Sommet extraordinaire de la CEMAC : Encore des efforts pour accélérer l’intégration sous-régionale

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La session extraordinaire de la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC), tenue mardi 31 octobre à N’Djamena, au Tchad, a abouti à des décisions qui devront renforcer l’intégration sous-régionale et revitaliser cette institution qui peine à s’auto-financer. Les présidents camerounais Paul Biya, équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema et centrafricain Faustin-Archange Touadéra y ont pris part à l’exception des présidents gabonais et congolais qui se sont fait représenter par leurs premiers ministres.

 

Cette rencontre s’est tenue au moment où les six pays membres de la CEMAC (Cameroun, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine et Tchad) sont confrontés à de sérieux problèmes financiers affectant le fonctionnement des services de la Commission et des institutions spécialisées. Par exemple, la taxe communautaire d’intégration (TCI) recouvrée n’est pas intégralement versée à la Commission et ce malgré, l’existence des dispositions pertinentes de l’Acte additionnel relatif à son recouvrement.
Au menu des sujets abordés il y a eu, entre autres, le financement des institutions, le renforcement des acquis de l’intégration, l’examen de l’état d’avancement des mesures prises à Djibloho, en Guinée équatoriale le 17 juillet 2017, notamment celle relative à l’application intégrale de la libre circulation des biens et des personnes dans l’espace communautaire, condition sine qua non pour une intégration économique forte et réussie. «Le diagnostic et l’évaluation que nous avons faits lors de cette dernière rencontre, nous ont montré l’ampleur des défis qui nous attendent», a déclaré le président tchadien Idriss Déby Itno, en ouvrant les travaux.
Tout en se félicitant des avancées sur le front de la libre circulation, il a appelé ses pairs de la sous-région à faire œuvre de pédagogie et surtout à franchir rapidement l’étape de la mise en place des passeports biométriques CEMAC et celle d’identification des postes de contrôle aux normes d’Interpol.
Les dirigeants de la sous-région ont décidé d’autoriser la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) à prélever, sur les ressources du Fonds de développement de la Communauté (FODEC) 1,7 milliard de Francs CFA pour le paiement du reliquat dû à Interpol au titre de la sécurisation des frontières de la CEMAC. Ils ont également instruit la Commission de la CEMAC à prendre toutes les dispositions pour la création des postes sécurisés aux frontières, afin de réserver le bénéfice exclusif de la libre circulation aux ressortissants de la Communauté. Les participants ont, en outre, exhorté les Etats membres qui n’ont pas encore produit leur passeport CEMAC, à le faire «dans les meilleurs délais».
Le montant cumulé des arriérés de cotisations des six pays membres de CEMAC vis-à-vis de leur organisation, de 2009 à ce jour, s’élève à plus de 200 milliards de Francs CFA. Les Chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé d’annuler la masse des arriérés à hauteur de 90%, afin de partir sur de nouvelles bases. Ils ont invité les Etats membres à s’acquitter du différentiel de ces arriérés avant la fin de l’année en cours. «La sévère contrainte financière qui pèse actuellement sur les budgets nationaux, doit conduire également à «mieux dépenser», a exhorté le président Déby Itno. La Commission de la CEMAC a été sommée de procéder à d’importantes réformes institutionnelles, notamment sur le plan du nombre et de la qualité des organes spécialisés, afin que leur coût soit au même pas que le niveau de financement interne.

Esperancia
MBOSSA-OKANDZE

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