Assemblée nationale : une législature s’achève : Un bilan mitigé et des adieux émus pour cinquante-six ex-députés

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Emotion, tristesse, accolades et absentéisme. Tels sont les quatre mots qui ont caractérisé, samedi 12 août 2017, la cérémonie de clôture de la 15ème session ordinaire de l’Assemblée nationale marquant la fin de la 13ème législature. Celle-ci a enregistré le décès de 8 députés, l’adoption de 220 affaires, dont 5 propositions de loi, alors que 56 députés, battus aux législatives de juillet 2017, vont quitter l’hémicycle.

La cérémonie solennelle de clôture de la 13ème législature s’est déroulée dans une atmosphère pleine d’émotion et même de tristesse, sous le patronage de Justin Koumba, président de la chambre basse du parlement. Le gouvernement était représenté par Digne Elvis Tsalissan-Okombi, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement. «Tout est bien qui finit bien».

En cinq ans de mandature, les députés de la 13ème législature ont, tant bien que mal, tenté de faire l’essentiel. En effet, 215 projets de loi du gouvernement et  5 propositions de loi émanant des députés ont pu être adoptés. Ce faible rendement illustre bien la nature de la 15ème et dernière session de cette institution où les députés se sont, plutôt, préoccupés de leurs réélections. Et sur 136 députés, 56 ont été recalés. Nombre d’entre les députés battus n’ont pas poussé la correction jusqu’à venir à la cérémonie solennelle de clôture de la 13ème législature. L’émotion était grande dans la salle. Tristesse pour les uns, et joie pour d’autres: voilà comment on pourrait résumer l’ambiance qui a régné dans la salle des conférences internationales du Palais des congrès.
En guise de bilan de l’Assemblée nationale, pendant la 13ème législature, il y a lieu de dire que certains députés laissent un triste souvenir par leur manque d’initiative lors des prises de parole en séances plénières. Leur rôle s’est limité à lever le petit doigt, au moment du vote. D’autres n’osaient pas poser la moindre question aux membres du gouvernement et se sont, plutôt, érigés en spectateurs de leurs collègues qui ont, par leurs interventions percutantes marqué cette législature. TelS Hyacinthe Ingani, auteur d’une proposition de loi sur les médicaments génériques, et dont la candidature n’a pas été validée par le comité d’investiture du P.C.T. son parti; Pascal Tsaty-Mabiala, Honoré Sayi, Jean-Claude Ibovi, Maurice Mavoungou, etc.µ
Au cours de cette législature, 8 députés sont décédés, à savoir: Louis Soussa, élu d’Allembé, Clémence Bomiango, élue de Mossaka, Gabriel Longobé, élu de Loukoléla, Wilfrid Anicet Pandou, élu de Makélékélé 3, Emmanuel Beté-Siba, élu de Mindouli 2, André Mbou, élu de Sibiti 2, Yves Bernard Mahoungou Massila, élu de Kimongo et Claude Abraham Milandou, élu de Loandjili 2.
a législature a également été marquée par la défection de trois députés du M.C.D.D.I. (Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral) pour créer l’U.D.H.-Yuki (Union des démocrates humanistes) dont Guy Brice Parfait Kolélas est le président fondateur. En effet, sur les 11 indépendants élus en 2012, 9 ont intégré le P.C.T, 2 ont créé leurs propres partis politiques, à savoir: Médard Moussodia (P.U.L.P.) et Alexis Ndinga (PCAP) et un avait gardé son statut d’indépendant, à savoir: Wilfrid Anicet Pandou.                                                                                                                                         Dans son fonctionnement, l’assemblée nationale était constituée de 7 commissions permanentes, 4 groupes interparlementaires (U.p.a, I.u.p, A.c.p-u.e, A.p.s), 3 groupes parlementaires. Il s’agit du groupe P.c.t et apparentés (125) députés), U.pa.d.s (6) et M.c.d.d.i (6-3. Il restait 4) et de 17 groupes d’amitié. Il y a eu 15 sessions ordinaires et 8 extraordinaires, 6 séances de questions orales au gouvernement avec débats, une question d’actualité, une interpellation du gouvernement. Par contre, l’Assemblée n’a pas pu mettre sur pied une commission d’enquête sur la crise du Pool, la rupture des antirétroviraux et antituberculeux, deux sujets de brulante actualité dans l’opinion.
Clôturant la 13ème législature, Justin Koumba,  s’est appuyé sur l’adage : «l’échec n’est pas une fin en soi», pour souhaiter aux députés non élus beaucoup de courage et d’abnégation pour des batailles futures. Car, selon lui, «le chemin de l’émergence et du développement de notre pays est encore long et nécessite d’autres forces avec des énergies refaites sinon renouvelées».
Aux heureux élus, il a formulé ses vœux de succès. Pour lui, la 14ème législature sera profondément revitalisée et remarquée par la présence remarquable et remarquée des députés jeunes dont «on attend qu’ils s’émancipent par rapport à leur mentors et dont on attend beaucoup en matière de débats constructifs et non populistes, car le temps de la campagne et des promesses est bel et bien révolu. Place donc au travail, et au travail bien fait au bénéfice de nos  populations», a lancé Justin Koumba.
A l’orée de la nouvelle législature, le président de l’Assemblée nationale sortant pense qu’il faut s’interrogé sur la force des institutions en général et sur ce que l’on peut attendre de celles de la nouvelle République, en particulier. Après avoir théorisé sur la question, Justin Koumba est arrivé à conclure qu’il faut certes des institutions fortes, mais aussi des hommes forts dont «la solidité aux plans de la représentativité  sociale, du rayonnement et du charisme politique en font des personnages forts dotés d’une personnalité forte; afin d’asseoir véritablement des institutions fortes leur garantissant une visibilité, une viabilité, une respectabilité et une notoriété incontestables»
Signalons que les députés de la 14ème législature feront leur entrée, le 5 septembre prochain, au cours de la session inaugurale de l’Assemblée.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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