dombé  Bemba depuis qu’il était détenu et avaient demandé sa libération.
Le 18 septembre 2017, RSF et le comité pour la protection des journalistes avaient adressé une lettre au président Denis Sassou-Nguesso pour lui demander la libération immédiate de Ghys Fortuné Bemba.
Le journal «Talassa» a été interdit de parution le 12 janvier 2017.

Sévérine EGNIMBA

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