Endettement du Congo à l’extérieur : En savoir plus sur dette et développement

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Avec l’appui financier de l’Agence française de développement (AFD), la Plateforme Dette et Développement du Congo a tenu du 17 au 18 octobre une session d’étude sur la dette publique en République du Congo durant la période 2010-2015. La session a eu lieu au siège de l’Association des Conférences Episcopales de la Région Afrique Centrale (ACERAC), à Brazzaville. Cette réflexion organisée sous forme d’atelier a eu pour thème: «Vision citoyenne de la dette publique et rôle de la société civile».

 

Les objectifs de cet atelier ont été de donner aux Organisations de la société civile (OSC) congolaises les connaissances nécessaires sur la thématique «dette et développement»; consolider leur engagement; mieux cerner le concept du «Contrat de désendettement et de développement» (C2D) et d’en saisir les fondements et l’impact (auprès des bénéficiaires et des pouvoirs publics) du suivi indépendant à réaliser par cette plateforme au nom de la société civile.
«La vision pour nous est d’avoir une cartographie de la dette publique congolaise. Nous ne pouvons pas dire que cette étude est complète et suffisante; elle nous permet simplement d’apporter notre contribution», a indiqué Samuel Nsikabaka, coordonnateur de la plate-forme.
Une cinquantaine de participants venus de divers départements du Congo ont pris part à cet atelier. D’après le rapport de cette étude, le taux actuel de l’endettement s’expliquerait par l’importance des investissements publics dans le domaine des infrastructures. Le programme d’investissements publics accumulés avec la municipalisation accélérée serait la cause principale de l’accélération de l’endettement, dont le stock est passé de 20% du Pib, en 2010, à 117%, en 2017. La dette publique intérieure est relativement peu importante. Elle ne représentait que 5,4% du Pib en fin 2014. Entre 2010 et 2015, la dette extérieure a, quant à elle, connu une progression constante. Elle est passée de 182 milliards FCFA à 1.894 milliards.
Le Congo, pour faire face à cette situation et améliorer la gestion de sa dette, a l’obligation entre autres, de rendre compte de la gestion des finances publiques; d’adopter la culture de l’évaluation; de lutter systématiquement contre la corruption avec l’adoption d’organes dans lesquels la société civile et le secteur privé constitueraient 60% des effectifs. Il faudrait qu’il y ait de même, une transparence dans la passation des marchés publics ainsi que dans la gestion des ressources naturelles.
Ce rapport exhorte, en outre, le Gouvernement à contrôler la dette et son volume; à modifier sa composition, à encourager l’épargne interne, à procéder à une meilleure orientation des dépenses nationales puis à stimuler les investissements privés nationaux.
La dette intérieure n’a pas été abordée à cause du fait que l’analyse de la viabilité de la dette par le FMI et la Banque mondiale concerne principalement la dette extérieure, souligne le rapport.
Les travaux en groupe ont porté sur le rôle de la Société civile dans le cadre du suivi indépendant
du C2D et sur les stratégies de communication, de suivi de la dette et de plaidoyer par la plateforme.
Au terme des travaux, la plateforme a constaté que l’endettement du Congo courant la période étudiée est excessif et met le pays dans une situation critique jamais connue auparavant. Cette situation interpelle la société civile et les autres parties prenantes à mener une profonde réflexion sur les nouvelles manières de gestion et d’élaboration des politiques de développement. Celles-ci devront prendre en compte de nouvelles méthodes de gestion des finances et des ressources naturelles et leur mise en œuvre doit prendre en compte l’implication de la Société civile qui doit jouer son rôle à tous les niveaux du processus.
Cet atelier a abouti, par ailleurs, aux résultats suivants: le rôle citoyen des OSC dans le suivi des projets du C2D et de la dette dans le cadre de la thématique «Dette et développement» a été cerné et validé; le mécanisme de suivi (contrôle physico-financier) citoyen de la dette a été adopté; la structure sectorielle thématique a été établie et les axes du plaidoyer identifiés; le rapport diagnostic sur la situation de la dette au Congo a été adopté avec amendements et constituera le document de base de plaidoyer.

Viclaire MALONGA

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