Inès Nefer Bertille Ingani : «Le Pool n’est pas la propriété d’un seul individu. Le Pool, c’est tout simplement le Congo»

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En application de la résolution 1325 des Nations-Unies qui recommande aux femmes de s’impliquer dans la résolution des conflits, Mme Inès Nefer Bertille Ingani, ministre de la Promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement, entend jouer sa partition dans la recherche de la paix dans le Pool. Après avoir observé le contexte de situation d’insécurité et d’instabilité qui prévaut dans ce département, mais surtout la condition dégradante assortie de viols que vivent les femmes, elle est sortie de sa réserve, en se rendant à Kinkala, le 11 septembre 2017 pour rencontrer ces femmes meurtries et abusées.

De retour à Brazzaville, elle a fait un point de presse, le jeudi 14 septembre dernier, à son cabinet, sis au 11ème étage de la Tour Nabemba, pour manifester son indignation et appelé à une résolution urgente de la crise.
Très affective, la ministre Inès Nefer Bertille Ingani, n’a pas pu, au cours de ce point de presse, contenir ses émotions. Pour elle, la situation que vivent certaines déplacées à Kinkala est humiliante. «Les femmes du Pool sont fatiguées», a-t-elle déclaré. «C’est insupportable de voir ces personnes vivre dans de telles conditions», a laissé entendre la ministre qui n’était pas allée les mains vides. Dans sa gibecière, les dons de vivres et de non-vivres pour tenter de soulager tant soit peu les souffrances de ces populations.  
A travers son déplacement de Kinkala, elle entend booster une dynamique pour que, selon elle, les politiques et les associations puissent se bouger afin qu’ils se manifestent dans la recherche de la paix dans le Pool. «Le Pool n’est pas la propriété d’un seul individu ou d’un groupe d’individus. Le Pool, c’est tout simplement le Congo».
Mme Inès Nefer Bertille Ingani a, au cours de cette rencontre citoyenne, fait comprendre aux mamans qui, pour certaines sont mères, sœurs et femmes des ninjas, qu’il était temps que toutes ces violences s’arrêtent. «Nous avons rencontré quelques ex ninjas sortis des forêts qui nous ont donné leurs témoignages. L’Etat doit savoir pardonner ses fils et il pardonne ses fils. Ce sont nos enfants. Il fallait faire comprendre raison à ces mamans qui souffrent. Les enfants sont pris en otage dans les forêts et certains veulent sortir, mais ont peur d’être tués», a expliqué Mme la ministre qui a porté à la connaissance des journalistes qu’elle entretient deux mamans qui sont enceintes de leurs propres enfants.
Fort de cela, Mme Inès Nefer Bertille Ingani pense qu’il faut créer un climat de confiance pour qu’un couloir leur soit ouvert à ces jeunes pour qu’ils sortent des forêts et vivent une vie normale. «Nous regardons cela au sein du gouvernement. Notre Ministère va proposer un programme de réinsertion sociale à tous ceux qui sortiront des forêts. Je suis en train de faire une forme de pression pour que les choses s’améliorent», a-t-elle révélé.
Pour la ministre, cinq sites abritent les déplacées à Kinkala. Comme doléances, les femmes lui ont fait état des latrines et des abris pour cuisinier parce qu’elles ne peuvent pas le faire dans les salles pendant les pluies qui s’approchent. En réponse à cela, Mme Inès Nefer Bertille Ingani, tout en promettant de régler ces détails, a estimé que la meilleure contribution, selon elle, c’est de se battre pour que ces femmes retrouvent leurs toits. «Elles n’ont plus d’intimité. Je n’accepte pas que les gens restent dans ces conditions. Nous devons lutter pour que la paix revienne dans le Pool», a-t-elle déploré.  
Dans ce processus de recherche de la paix,  Mme Inès Nefer Bertille Ingani tire la sonnette d’alarme, en laissant entendre que le problème du Pool ne doit pas être l’apanage exclusive des ressortissants de ce département. «Non. C’est un problème qui concerne tous les Congolais. Lorsqu’un bras est malade, c’est tout le corps qui souffre», a-t-elle fait remarquer.  
Selon elle, tout le monde doit s’impliquer. «J’en appelle à une solidarité nationale surtout féminine» qui doit commencer par son engagement personnelle, non seulement entend qu’ambassadrice de la paix universelle, mais aussi entend que femme engagée qui veut mettre son expérience au service du Pool. Déjà, dans le cadre de la campagne pour le maintien de la paix, elle s’était rendue dans les années 2000, à Soumouna, pour entretenir les populations sur l’importance de la paix. Aussi, avait-elle organisé en 2005, une marche pour la paix.
Très touchée, elle a manifesté son amertume. «Ce qui se passe dans le Pool, est une pure démagogie. On est en train de faire la politique du vendre. Quand on veut du pouvoir, on sait ce qu’il faut faire. Les élections sont là. Si chacun de nous ne s’implique pas pour construire le pays, c’est difficile qu’on avance. Les politiques doivent régler autrement leurs différends, en laissant les populations de vivre en paix», a-t-elle martelé.
D’ailleurs, «beaucoup d’enfants veulent sortir des forêts. Les parents peuvent venir nous contacter directement au Ministère pour que nous puissions les aider. Le président de la République a demandé que chacun joue sa part pour que le Pool retrouve la paix», a expliqué Mme Inès Nefer Bertille Ingani qui entend mettre son expérience et son engagement au service du Pool. «Il est difficile que je me lance dans une affaire qui n’aboutira pas», a-t-elle rassuré.
Raison pour laquelle, «je ferai partie de l’équipe qui sera mise en place dans le cadre d’une task force sur la crise du Pool, entend que représentante des femmes. Car, nous devons privilégier l’intérêt général du Pool», a-t-elle défendu.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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