Entretien avec l’Abbé Albert Kimbembe : Les questions d’environnement sont aussi au centre des préoccupations de l’Eglise

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La pastorale de l’environnement prend pied dans l’Eglise du Congo. Dans l’archidiocèse de Brazzaville, elle aura une figure et une paroisse de rayonnement: l’Abbé Albert Kimbembé, curé de la paroisse Saint-Michel-de-la Base, définie par Mgr Anatole Milandou comme « la paroisse écologique ». L’Encyclique Laudato Si, du Pape François, semble avoir éveillé l’intérêt des fidèles aux questions écologiques, mais l’Eglise universelle s’y intéresse depuis toujours.  Entretien.

 

* Monsieur l’Abbé, la Pastorale de l’environnement démarre dans l’Archidiocèse, et peut-être au Congo. Qu’est-ce que l’Eglise veut nous faire découvrir précisément ?

** L’idée initiale de l’Archevêque, c’est que parler de la pastorale pour l’environnement, c’est présenter la vision chrétienne sur ces thèmes. Le binôme Religion et développement, le binôme Religion et écologie sont des thèmes dont la préoccupation ne date pas d’aujourd’hui  au sein de notre Eglise. Les papes successifs, le Concile Vatican 2 ont toujours porté cette préoccupation. Aujourd’hui, la peur du futur de la planète met en jeu ces questions qui portent sur l’éthique, la responsabilité et le destin de l’humanité. Loin de regarder seulement ce qui se fait au niveau international, puisqu’il y a des grands-messes qui sont organisées ici et là : la COP23 ou le sommet de Paris récemment, montrent comment, au niveau international, ces questions sont prises en compte et suscitent l’intérêt de tous, même si ça et là, chaque nation a sa manière de le prendre en compte. Mais on sait de façon générale que les Etats sont préoccupés. La dégradation de la situation sociale, économique et environnementale  interpelle notre Eglise. Si au niveau de la base on le ressent moins, au niveau des autorités de l’Eglise, la préoccupation est nette. On pourrait se poser la question : pourquoi une pastorale spécifique de l’environnement, alors que nous avons déjà une pastorale dynamique portée par les mouvements? C’est ce que l’action ecclésiale est rendue visible par la pastorale. Il y a la spiritualité, mais il y a aussi la pastorale qui est une dimension de la mission de l’Eglise, y compris dans l’ordre temporel. C’est le champ d’action où l’Eglise doit rendre visible la foi chrétienne.

*Donc, ici, nous sommes dans la pastorale de l’environnement ?
** De l’environnement et du développement. Ce sont des domaines très vastes qui partent de la Parole de Dieu pour voir comment l’homme doit prendre en compte son environnement.

*On partira, parce que c’est encore en démarrage ?
** C’est en démarrage. Ces questions-là sont restées, même dans notre Eglise, dans les têtes. Ce qui est bien aujourd’hui, c’est qu’on va commencer quelque chose en partant de la base. Parce que beaucoup de fidèles laïcs sont déjà engagés dans des associations ou dans des ministères où ils sont des spécialistes de ces questions-là. Au niveau ecclésial, c’est maintenant que nous aussi nous voulons prendre à bras-le-corps les questions d’environnement et de développement ainsi que leur gestion. Le Patriarche Bartholomée 1er disait que l’environnement, c’est ce qui nous entoure. Alors, comment peut-on ne pas regarder ce qui nous entoure ?  

* Concrètement, comment cela va-t-il se faire dans l’Archidiocèse de Brazzaville ?
** Monseigneur a créé cette commission diocésaine pour la pastorale de l’environnement, qui aura un bureau où vont travailler des prêtres comme des laïcs. On va créer des sous-commissions : une pour l’environnement et une pour le développement. J’ai pensé aussi à mettre en place une autre structure qui est le bureau d’études, qui sera chapeauté par la Commission diocésaine de la pastorale de l’environnement et du développement. Une telle structure sera chargée, notamment, de l’évaluation de toute action.

*Et les fidèles suivent, dans cette pastorale qui leur semble nouvelle?
** Pour le moment, les fidèles ne suivent pas pour la simple raison qu’ils ne sont pas informés. J’ai demandé à chaque paroisse de me proposer deux noms de personnes compétentes sur ces questions d’environnement et de développement. Une fois la commission mise en place, l’information va se répandre.

Propos recueillis par
A.S MIANZOUKOUTA

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