Sénat : Le Gouvernement sommé de s’expliquer sur les pénuries de carburant

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Une séance des questions d’actualité a eu lieu au Sénat, sous la présidence de Pierre Ngolo, jeudi 22 février 2018, à l’initiative du sénateur Zely Pierre Inzoungou-Massanga, premier vice-président de la commission défense et sécurité. Elle a porté sur les pénuries récurrentes de carburant à Brazzaville. De longues files d’attente étaient encore visibles devant les stations-service la semaine dernière, et de nombreux vols ont été supprimés par manque de kérosène. Comme autres conséquences, les Brazzavillois ont connu une hausse vertigineuse des prix dans les transports en commun. Le Gouvernement, conduit par le vice-premier ministre Firmin Ayessa, a dû répondre.


Zely Pierre Inzoungou-Massanga s’est étonné que cette pénurie de carburant n’intervienne pas tous les cinq ou dix ans, mais plusieurs fois dans l’année. «Cela peut donner à penser qu’il est planifié et entretenu, puisque par ailleurs, une contrebande s’organise et opère au vu et au su de tous. Ceci est d’autant plus impensable que le Congo est un pays producteur de pétrole et qui possède en plus une raffinerie des produits pétroliers en état de fonctionnement. Le phénomène peut donner lieu à des interprétations de tous ordres», a affirmé l’auteur de l’interpellation. Un accord de cessation des hostilités a été signé avec le rebelle Ntumi, pourquoi les camions citernes doivent-ils toujours être convoyés par l’armée appuyée par les hélicoptères ou que le trafic sur le Chemin de fer reste encore paralysé?
Le vice-premier ministre Firmin Ayessa a commencé par expliquer que les pénuries de carburant peuvent provenir des difficultés de la CORAF à produire et à importer. Mais il a, tout de suite, reconnu que cela «n’est pas le cas actuellement». Selon lui, les pénuries actuelles sont plutôt imputables aux difficultés de transport entre Pointe-Noire et Brazzaville. «Le CFCO est bloqué depuis plusieurs mois. Par la route, il nous est pas possible de faire convoyer des quantités suffisantes pour assurer à la ville de Brazzaville l’autonomie nécessaire en produits pétroliers», a affirmé Firmin Ayessa.
Il a fait noter que pendant les temps de pénurie à Brazzaville, la ville de Pointe-Noire et tous les départements du sud-ouest connaissaient une situation normale. Toutes ces difficultés et les dysfonctionnements liés à cette situation sont connus du Gouvernement, a-t-il assuré. «Il s’attelle à trouver des solutions durables et pérennes. Le Gouvernement est préoccupé par cette fâcheuse situation et s’en occupe réellement. «Cette situation est en voie de normalisation», a-t-il rassuré.
Lui emboîtant le pas, le ministre Pierre Oba, assurant l’intérim de son collègue des Hydrocarbures, est allé dans le même ordre d’idées que le vice-premier ministre, en évoquant des dysfonctionnements dans le système logistique. «Les escortes des camions citernes ont désormais lieu tous les 10 ou 14 jours après un assemblage de 100 camions citernes. Ce qui cause d’énormes retards se traduisant par l’asséchement continu des bacs au niveau du dépôt de Brazzaville», a informé le ministre Pierre Oba.
Comme solution alternative, le ministère des Hydrocarbures a décidé les approvisionnements en carburant de Brazzaville via Kinshasa, en RDC, ce qui ajoute aux coûts. .
Parmi les dispositions prises par le Gouvernement pour faire face à ces perturbations, il est prévu la construction d’une nouvelle raffinerie, en vue de répondre aux besoins du marché local, la construction d’un complexe pétrochimique d’une capacité de 1.200.000 tonnes par an et l’augmentation des capacités de sauvetage de la SCLOG, ainsi que la libéralisation totale par l’Etat des activités du secteur pétrolier en aval.
Le ministre a annoncé la réception le 21 février dernier, en provenance de Kinshasa, de 300m3 de GFA1 pour le compte de la SNPC, de 3100 m3 de super carburant pour le compte de l’AOGC distribution. «Un convoyage de 42 camions citernes dont 7 de butane, 10 de super carburant, 17 de gas-oil et 1 de pétrole lampant au départ de Loutété a été réceptionné et la livraison dans les stations-services est également en cours. Une importante livraison est très prochainement prévue en provenance de Kinshasa, 5000 tonnes de super carburant pour le compte de X-Oil Congo et 600 tonnes de super carburant pour le compte de Puma Congo», a-t-il rassuré.

Cyr Armel YABBAT-NGO

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