L’UPADS monte au créneau : Des mesures d’urgence pour relancer l’économie et sortir de la crise dans le Pool

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Face à la crise économique, financière et politique sombre que traverse le Congo, l’UPADS (Union panafricaine pour la démocratie sociale) est sortie de son silence le 17 octobre 2017. Pascal Tsaty-Mabiala, premier secrétaire de cette formation politique, au cours d’un point de presse au siège de ce parti, à Diata, a donné son évaluation de la situation d’ensemble dans le pays. Il propose des axes d’intervention urgente, afin de stabiliser et de relancer l’économie en récession et de sortir de la crise du Pool.

 

Pour Pascal Tsaty-Mabiala, la crise économique et financière dont l’ampleur est sans précédent, est marquée d’une part par une croissance négative et une faillite des finances publiques, et d’autre part une dette abyssale qui hypothèque l’avenir du Congo. Cette situation révèle la mauvaise gouvernance au centre de laquelle prospère une corruption généralisée dans le pays.
Dans son rôle de premier parti d’opposition, l’UPADS réaffirme ses convictions, explique et présente ses propositions pour, selon Pascal Tsaty-Mabiala, éclaircir sa position politique de parti de gouvernement, parfois déformée et raillée, souvent incomprise.
«Le Congo est en situation de crise économique avérée, au regard de l’insolvabilité de l’Etat dont les premiers signes se lisent à travers les retards des salaires payés par les budgets de transferts, et les indemnités, les pensions de retraite, les bourses d’étudiants, etc.», a-t-il dit. Cette crise  ne peut laisser insensible l’UPADS. Plutôt que de critiquer inlassablement et de jouer les cassandres, le parti fondé par Pascal Lissouba propose les mesures urgentes à prendre.  Ce qu’il qualifie de «programme consensuel» devrait déboucher sur une position commune, et «aurait pour effet de sceller, par-delà nos différences, le pacte républicain que l’UPADS n’a eu de cesse de proposer au cours de nombreux débats publics. La mise en œuvre de ce programme de réformes aurait par ailleurs pour conséquences immédiates, la mise entre parenthèses du programme du président de la République et l’harmonisation du Plan national de développement avec les exigences dudit programme», a expliqué Pascal Tsaty-Mabiala.
Comme mesures urgentes de sortie de crise, l’UPADS propose l’apaisement et l’assainissement du climat politique national par le règlement au fond et au plus vite de la guerre du Pool. Ce qui permettrait de lever le goulot qui étrangle un des secteurs vitaux de l’économie congolaise, à savoir: le transport ferroviaire dont la reprise des activités est un impératif et une urgence; l’harmonisation des recettes et des dépenses de l’Etat par une discipline budgétaire rigoureuse. Ce qui suppose une maîtrise des recettes mobilisables et une transparence totale dans l’affectation et la gestion des ressources financières, tout en incluant la mise à plat du processus de paiement des recettes pétrolières, forestières et minières et d’un contrôle de la traçabilité de la procédure, aujourd’hui totalement opaque; la lutte effective contre les antivaleurs et les anti-modèles, avec en prime la lutte hardie contre la corruption, y compris au sommet de l’Etat; le contrôle et la fiscalisation des patrimoines et le renforcement des sanctions pénales pour les infractions d’enrichissement illicite; l’institution d’une politique de préférence nationale dans l’équipement des administrations publiques à tous les niveaux, afin de soutenir les PME et les petits artisans, pour qu’ils participent, eux aussi, à la création de la richesse nationale; la responsabilisation de toutes les forces politiques, de la société civile et des personnalités indépendantes soucieuses du devenir de notre pays, dans l’exécution dudit programme de réformes pour obtenir une plus grande adhésion populaire, afin de conjurer le mal qui frappe le Congo.
Dans la paix, la concorde nationale et la stabilité des institutions, Pascal Tsaty-Mabiala pense qu’il faut maintenant, et sans plus tarder, engager le pays dans un autre mode de gestion de la chose publique, en réhabilitant l’Etat dans ses missions de puissance publique, de protecteur de tous les citoyens et de répartiteur équitable de la richesse nationale. «L’UPADS interpelle respectueusement le président de la République pour qu’enfin s’applique, dans toute sa pertinence, sa profession de foi maintes fois exprimée sur une véritable révolution des mentalités. Ce qui, si elle s’était produite, aurait évité à notre pays le discrédit actuel auprès des institutions financières internationales et le déshonneur au sein de la CEMAC où l’on apparaît comme le mauvais élève», estime-t-il.
S’agissant de la crise du Pool, l’orateur a d’abord salué l’initiative de la rencontre entre le chef de l’Etat et les sages et notables de ce département. Pour lui, cette initiative est une avancée remarquable que son parti a favorablement accueillie.
Consciente que l’option militaire ne réglerait rien et surtout aurait des conséquences désastreuses sur la vie des populations, Pascal Tsaty-Mabiala a rappelé les propositions faites à l’époque par son parti, au cours de l’interpellation du Gouvernement par l’Assemblée nationale le 26 octobre 2016. Tout en réaffirmant ses propositions de paix dans le Pool, et en procédant à l’analyse de la déclaration du président de la République du 3 octobre 2017 sur le sujet, en particulier en ce qui concerne l’ouverture de couloirs humanitaires, l’UPADS a tenu à rappeler les actes de barbarie perpétrés par les services de sécurité dans les années 2000 et qui restent jusqu’à nos jours non-élucidés, des disparitions constatées, selon elle, de 352 jeunes. «Les bonnes intentions qui avaient déclenché cette opération humanitaire  avaient été détournées», a prévenu Pascal Tsaty-Mabiala.
C’est pourquoi, tirant les leçons de ce passé, l’UPADS exige que les couloirs humanitaires sécurisés soient placés sous la tutelle d’une  commission spéciale associant la Croix-Rouge, les parlementaires, les personnalités du monde religieux, les membres du conseil national des sages du Congo, le haut-commissariat chargé de la réinsertion des ex-combattants, avec un contrôle rigoureux depuis les lieux de départ des combattants ninjas jusqu’à leur arrivée aux centres de cantonnement.
En outre, le parti de Pascal Lissouba demande que soient levées les barrières de contrôle sur l’autoroute Brazzaville-Pointe-Noire et en particulier dans le «Pool qui se transforme honteusement en lieux de rackets organisés par la Force publique».
Par un message radio télévisé, «le président de la République doit annoncer à l’opinion nationale et internationale, la fin des hostilités dans le Pool et l’organisation d’une table ronde avec la participation du Pasteur Ntumi dont il garantit la sécurité», a fait remarquer le premier secrétaire de l’UPADS qui pense que cette table ronde doit se pencher, entre autres, sur les moyens d’aboutir à une paix sincère et durable.
«Elle aura en particulier pour objet d’étudier les modalités d’indemnisation des populations victimes innocentes de cette guerre, témoignage de la solidarité de la nation, comme l’ont bénéficié à juste titre d’autres compatriotes, et aussi éloigner le sentiment qu’ont certains de nos frères du Pool d’être les mal-aimés de tous les régimes qui se sont succédé au Congo», a-t-il conclu.

Cyr Armel YABBAT-NGO


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