Conflit foncier à Kombé (Madibou) : Le ministre Pierre Mabiala sans pitié pour les spoliateurs

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«Vaincre la délinquance domaniale». Tel est l’objectif de la descente le jeudi 7 décembre 2017 du ministre des Affaires foncières, Pierre Mabiala, à Kombé, dans le 8ème arrondissement Madibou, à Brazzaville. Elle a permis de mettre un terme à l’anarchie domaniale orchestrée par Mme Henriette Mbungu Mampuya qui se disait propriétaire d’un permis d’occuper portant sur une superficie de 12.556.800 mètres carrés.

En l’absence de l’intéressée qui avait choisi de prendre la clé de champs, le ministre a ordonné à Alain Milandou, l’administrateur-maire dudit arrondissement, de prendre un acte administratif annulant ce fameux permis d’occuper qui date de 1981. Par contre, cinq complices ont été arrêtés et placés sous les verrous.

Le permis d’occuper avait été établi le 18 mars 1981 au nom de feu Samuel Mbungu Mampuya, père de la prévenue. Il porte sur quelque 1256 hectares, dans la zone Kombé où elle faisait régner sa loi. Mais dans cette superficie se trouve un espace public de 25 mètres, en bordure du fleuve Congo (les fameux « 25 pas du prince ») où se sont accumulés des matériaux de construction. Bien plus, la fausse propriétaire s’était appropriée des carrières de pierre attribuées ensuite à des exploitants, et mis en place des agents de sécurité chargés de prélever une taxe sur tout camion de caillasse par ailleurs déjà soumis à la taxe du ministère des Mines.
Il y a 7 ans, précisément le 8 novembre 2011, Pierre Mabiala, alors ministre des Affaires foncières, statuant déjà sur ce conflit avait instruit M. Maurice Maurel Kiwoundzou, maire de Makélékélé, de procéder à l’annulation de ce permis d’occuper. La raison : c’est un faux grossier dont même la date de délivrance, un 18 mars ne peut qu’éveiller le soupçon. «Il avait été délivré au cours d’une journée reconnue par tout le monde chômée et payée, sur l’étendue du territoire national de 1978 à 1990. Cette journée était en effet dite celle du sacrifice suprême, une date commémorative de l’assassinat du président de la République Marien Ngouabi», a expliqué Pierre Mabiala.
Le maire n’avait pas obtempéré à l’injonction et Mme Henriette Mbungu Mampuya a continué ses petites activités lucratives sur le domaine. Furieux, Pierre Mabiala, revenu à la tête du département des Affaires foncières, après un passage au ministère de la Justice, est descendu à Kombé, afin de mettre un terme à ce désordre.
Il était accompagné d’Alain Milandou, maire de Madibou et Nicolas Malonga, député de la circonscription, d’élus locaux, de chefs de quartiers, de responsables des services de  sécurité, de gardes domaniaux, d’agents du service de cadastre : une véritable armada judiciaire sur le terrain.
Pour Pierre Mabiala, la loi est claire : «Toutes les ressources naturelles, tant du sol que du sous-sol sont une propriété de l’Etat. Qu’il s’agisse du sable, de la pierre à bâtir, des mines solides et liquides comme le pétrole, toutes ces ressources font partie du domaine public», a indiqué.
Dans cette spoliation, a poursuivi le ministre, «Mme Mbungu Mampuya s’est permise de vendre des terrains sur le fleuve. Son permis d’occuper est un faux. Tout ne concorde pas, sur le plan administratif, cadastral et juridique.». Il a demandé au maire de Madibou qui s’est exécuté de prendre un acte administratif qui annule matériellement ce permis d’occuper avant qu’il ne quitte les lieux.
Certainement informée qu’elle allait être arrêtée, Mme Mbungu Mampuya a disparu. Les gendarmes envoyés à sa recherche ont plutôt amené devant le ministre, trois adjudants de police qui ont déclaré être au service d’un certain Gaël Nguesso, une fiction, selon les populations. Sans pitié, le ministre Pierre Mabiala a immédiatement ordonné leur arrestation. Les deux autres délinquants domaniaux mis aux arrêts au cours de la séance de travail de Kombé, se sont rendus coupables de la spoliation de l’espace réservé à la construction du marché et d’un Centre de santé intégré, au quartier Mantsimou,
 Après Kombé, le ministre des Affaires foncières s’est rendu au quartier La poudrière, situé dans arrondissement 4 Moungali où un grand chantier de construction est en train de se poursuivre sur l’ancien emplacement du magasin d’armes dit «Pyro», non loin de l’avenue menant à la base aérienne. Il s’agit d’une église ICC, dont le pasteur Castanou est le leader. «Cette zone fait partie du domaine public aéroportuaire et celui de la défense nationale», a rappelé Pierre Mabiala. Il a ordonné à la société GTA qui entreprend les travaux, de démonter dans les plus brefs délais ses installations.  

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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