Finances : La dégradation de la situation du secteur bancaire congolais inquiète les financiers

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Le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) a organisé une réunion de concertation avec les institutions financières du Congo confrontées  à une dégradation de la situation de son secteur bancaire. La cause principale est la conjoncture économique difficile que traverse le pays. 

 

La réunion a eu lieu dans les locaux de la  BEAC pour le Congo, à Brazzaville, vendredi 24 novembre, sous la présidence de Mme  Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, ministre du Plan. Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de la BEAC,  Halilou Yerime Boubakary, secrétaire général de la commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC),  Michel Dzombala, directeur national de la BEAC et Ivan Bacale Ebe Moline, directeur général des études à la BEAC ont pris part à la concertation.
L’activité  des institutions  financières  des pays de la CEMAC est  considérablement  impactée par la crise économique. Celle-ci se traduit par un  manque des liquidités imputables aux arriérés accumulés vis-à-vis des clients et à la forte réduction des dépôts. La réduction des ressources  conjuguée à une faible contraction des crédits a affecté  le secteur bancaire congolais dans son ensemble.
 Des sujets liés aux transferts de fonds, aux difficultés des liquidités, les obligations prudentielles des crédits et des obligations de la banque centrale ont  été au centre  des débats. Le gouverneur de la BEAC a rappelé  que la Banque centrale s’était engagée dans un certain nombre de projets  de réformes. Ces réformes vont débuter dès le début de l’année prochaine.
Ainsi, il a été rappelé que  la baisse du cours de pétrole intervenue depuis juin 2014 a fragilisé de façon directe les équilibres budgétaires  des pays membres de la CEMAC  et  occasionné une baisse de  leur activité économique. A ce titre, la situation du secteur bancaire s’est donc significativement  dégradée.  Ce qui a justifié la rencontre sollicitée par le Congo entre le gouverneur de la BEAC et président de la COBAC et les dirigeants des institutions financières.
Ouvrant les débats, Mme Ebouka-Babakas, a souligné que la rencontre devait «permettre des échanges fructueux, afin  d’explorer des pistes non encore exploitées  pour sortir  de cette situation ». Elle a fait part de la disponibilité du Gouvernement à tout mettre en œuvre pour sortir, «dans les plus brefs délais» de la situation de crise économique et financière ambiante.
Les lenteurs attribuées à la mise œuvre des réformes, le rapatriement laborieux des devises ont été aussi examinés, les experts souhaitant que le mécanisme des liquidités d’urgence et les établissements de crédit se rapprochent de la banque centrale pour leur information sûre. Le gouverneur a souhaité la dynamisation de l’association professionnelle du secteur. Il a été aussi retenu que les établissements de microfinance lancent des appels aux établissements de crédit pour une plateforme  de concertation qui capte au mieux le secteur informel, trop souvent en marge de l’inclusion financière.
Mme Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas,  en mettant fin à la concertation, a  souhaité que  le Congo bénéficie de mesures de souplesse, «parce que le contexte est exceptionnel. C’est une période difficile, mais elle est passagère. Nous pensons que  la situation de tous les Etats de la CEMAC va s’améliorer et celle du Congo pour aller de nouveau  vers la croissance.  Nous, Gouvernement, nous serons toujours à côté de la place bancaire pour faire en sorte que ce genre de rapports puissent se multiplier, car sans établissement de crédit en bonne santé quelque part, la banque centrale serait un peu malade.» L’espoir est permis.

Philippe BANZ

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