Nouvelle équipe gouvernementale : On prend les mêmes et on recommence !

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C’est le moins que l’on puisse dire de la nouvelle équipe gouvernementale rendue publique mardi 22 août 2017 par le général de division à la retraire Florent Ntsiba. Nouveau directeur de cabinet du chef de l’Etat, avec rang de ministre d’Etat, et remplaçant Firmin Ayessa qui a occupé cette fonction durant dix ans, le général Ntsiba incarne l’image de ce gouvernement fait de neuf avec du vieux. C’est Firmin Ayessa qui devient le vice-premier ministre du Gouvernement, chargé de la Fonction publique, de la réforme de l’Etat, du travail et de la sécurité sociale.

Un poste lourd de responsabilités, mais surtout un rang qui n’existait pas dans les gouvernements précédents, ni dans la Constitution actuelle. Qualifiée d’efficace, la  nouvelle équipe toujours dirigée par Clément Mouamba, qui a été reconduit après sa démission le 16 août dernier, compte 35 membres contre 38 au précédent gouvernement dit de rupture qui n’aura duré que seize mois.
La nouvelle équipe gouvernementale, dont une majorité des ministres a été reconduite, ne fait pas l’unanimité au sein de l’opinion nationale. Très sceptiques, les Congolais pensent qu’il s’agit d’un copié-collé. «On prend les mêmes et on recommence. Où est alors le changement, s’il faut continuer avec les mêmes personnes, comme si le pays n’avait pas d’autres cadres qui peuvent faire mieux !», s’insurge l’homme de la rue, dans un point de vue de large unanimité.
A vrai dire, il n’y a pas le chambardement tel que l’attendaient les Congolais, après le discours du chef de l’Etat du 14 août dernier, lors des festivités du 57e anniversaire de l’indépendance du Congo.   
Qu’à cela ne tienne, cette nouvelle équipe aura pour principal objectif d’affronter la crise économique qui asphyxie le Congo, ainsi que la crise sécuritaire dans le département du Pool, où les élections législatives n’ont pas pu avoir lieu dans huit des 14 circonscriptions.
Pour mémoire, sept personnalités de l’ancien gouvernement ont été remerciées. Il s’agit de Digne Elvis Tsalissan-Okombi, chargé des relations avec le Parlement; Alain Akouala Atipault, des Zones économiques spéciales; Hellot Matson Mampouya, de la Recherche scientifique et de l’innovation technologique; Benoit Bati, de la Technologie numérique; Carel Léonidas Mottom Mamoni, de la Culture et des arts;  Léon Alfred Opimbat, des Sports et de l’éducation physique, et Euloge Landry Kolélas, du Commerce, des approvisionnements et de la consommation.  
Par contre,  quatre autres ont fait leur entrée : Hugues Ngouélondelé, nommé ministre des Sports et de l’éducation physique,  Firmin Ayessa, Vice-premier ministre, chargé de la Fonction publique, de la réforme de l’Etat, du travail et de la sécurité sociale, Fidèle Dimou, ministre des Transports, de l’aviation civile et de la marine marchande, et Dieudonné Mouyongo, ministre de la Culture et des arts.
Vingt-deux ministres ont conservé leur portefeuille. Henri Djombo, Gilbert Ondongo, qui s’est vu ajouter le portefeuille public, Raymond Zéphyrin Mboulou, Pierre Oba, Jean Jacques Bouya qui perd le Développement local au profit de l’équipement du territoire, Jean-Marc Thystère-Tchicaya, Jean-Claude Gakosso, Calixte Ganongo, qui perd le portefeuille public, Bruno Jean Richard Itoua, Anatole Collinet Makosso, Mme Adelaïde Mougani, qui s’est vue ajouter le secteur informel, Serge Blaise Zoniaba, Nicéphore Antoine Thomas de Saint-Eudes, Mme Rosalie Matondo, Mme Olga Ghyslaine Ebouka Babakas, Léon Juste Ibombo, Mme Arlette Soudan-Nonault, Mme Antoinette Ndinga Nzondo, Mme Inès Nefer Bertille Ingani, Mme Destinée Hermella Doukaga, Charles Ngafouomo, Charles Richard Mondjo, et Thierry Moungalla.
Sept, par contre, ont changé de portefeuille : Claude Alphonse Nsilou, Emile Ouosso, Ministre de l’équipement et de l’entretien routier, Ange Aimé Bininga, Ministre de la justice et des droits humains et de la promotion des peuples autochtones, Pierre Mabiala, ministre des Affaires foncières et du domaine public, chargé des relations avec le Parlement, Rodrigue Ngouonimba, ministre de la Construction de l’urbanisme et de l’habitat, et Martin Parfait Aimé Coussoud Mavoungou, ministre de la recherche scientifique et de l’innovation technologique.
La particularité de ce gouvernement, c’est qu’il compte un seul ministre délégué, au lieu de trois, comme au gouvernement sortant. La plupart des membres de ce gouvernement dit donc de «l’efficacité» faisaient déjà partie du gouvernement de la rupture formé en 2016. Elle aura la lourde tâche de poursuivre avec le FMI (Fonds Monétaire International), les discussions sur un programme économique destiné à restaurer la stabilité macro-économique. En effet, le Congo traverse une grave crise économique. «Ces difficultés étaient, au départ, financières. Elles gagnent aujourd’hui le champ économique, en général», avait reconnu le président de la République, à l’occasion du 57e anniversaire de l’indépendance du Congo, célébrée le 15 août dernier.
Pour le président de la République, «Il n’y a ni faillite, ni banqueroute. La crise sera surmontée», avait-il promis. Au Gouvernement en place de faire en sorte que ces paroles ne restent pas des paroles.

Cyr Armel YABBAT-NGO