Ministère des Transports, de l’Aviation civile et de la marine marchande : «Laissez-moi le temps de travailler et vous verrez !», promet le ministre Fidèle Dimou

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Fidèle Dimou, ministre des Transports, de l’Aviation Civile et de la Marine Marchande, a effectué, du 8 au 10 novembre 2017, une série de descentes dans quelques structures relevant de sa tutelle à Brazzaville. L’objectif est de faire un état des lieux, en touchant du doigt les réalités auxquelles sont confrontés les cadres et agents évoluant dans ces administrations qui, pour certaines, connaissent d’énormes difficultés financières et logistiques.

 

Si au Port Autonome et Ports Secondaires de Brazzaville, les travailleurs ont brandi la menace d’arrêter le travail, si le Gouvernement ne prend pas en compte leurs revendications, à la Société Nouvelle Air Congo, malheureusement, les agents cumulent 56 mois d’arriérés de salaires. Sans faire de promesses, le ministre a simplement demandé qu’on lui laisse le temps de travailler: «Vous verrez !».
Dans les entreprises publiques, le constat était plutôt amer. Partout où le ministre est passé, les discussions ont été à huis clos. La presse était tenue à l’écart.
Tout a commencé au Port Autonome et Ports Secondaires de Brazzaville. En effet, cette entreprise est confrontée au gros problème que constitue sa dette fiscale estimée à 4 milliards de F.CFA, à côté de la dette sociale d’environ 1 milliard 120 millions de F. CFA. Et cela alors même que les travaux de réhabilitation du Port sont aux arrêts.
A ces difficultés financières, il faut ajouter celles liées à la logistique qui paralysent son fonctionnement en sus de la concurrence à laquelle il doit faire face actuellement, causant ainsi un manque à gagner à L’Etat. Il s’agit, en réalité, de l’existence des ports parallèles et pirates qui se sont créés le long du plan d’eau. Des quais illégaux se construisent dans l’indifférence des autorités publiques. Des appontements sont installés le long de la rive. Tous ceux-ci font perdre des recettes énormes au Port Autonome et Ports Secondaires de Brazzaville. Pire encore, son domaine est spolié.
Le Port Autonome et Ports Secondaires a en effet perdu la moitié de son domaine: «Il est clair qu’avec le niveau actuel de notre endettement, si le problème de la dette n’est pas réglé, nous ne pourrons pas survivre», a expliqué Pierre Bossoto, Directeur Général du Port, tout en demandant au ministre de prendre une décision urgente face à tous ces problèmes.
L’intersyndicale du Port a, quant à elle, dénoncé les activités illégales qui se mènent au sein de l’Ecole supérieure africaine des cadres de chemin de fer où des dépôts privés sont installés. «Elle est devenue un établissement concurrent du Port», a dénoncé Ghomas Godefroy.
A la société Nouvelle Air Congo, les travailleurs cumulent 56 mois d’arriérés de salaires. Les rares mois payés sont perçus «aux deux-tiers», a expliqué David Ulrich Obosso, l’un des responsables de l’intersyndicale. Outre cette difficulté, l’entreprise qui a trois avions de type MA 60 de nouvelle génération fabriqués en Chine est aussi confrontée à un problème de pièces de rechange.
Plus grave, S.N. Air Congo fonctionne depuis 8 ans sans statut juridique, à l’instar de la défunte Ecair. «C’est un problème qu’il va falloir réparer rapidement pour lui donner un acte de naissance», a fait comprendre le ministre.
Pour lui, tant que cette situation n’est pas réglée, l’entreprise ne sera jamais éligible auprès des bailleurs de fonds.
Le ministre a précisé que c’est parce que les gens ont manqué d’attention que la société n’a pas de statut juridique. «C’est un véritable préjudice. Nous n’allons pas chercher à comprendre pourquoi, mais notre devoir à nous, c’est d’avoir constaté ce que nous avons relevé. Maintenant, il faut aller vers la correction. On ne va pas revenir sur le passé», a dit Fidèle Dimou.

La Direction générale des transports terrestres (DGTT) a constitué l’étape ultime de cette série de descentes. Les entretiens entre le ministre et les agents et cadres de cette direction ont porté sur le contrôle technique des véhicules qui circulent à travers le pays. Pour Fidèle Dimou, il faut qu’il y ait de l’ordre. Il a donc promis de mettre en place un dispositif juridique pour rendre le contrôle technique obligatoire.
Dans la même perspective, le ministre a demandé à Placide Mpan, Directeur Général du Transport terrestre, d’améliorer les signalisations routières qui, selon lui, ne sont pas trop visibles sur les artères.
Le ministre a promis de mettre de l’ordre aussi dans les processus de délivrance des permis de conduire qui connait souvent des ruptures. «Nous allons travailler pour que l’obtention du permis ne soit plus la croix et la bannière», a laissé entendre Fidèle Dimou, tout en étant conscient de l’existence des réseaux mafieux qui délivrent des faux et vrais permis de conduire en complicité avec certains cadres et agents de la DGTT qui, pendant près de six mois, ne délivrait plus les permis de conduire. Et pour cause, le fournisseur de consommables, une entreprise privée, a décidé d’arrêter ses livraisons, faute de paiement.  
Tout comme, «il faut mettre en place un fichier informatisé des immatriculations, afin d’être à l’abri de l’insécurité. C’est tout un chantier qu’il faut réaliser à la Direction générale des transports terrestres», a souligné le ministre qui se voit dans l’obligation d’arrêter ce désordre. «Je ne fais pas de promesses, laissez-moi le temps de travailler et vous verrez !», a-t-il promis.
Il sied de signaler que le ministre a également visité le Port de Yoro, à Mpila, la gare ferroviaire au centre-ville, le bureau de contrôle et de de supervision des aéroports, ainsi que les structures d’AERCO (Aéroports du Congo) à l’aéroport international Maya-Maya. Partout, il a rassuré.

Cyr Armel YABBAT-NGO

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