Collectivités locales : Grandeurs et misères de la décentralisation

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Tout laisse à penser que la décentralisation marche au Congo, alors qu’elle est un gros fardeau. Traînée par la nation, elle constitue un vrai boulet, un frein à son développement.

 

«Solliciter la modération du Sénat, au sujet de la mise en œuvre de la décentralisation dans notre pays en général, et en particulier, au sujet de la pertinence, et de l’obligation constitutionnelle de son financement». Tel était le but de la rencontre organisée le lundi 8 janvier 2018, sur initiative du collectif des présidents des conseils départementaux et municipaux.
Ils étaient furieux. Et, ils l’ont fait savoir par l’entremise de leur porte-parole, Jean Fabien Bakoté, président du conseil départemental de la Likouala. «Nous aurions pu depuis fort longtemps dynamiser notre agriculture, améliorer la qualité de l’éducation de base et celle des soins de santé primaire», a-t-il attaqué. Malheureusement, «cette décentralisation est au point mort»,
«Aucun transfert de compétence n’a été réalisé à ce jour depuis 2013, et pour l’année 2018 aucune perspective n’est envisagée dans ce sens. Tout porte à croire que la décentralisation au Congo est un fardeau que traine la nation et qu’elle serait un frein au développement», a-t-il constaté.
Pour lui, tous les Gouvernements successifs depuis 2003, année du renouveau de notre décentralisation, ont toujours considérés les collectivités locales comme la dernière roue du carrosse. «Même au fort moment de gloire de notre situation budgétaire, le ministère chargé des finances n’a jamais daigné décaisser la totalité des dotations allouées aux collectivités locales par le budget de l’était, engendrant ainsi une dette colossale non  inventoriée par la nation: cette dette est constituée des arriérés des salaires, de la dette envers les caisses de sécurités sociales et de la dette fournisseurs», a-t-il dit.
A ce jour, les collectivités locales n’ont pas eu de dotations, malgré les directives du chef de l’Etat qui avait prescrit de payer tout le monde au mois de décembre et leur personnel croupit sans salaire depuis 13 mois !
Le collectif des présidents des conseils départementaux et municipaux a demandé au président du Sénat de contacter en urgence le président de le République, afin que des ordres précis soient donnés au premier ministre pour verser une partie des dotations au titre de l’année 2017, aux fins d’assurer le paiement des salaires du personnel, d’inscrire au titre de l’année 2018 au budget de l’Etat des dotations prévues par la loi et de s’assurer par la suite que les décaissements seront effectifs.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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