Parlement : Isidore Mvouba ordonne l’ouverture d’enquêtes parlementaires sur les cas avérés de crimes économiques et de corruption

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Les deux chambres du Parlement congolais ont procédé le 1er févier 2018, au palais du Parlement à Brazzaville, à l’ouverture de leurs 2èmes sessions ordinaires dites administratives, sous les auspices d’Isidore Mvouba et Pierre Ngolo, présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. L’occasion pour Isidore Mvouba d’ordonner l’ouverture des enquêtes parlementaires sur les cas avérés de crimes économiques et de corruption.

Le président de la chambre haute est, quant à lui, revenu sur le budget 2018 qui placerait le Congo, selon lui, «dans une position favorable à la conclusion d’un accord avec le FMI ».

Dans son allocution, Isidore Mvouba est revenu sur la question de la corruption qui gangrène l’Afrique. «Le Congo est confronté à cette problématique depuis plusieurs années. Il s’agit d’un fléau engendré par la mauvaise gouvernance», a-t-il précisé. Les solutions palliatives mises en œuvre par le Gouvernement se sont toutes avérées inefficaces, à l’instar de la création des organes dédiés à ce problème comme la Commission nationale de la lutte contre la corruption, la concussion et la fraude, le Commissariat national aux comptes, la Cour des comptes, les mécanismes de contrôle parlementaire de l’action gouvernementale.
Isidore Mvouba pense que «le phénomène a gagné en ampleur, avec des effets pervers et néfastes sur les finances publiques. Le Fonds monétaire international a recommandé des actions vigoureuses pour lutter contre la corruption et renforcer la bonne gouvernance». Il a cité les structures nationales et internationales qui ont épinglé notre pays sur la corruption.
Il a donné acte à la Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude qui a publié récemment un rapport d’enquête qui dénonce la mauvaise gestion des fonds publics dans les domaines de la santé, de l’éducation et du social. «La Commission a eu le courage de stigmatiser avec force la mauvaise gouvernance au niveau des entreprises stratégiques», a-t-il souligné.
Fort de ce rapport d’enquête, Isidore Mvouba a ordonné à la Commission économie, finances et contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale de se pencher sur les cas avérés, «soit pour interpeller les ministres de tutelle, soit pour ouvrir sans délai des enquêtes parlementaires. Le Congo est classé au bas de l’échelle en 2017 en ce qui concerne le marqueur de perception de la corruption de «Transparency International». Notre pays occupe en effet le 159ème rang sur 177 pays, et dans l’indice Mo Ibrahim de la gouvernance en Afrique, nous sommes classés 42e pays», a-t-il rappelé.
Le président de l’Assemblée nationale a laissé entendre que le Congo est menacé d’être exclu de nouveau de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives. Mais la communauté internationale est prête à aider le Congo, a soutenu Isidore Mvouba.
«Une telle action pour être menée à bien nécessite des prérequis: une adhésion des acteurs, des populations et des parlementaires à la lutte contre la corruption; un diagnostic informé sur la question, décrivant par le menu le phénomène; un renforcement des capacités des principaux acteurs de la lutte contre la corruption et une mise en place d’une stratégie à court, moyen et long terme de lutte contre la corruption, appuyée par un nouveau plan d’action plus cohérent et plus offensif», a-t-il suggéré.
Parlant du Pool, Isidore Mvouba a salué l’accalmie qui prévaut actuellement dans ce département meurtri, nonobstant des actes de banditisme résiduels signalés çà et là. Selon lui, seule une solution globale et inclusive est de nature à régler cette question qui touche plusieurs composantes, notamment les ninjas nsiloulous déconnectés et perdus; les populations déboussolées dont la situation mérite, entre autres, une prise en charge psychologique; les jeunes plongés une fois de plus dans les profondeurs abyssales de l’analphabétisme et de l’ignorance; les femmes qui ont été victimes les plus exposées, maintes fois violées et humiliées; le tissu économique du département complètement désarticulé et délabré, au moment où des projets importants et structurants étaient en cours de réalisation. Il a parlé du «cas Ntumi en tant que tel comme un casse-tête chinois. Oui, des questionnements sur les dispositions à prendre pour éviter la récidive doivent trouver des solutions idoines», a laissé entendre Isidore Mvouba qui s’est interrogé si les crimes de sang devraient restés impunis.
«Les ex-combattants doivent-ils regagner leur vivier pour cohabiter avec leurs victimes? Quelle solutions adopter ?», s’est-il interrogé. «Celles qui relèvent de la justice, ou alors, une solution de sagesse bantoue du genre lavement des mains, ou celle  du genre vérité et réconciliation expérimentée par l’Afrique du Sud ? La problématique du Pool ayant dépassé les limites de ce département, c’est à ces questionnements que la nation devra s’inviter pour trouver des réponses adéquates et définitives. L’Assemblée nationale, quant à elle, ne ménagera aucun effort pour accompagner, dans cette tâche multidimensionnelle, le Gouvernement, les organismes internationaux afin de ne plus vivre, pour une troisième fois, cette parenthèse de sang», a-t-il conclu.
Le président du Sénat Pierre Ngolo est, quant à lui, revenu le budget 2018. Il a balisé la voie menant à la signature avec le partenaire qu’est le FMI « dont nous avons grand intérêt à ce qu’il nous accompagne dans la gestion de ces temps d’austérité», a-t-il déclaré. Il a invité les sénateurs à se mettre véritablement à leur place afin que leur action soit d’un apport réel dans la conduite de la cité Congo vers la transparence, la bonne gouvernance pour le renforcement de la démocratie. Pour lui, le pays souffle un air de détente et d’espoir consécutif à l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités signé le 23 décembre 2017 dernier à Kinkala.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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