Crise du Pool : Pour une levée du mandat d’arrêt contre le Pasteur Ntumi

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Telle est l’une des recommandations prises par les membres de la commission ad hoc mixte paritaire, chargée de l’application de l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités dans le Pool, signé le 23 décembre dernier à Kinkala, entre le Gouvernement et le représentant de Pasteur Ntumi. C’était à l’issue de la clôture des travaux de cette commission qui se sont tenus à Brazzaville, du 18 au 20 janvier 2018, sous la supervision du ministre Raymond Zéphyrin Mboulou.

 

Le Pasteur Ntumi pourra recouvrer tous ses droits et libertés, après le mandat d’arrêt émis contre lui par le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Brazzaville, André Gakala-Oko, en avril 2016. Les membres de la commission mixte paritaire ont formulé au Gouvernement la recommandation de prendre toutes les mesures allant dans ce sens.
En échange, Ntumi s’engagerait à garantir le respect l’application de l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités dans le département du Pool du 23 décembre 2017 aussi bien dans ses communications que dans ses actes.
Par ailleurs, les membres de la commission mixte paritaire ont réaffirmé, à l’unanimité, que les activités relatives à l’information et à la sensibilisation des populations sur le bien-fondé de cet accord sont absolument indispensables pour permettre au Gouvernement d’exécuter cette tâche. Pour eux, le Pasteur Ntumi serait l’ambassadeur le plus efficace auprès des ex-combattants nsiloulous.
Sur la démobilisation, l’insertion et la réinsertion des ex-combattants, la commission a considéré que les actions  y relatives devraient se matérialiser par la création des centres locaux de démobilisation où les ex-combattants seraient identifiés et enregistrés.
Quant au point sur la normalisation de la vie dans le Pool, les membres de la commission ont reconnu que pour parvenir à la paix souhaitée, il est nécessaire de consolider le cessez-le-feu et l’arrêt des hostilités en vue de rétablir l’autorité de l’Etat par la réinstallation des autorités administratives, judiciaires et le redéploiement de la Force publique là où cela est nécessaire.
La restauration de la libre circulation des personnes et des biens, en procédant à la suppression systématique des barrières informelles sur toutes les voies de communication traversant le département du Pool, ainsi que leur sécurisation font également partie des conditions requises. Dans cette perspective, la commission a estimé qu’il est nécessaire de réinstaller les populations dans leurs localités d’origine. Une opération qui sera précédée par l’organisation de campagnes de vulgarisation des dispositions de l’accord et du processus de paix.
S’agissant du ramassage des armes détenues par les ex-combattants ninjas-nsiloulous, il a été retenu que pour le succès de cette opération, il est essentiel de recenser et d’identifier avant tout les ex-combattants, afin d’éviter toute intrusion, tout comme l’implication de Ntumi à la réussite de cette opération.
Clôturant les travaux de cette commission, le ministre Raymond Zéphirin Mboulou a pris l’engagement de porter sur la table du Gouvernement les recommandations adoptées et la feuille de route. A lui, de prendre toutes les mesures nécessaires pour que la paix soit effective et revienne définitivement dans le Pool.
L’idée d’abandonner le mandat d’arrêt contre le pasteur Ntumi a suscité des réactions au sein de l’opposition et de la société civile congolaises. Elles exigent que les victimes soient indemnisées et que les auteurs des crimes soient punis.
Opposant politique, Paul-Marie Mpouélé salue l’accord de paix dans le Pool, soutient les actions de la commission ad hoc, chargée de son application et sa proposition de faire sauter le mandat d’arrêt contre le pasteur Ntumi. Mais, pour lui, la paix passe aussi par l’indemnisation des victimes de la guerre. De son côté, Roch Euloge Nzobo, acteur de la société civile, estime que les crimes commis dans le Pool ne doivent pas rester impunis sur l’autel de la politique.
A signaler que le mandat d’arrêt émis contre le pasteur Ntumi en avril 2016 concernait également deux de ses lieutenants: son jeune frère Sylvain Richard Bintsamou, alias Gozardio, Elie Malanda, alias pasteur Elie. Ces trois hommes sont poursuivis pour détention illégale d’armes et munitions de guerre, vol, incendies volontaires des biens, assassinat, tentative d’assassinat et atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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