Adoption des enfants au Congo : Un monde de magouilles méconnues et de lois piétinées

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Présidente de la Fondation Sodios et gestionnaire de l’orphelinat ‘’Lumière de l’espérance’’, Bernadette Bephangayahou est sortie de son silence pour dénoncer les mauvaises pratiques d’adoption qui ont cours dans la ville de Pointe-Noire et partant, attirer l’attention des autorités pour qu’elles y mettent fin. C’est suite aux faits et gestes constatés dans son orphelinat, lesquels sont un réel danger pour les enfants qu’elle reçoit, que Bernadette Bephangayahou a décidé de témoigner dans nos colonnes des conditions d’adoption des enfants on ne peut plus à l’opposé des lois en vigueur dans notre pays, afin de lever le voile sur cette réalité méconnue.

 

La colère de la présidente de la Fondation Sodios part d’une récupération dans son orphelinat d’un enfant, suite à une main levée délivrée par la présidente du tribunal pour enfants et exécutée par un huissier de justice, accompagné de la Force publique.
Répondant au nom de Saint Bernard et abandonné par sa mère quelques heures seulement après sa naissance, cet enfant a été récupéré de force sans explication aucune.
Il y a peu, une histoire similaire s’est reproduite avec un bébé de sexe masculin de six mois, Bel-Ange Ys Loulick. Les faits: il y a trois mois, une dame établie en France a appelé son orphelinat pour une demande d’adoption d’un enfant. Arrivée sur place, tous les documents et renseignements concernant l’adoption ou le parrainage d’un enfant lui ont été présentés. Il lui a été signifié en outre que la procédure d’adoption ne pouvait commencer qu’après six mois révolus de l’âge de l’enfant, considéré comme pupille de l’Etat. Ce faisant, la dame se devait d’enclencher une procédure légale dans son pays, pour que lui soit délivré l’agrément et le rapport psychologique. Malheureusement, les choses ne se sont pas passées ainsi. La dame a nargué la responsable de l’orphelinat en lui disant qu’elle avait une relation au tribunal pouvant diligenter autrement la procédure.
Et contre toute attente, un huissier de justice accompagné de la Force publique est venu récupérer l’enfant à l’orphelinat pour l’amener chez la dame, foulant au pied la procédure légale en la matière. Alors que la loi n°04-2010 du 10 juin 2010 portant protection de l’enfant en République du Congo dispose en son article 3 que «L’intérêt supérieur de l’enfant est sa considération primordiale dans toutes les mesures et décisions le concernant.»
En mai 2017, bien avant cette affaire, les responsables de l’orphelinat avaient aussi reçu par le truchement de la Gendarmerie des enfants jumeaux. Mais, des personnes se sont présentées chez la juge des enfants, et sans enquête ni présence des responsables de la direction départementale des Affaires sociales, ces enfants lui ont été retirés et remis à des tiers. Quelques jours plus tard, sans explications aucunes, ceux-ci sont revenus à l’orphelinat les  «rendre». Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, le 5 décembre dernier, l’orphelinat a encore reçu une main levée de la justice lui demandant de remettre les jumeaux aux mêmes personnes. Bizarre!
Devant tous ces faits qui sont loin d’être conformes à la loi, Bernadette Bephangayahou demande aux autorités de s’investir plus dans ce domaine, pour mettre fin aux mauvaises pratiques d’adoption récurrentes dans notre pays. «Je regrette, a-t-elle conclu, dépitée, le fait que la majorité de tous les enfants mineurs en danger subissant des châtiments corporels graves de la part de leurs parents sadiques et qui sont conduits devant la juge des enfants, sont souvent ou presque remis à leurs parents-bourreaux».

Equateur Denis NGUIMBI

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