Crise du Pool : Le camp de Ntumi a signé la paix, mais le pasteur dément !

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

«Aucun Congolais ne doit plus perdre sa vie pour un conflit dont il ne connait ni les tenants, ni les aboutissants». Dans le souci de rétablir et de consolider la paix dans le département du Pool, le Gouvernement et le Révérend Pasteur Ntumi, représenté par Jean Gustave N’Tondo, ont signé, samedi 23 décembre 2017, à Kinkala, chef-lieu du département du Pool, un accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités déclenchées il y a plus d’une année par les ex-combattants Nsiloulous.

C’était dans la salle de conférence de l’hôtel du Conseil départemental du Pool, sous la supervision de Raymond Zéphyrin Mboulou, ministre de l’Intérieur et du développement local, en présence du colonel Georges Kilebé, Préfet du département du Pool.

De très hautes autorités de la force publique sont également venues donner du poids et de la crédibilité à un événement que rien n’avait annoncé: le général Jean-François Ndengué, directeur général de la police, le général Jacques Mbouiti, inspecteur général de la police, les chefs de villages et des quartiers, les sages et notables du Pool, etc. Du côté gouvernemental, l’accord a été paraphé par le colonel François Ndé, conseiller à la sécurité du ministre de l’Intérieur.
Une lueur d’espoir est-elle enfin permise? C’est le moins que l’on puisse espérer à la suite de cet accord de Kinkala, qui va tenter de mettre un terme à un an et sept mois de crise armée qui a occasionné des milliers de déplacés et entrainé plusieurs morts, ainsi que de nombreux dégâts matériels.
Cet accord enjoint au Révérend Pasteur Ntumi de cesser le feu et d’arrêter les hostilités; de faciliter le ramassage des armes détenues par les ex combattants et de les remettre à la commission et aux institutions habilitées; de ne créer aucune entrave à tout processus conduisant au rétablissement de l’autorité de l’Etat dans le Pool, à la libre circulation des personnes, des biens et des services, notamment sur les rails, les routes nationales et secondaires, et à laisser le déploiement de la force publique dans le département.
Pour sa part, le Gouvernement s’est engagé à garantir: la sérénité, l’application et le parachèvement du processus de paix; le processus de démobilisation, de réinsertion sociale, professionnelle et économique des ex-combattants après le ramassage des armes; la réinsertion des populations dans leurs localités d’origine; la libre circulation des personnes, des biens et des services dans le Pool; l’allégement progressif des dispositifs militaires, dans les zones de conflits sous le contrôle de la commission mixte paritaire qui devra être mise en place pour veiller à la poursuite du processus de paix et à l’application stricte de cet accord.
Se réjouissant de la signature de cet accord, le ministre Raymond Zéphirin Mboulou a, dans son allocution de circonstance, souligné la nécessité de mener jusqu’au bout le processus de rétablissement de la paix dans le Pool. Pour lui, la vie de chaque Congolais est tellement précieuse qu’en cette période de fin d’année, «le président de la République, en père de la nation, pense qu’il faut aller au bout de la logique de paix pour préserver des vies parce que la paix, c’est le prix de la vie. Et, aucun Congolais ne doit plus perdre sa vie pour un conflit dont il ne connait ni les tenants, ni les aboutissants», a-t-il indiqué. «Nous pensons que là, c’est fini. Nous allons travailler pour la paix de notre département et de notre pays», a dit le ministre de l’Intérieur.
Si la ville de Kinkala a été choisie pour signer l’accord, c’est à cause du symbole qui s’y rattache et pour délivrer, selon le ministre Mboulou, le message que le président de la République l’a chargé de porter: mettre un terme définitif à la situation qui perdurait et permettre au département du Pool, dans son intégralité, de reprendre le cours normal de la vie.
Après la signature de l’accord à Kinkala, Jean Gustave N’Tondo, sitôt arrivé à Brazzaville, a animé une conférence de presse dans les locaux du ministère de l’Intérieur, afin d’apporter plus d’éclaircissements. D’entrée de jeu, l’orateur a commencé par manifester sa satisfaction. Pour lui, la date du 23 décembre 2017 est un grand jour pour les  Congolais. «Le cessez-le-feu est signé», s’est-il réjoui.
Quant à savoir s’il avait reçu mandat du Révérend Pasteur Ntumi pour apposer sa signature sur cet accord, Jean Gustave N’Tondo a rassuré. «Nous sommes bien les représentants de Pasteur Ntumi: moi et Franck Euloge Mpassi. Si tel n’était pas le cas, nous ne nous serions pas permis de venir signer un tel accord par fantaisie. Récemment, vous l’avez suivi sur les réseaux sociaux, il avait bel et bien cité nos deux noms. Ce qui prouve que nous sommes ses représentants».
Rappelons que le Gouvernement et le Conseil national de résistance (CNR) avaient signé, en 2003, des accords croisés de cessez-le-feu et de cessation des hostilités qui, malheureusement, n’avaient jamais été mis en pratique ni respectés. Le département du Pool a replongé dans la violence en 2006. Les journalistes ont voulu savoir si cette fois-ci l’accord était sincère.
«Je vous promets, cette fois-ci, nous espérons pouvoir tenir le bon bout du fil. Nous sommes quand-même des grands garçons, nous n’allons pas comme ça tous les jours retomber dans les travers. Nous allons tenir le bon bout de la corde. Je le crois, le Révérend Pasteur Ntumi qui nous a délégués le croit aussi. Il est fermement attaché à cette paix. Il nous a délégués pour signer ce cessez-le-feu pour que nous allions vers cette paix. Je suis, en son nom, heureux que nous ayons signé cet accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités qui rentre en vigueur dès aujourd’hui», a assuré Jean Gustave N’Tondo qui pense qu’avec la signature de l’accord, le Pasteur Ntumi devrait pouvoir sortir. Et, «il va sortir !».
A signaler que le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahatmat, et le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, ont salué la signature de cet accord.
Pour sa part, le président de l’UDH-Yuki et député du district de Kinkala 2, Guy Brice Parfait Kolelas, a, dans une déclaration, pris acte de la signature de cet accord dont il a toutefois relevé des zones d’ombre qui, selon lui, doivent être éclaircies.   
 
Cyr Armel
YABBAT-NGO

Informations supplémentaires