Elections au Conseil national des pharmaciens : Les pharmaciens en posture de rébellion

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

À l’issue de l’assemblée générale tenue lors de la journée de l’Ordre,  le 23 février, à Brazzaville, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens du Congo, présidé par le Dr Hyacinthe Ingani, et le Syndicat national des pharmaciens que dirige Edmond Mampouya, ont dénoncé l’intrusion du ministère de la Santé dans les élections des instances dirigeantes de cette institution. En rappelant le caractère libéral de la profession de pharmacien et l’indépendance de l’Ordre des pharmaciens.

 

Les deux structures ont rappelé que le métier de pharmacien est une profession libérale, et que l’initiative prise Mme Jacqueline Lydia Mikolo, ministre de la Santé et de la population, de convoquer une assemblée générale en vue de d’organiser les élections des différentes instances de l’institution ordinale, est à l’opposé des lois et règlements régissant la profession. En somme, une violation flagrante des principes découlant des dispositions légales et règlementaires.
Aussi les deux structures lui ont-elles demandé l’annulation pure et simple des notes de service et des circulaires pris pour convoquer les élections des instances dirigeantes de l’Ordre.
Les participants ont par ailleurs souligné que l’ingérence du ministère de la Santé dans les attributions relevant exclusivement des institutions ordinales peut être sujet à un grand contentieux pour l’Etat, quant à la légalité et la légitimité des instances dirigeantes pouvant naître de l’assemblée générale que compte organiser le ministère. «Cela peut entrainer la désorganisation de l’exercice de la pharmacie qui est un maillon essentiel du système sanitaire. L’Ordre national des pharmaciens a pour objet le contrôle de l’accès à l’exercice de la profession, la défense de l’honneur et de l’indépendance de la pharmacie ainsi que le respect des devoirs professionnels», souligne le communiqué final sanctionnant les travaux, lu par la doctoresse Alphonsine Atta, présidente départementale de l’Ordre des pharmaciens de Brazzaville et Zone Nord.
A l’ouverture des travaux, le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens du Congo, le Dr Hyacinthe Ingani, avait invité ses collègues à placer les intérêts de la population au-dessus de tout.
Le ministère n’a pas tardé à réagir, en rappelant que selon l’article 8 de son texte de création, «la durée du mandat des membres élus du CNONPC est de 4 ans non renouvelable». Par conséquent, ce bureau a perdu sa légitimité et sa légalité. Le Dr Boniface Okouya, directeur de la pharmacie et du médicament ne décolère pas. Au cours d’une conférence de presse le mardi 27 février 2018 au Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU-B), il a martelé que la qualité de membre d’un bureau de l’Ordre se perd en fin de mandat. Dans le cas d’espèce, le conseil national de l’Ordre national des pharmaciens du Congo élu et mis en place le 9 août 2003 est entré dans l’illégalité depuis 2007.
«La commission nationale d’organisation des élections au sein des Ordres professionnels de la santé placée sous l’autorité du ministre de la Santé et de la population est chargée de préparer les élections au sein des ordres nationaux des médecins, des pharmaciens et des sages-femmes; d’organiser les élections des membres des bureaux de ces différents Ordres; de convoquer et superviser les élections dans les assemblées constitutives des ordres professionnels de la santé et d’installer les membres des bureaux élus dans leurs fonctions», a rappelé Boniface Okouya.
L’Ordre des pharmaciens est sous la tutelle du ministère de la Santé. «Vous allez vous-même organiser les élections pour les présenter à qui? Quel est le Gouvernement qui va reconnaitre cet ordre ? Personne ne va le reconnaitre !  Il a ajouté, pour qui feindrait de l’ignorer»: «Quand la loi est votée, pour le changer, il faut repartir vers le parlement. Nous ne souhaitons pas que la profession pharmaceutique soit divisée par l’interprétation d’un article. L’ordre n’est pas un parti politique, c’est un organe de régulation», a conclu le directeur de la pharmacie et du médicament.

Viclaire MALONGA
et KAUD

Informations supplémentaires