Le général Raymond Damase Ngollo inhumé à Ngabé, après l’hommage de la République

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Décédé à l’hôpital de Villeneuve-Saint Georges à Paris, en France, mercredi 9 août 2017, l’ancien ministre et chef d’Etat-major général de l’APN (Armée populaire nationale), le général de division Raymond Damase Ngollo a été inhumé lundi 21 août à Ngabé, dans le Département du Pool.  Premier officier congolais à être nommé au grade de général de division, Raymond Damase Ngolo, une figure marquante de l’histoire du Congo, est mort de maladie à l’âge de 81 ans.


Sa dépouille mortelle était arrivée à Brazzaville vendredi dernier. L’officier général et homme politique  congolais a eu droit aux obsèques officielles: la République lui a rendu un dernier hommage samedi 19 août dernier au palais des Congrès, à Brazzaville. En présence du président Denis Sassou-Nguesso et de son épouse, des présidents et membres des institutions de la République, des membres du haut-commandement militaire, du conseil de commandement de la police, il a reçu les honneurs dûs à l’estime qu’il laisse dans les rangs de l’armée et parmi ses anciens compagnons politiques.
Dans l’oraison funèbre lue par le ministre de la Défense nationale Charles Richard Mondjo, il a été relevé le fait que le général Raymond Damase Ngollo, né le 25 mars1936 à Ngabé, fut appelé à servir à divers postes de responsabilités civiles et militaires. Il fut en effet ministre de l’Administration du territoire et des pouvoirs populaires ; de l’Economie forestière, et de la Défense. Il fut un homme de passion partagée entre l’art militaire qu’il vivait comme un sacerdoce et l’art politique, a souligné Charles Richard Mondjo. Un homme de fidélité constante aux idéaux et aux hommes politiques de grande vaillance, ce qui lui vaut estime et respect. «On aimait l’appeler affectueusement. Vieux Ngando pour sa rigueur dans le travail, sa rationalité et sa ténacité. D’une apparence affable, il déjouait toute appréciation, tout jugement sur sa personne, par sa lucidité et la promptitude de son action. Qu’il s’agisse de sa carrière militaire ou de ses services rendus au Congo, la personnalité de cet officier-général édifie notre jugement», a dit le ministre Mondjo.
Le général Ngollo a débuté sa carrière par son engagement dans l’armée en qualité de volontaire le 22 février 1957, a rappelé le ministre. Il est ensuite envoyé à Bouar, en République Centrafricaine, au 6ème régiment interarmes et Outre-mer. Il obtint successivement un certificat d’aptitude technique n°1, et d’aptitude n° 2 d’infanterie. Cette carrière s’est poursuivie au 9ème Bataillon d’infanterie de marine où il a servi avant de passer avec succès son certificat interarmées qui le conduira en 1962 à l’obtention du Brevet d’armes du premier degré infanterie. A cet effet, il est sélectionné pour suivre une formation à l’Ecole militaire de Strasbourg en France. Cette formation lui sert de tremplin à l’Ecole militaire Saint-Cyr en 1966 d’où il sort avec le grade de sous-lieutenant. De 1966 à 1967, il est en formation à l’Ecole d’application de l’arme en France. A la fin de l’année 1967, il revient au Congo et est affecté à l’Escadron blindé en qualité d’adjoint au commandant d’escadron.
C’est dans les rangs de cet escadron qui, deviendra Régiment blindé en 1968, que le jeune Ngollo connaîtra les heures les plus significatives de sa carrière militaire. Il en assure le commandement en 1970. La même année, il est nommé au grade de lieutenant et participe à un stage politico-militaire en Chine. Deux ans après, il est promu au grade de capitaine et séjournera ensuite en France pour suivre les cours de capitaine et d’Etat-major. En 1974, il sera nommé commandant de la zone autonome de Brazzaville et entrera au Comité central du PCT (Parti congolais du travail). Officier d’élite d’un allant remarquable, respecté de ses hommes et possédant de hautes qualités morales, il avait une conception complète du devoir.
Sa vaillance, sa loyauté l’amènent à occuper les hautes responsabilités dans les FAC et au niveau de l’Etat (administration militaire et gouvernement). «Dans les FAC, les officiers et sous-officiers qui ont été sous son commandement le reconnaîtront comme un chef qui a su faire corps avec son unité des hommes du Premier régiment blindé qui se sont identifiés à sa personne. En qualité de Chef d’Etat-major général de l’APN, il engagea un contingent de 100 jeunes filles, le 5 décembre 1975 en application des décisions du Colloque à l’armée, tenu à Brazzaville en 1974. De 1968 à nos jours, il a été le compagnon du président Denis Sassou-Nguesso. Il a toujours été de tous les engagements et défis qui ont émaillé la vie militaire et politique de notre pays. Il laisse le témoignage d’un militaire engagé et dévoué».
NDLR: Le général Ngollo fut aussi membre du Comité militaire du parti, mis en place après l’assassinat du président Marien Ngouabi. Et, en 1996, à la faveur de l’ère démocratique qui souffla dans le pays, il crée sa propre formation politique, le RDR (Rassemblement pour la démocratie et la république), de discrète visibilité sur la scène politique nationale.

Alain-Patrick MASSAMBA

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