Journée mondiale de lutte contre le SIDA : Où sont passés les antirétroviraux ?

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Célébrée le 1er décembre de chaque année, la Journée mondiale de lutte contre le sida, la 29e du genre, a mis en lumière cette année l’importance du droit à la santé et les défis auxquels sont confrontées les personnes séropositives, en réclamant ce droit qui fait partie des droits fondamentaux des droits de l’homme. Selon l’ONUSIDA, le monde n’atteindra pas les objectifs de développement durable, notamment celui de mettre fin à l’épidémie de SIDA d’ici 2030, si les personnes ne parviennent pas à obtenir le droit à la santé corrélé à un large éventail d’autres droits, notamment le droit à l’assainissement, à la nourriture, aux logements décents, aux conditions de travail saines et à un environnement propre.

Au Congo, cette commémoration n’a donné lieu à aucune manifestation officielle, mais une simple déclaration du Gouvernement lue par Mme Jacqueline Lydia Mikolo, ministre de la Santé et de la Population.
Près de 21 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde sont désormais sous traitement antirétroviral. Les nouvelles infections du VIH ainsi que les décès liés au SIDA sont en train de décliner dans de nombreuses parties du monde. En Europe de l’Est et en Asie Centrale, les nouvelles infections du VIH ont augmenté de 60 % depuis 2010, et les décès liés au SIDA de 27 %.
En outre, l’Afrique Centrale et de l’Ouest est toujours laissée de côté. Deux personnes sur trois n’ont pas accès au traitement. «Nous ne devons pas avoir une approche à deux vitesses pour mettre fin à l’épidémie de SIDA. Malgré tous nos succès, le SIDA n’est pas encore terminé. Mais en s’assurant que chacun, partout, puisse obtenir le droit à la santé, il peut l’être», a déclaré Michel Sidibé, secrétaire exécutif de l’ONUSIDA, secrétaire adjoint des Nations Unies.
De son côté, la représentante de l’OMS au Congo, Mme Fatoumata Binta Tidiane Diallo, a, au nom de la directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, lu une déclaration qui rappelle que tout être humain a droit à la santé, quelle que soit son appartenance sociale. C’est, d’ailleurs, ce qui justifie le thème de cette célébration, à savoir: «Ma santé, mes droits».
Il souligne le fait que chaque personne compte dans les efforts visant à réaliser les progrès les plus rapides et plus durables pour assurer une couverture sanitaire à toutes les personnes visant avec le VIH. «On espère mettre fin au SIDA dans la région africaine d’ici 2030», a-t-elle rappelé, tout en faisant savoir que le nombre de décès à diminuer de moitié voire plus, passant de plus de 1,5 millions en 2015 à environ 720.000 en 2017.
Au Congo, l’action a été mise cette année sur le dépistage en milieu jeune. A ce sujet, le ministère de la Santé, en partenariat avec le Conseil national de lutte contre le sida (CNLS) se propose d’organiser une «campagne de dépistage dans tous les départements. Cette campagne est une nouvelle impulsion pour un meilleur accès de tous au service de prévention et de prise en charge du VIH-SIDA», a expliqué Jacqueline Lydia Mikolo.
Cette initiative a pour but, selon elle, de remobiliser les pouvoirs publics, les organisations de la société civile, le réseau national des personnes vivant avec le VIH, les confessions religieuses, les ministères sectoriels et les partenaires techniques et financiers traditionnels du Congo pour un soutien et un engagement fort. Raison pour laquelle, la ministre a demandé à la population de continuer à mutualiser les efforts pour combattre le VIH.
Il faut rappeler que le Centre de traitement ambulatoire (CTA), situé dans l’enceinte du Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU-B) et créé en 1994 en vue d’une prise en charge des personnes atteintes du VIH, suit à ce jour 3000 patients dont 90% sont sous antirétroviraux. «Il y a deux à trois mois, nous étions en rupture de stock des antirétroviraux. Nous enregistrons plus de patients malades, alors que nous devrions avoir des séropositifs qui ne présentent pas de manifestations cliniques», a déploré le directeur du centre qui a fait constater que 29% seulement de personnes au Congo connaissent leur séropositivité.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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